Depuis ce mardi, un musée allemand accueille la désormais célèbre toile partiellement auto-détruite "Girl with Balloon" de l'artiste Banksy, qui a fait (encore un peu plus) grimper sa cote en fin d'année dernière. Mais savez-vous vraiment qui est cet artiste majeur dont personne ne connait le visage ?

La toile, partiellement déchirée, est exposée à Baden-Baden, en Allemagne, au musée Frieder Burda
La toile, partiellement déchirée, est exposée à Baden-Baden, en Allemagne, au musée Frieder Burda © AFP / Uli Deck / dpa

Faire un "vrai ou faux" sur un artiste comme Banksy, qui cultive le mystère depuis ses débuts et jongle avec virtuosité entre la réalité et la fiction ? C'était mission impossible. À l'occasion de l'exposition de la toile Girl with balloon, connue pour s'être auto-détruite lors de sa vente aux enchères en octobre dernier, pour la première fois dans un musée à Baden-Baden, c'est donc un "faux ou faux" que nous vous proposons. 

Banksy a commencé sa carrière d’artiste comme prof d’arts plastiques à Bristol, en Angleterre

FAUX !
En réalité, on n’en sait rien. L'identité de Banksy reste un mystère. Même si plusieurs théories existent sur son vrai nom et sur son vrai visage, personne n'a jamais réussi à prouver quoi que ce soit. Tout ce que l’on sait sur ses débuts, c’est qu’il faisait partie d’un collectif de graffeurs, Bristol's DryBreadZ Crew, dans les années 90, très proche des milieux underground de cette ville connue pour avoir été le berceau de la musique Trip Hop. 

Dans son film “Faites le mur” en 2010, il apparaît sous les traits d’un certain Mr Brainwash

FAUX !
Mr. Brainwash n’est pas Banksy, c’est un véritable street-artist dont le nom civil est Thierry Guetta. Si sa popularité a été propulsée par le film de Banksy, il était déjà connu dans le milieu précédemment - et le film raconte justement son étonnante ascension. Mais certains pensent que tout ce documentaire est une vaste supercherie montée par le mystérieux artiste britannique : le côté caricatural de Mr. Brainwash, qui exploite à fond tous les filons du street art dans une vision très capitaliste, ont laissé croire au canular géant. 

Banksy s’appelle en réalité Robert del Naja, et joue dans le groupe Massive Attack

FAUX !
Ou pas… c’est une théorie régulièrement reprise par les fans. Les lieux et dates d’apparition des œuvres de Banksy coïncident étrangement avec celles des tournées du groupe. Banksy lui-même s'amuse parfois à dissimuler des clins d’œil dans ses œuvres : en 2017, lorsqu'il a érigé un hôtel totalement dystopique au bord du mur de Gaza, le logo du groupe apparaissait dans un détail du salon de l'hôtel. Mais aucune preuve établie n’existe.

Comme Banksy reste anonyme, aucune de ses œuvres n’est réellement authentifiée

FAUX !
Banksy revendique ses œuvres par l’intermédiaire de son compte Instagram et de son site web. Il a aussi créé une société, Pest Control, qui authentifie ses œuvres, notamment pour les ventes aux enchères. 

C'est pour cette raison que de nombreuses expositions estampillées Banksy sont dénoncées par l'artiste lui-même : la plupart sont composées d’œuvres qui n'ont jamais été destinées au marché de l'art, et qui sont pourtant passées aux enchères. 

Banksy a collaboré avec Disney pour des installations artistiques à Disneyland

FAUX !
Au contraire, Disney est l’une des cibles préférées de l’artiste. En 2006, il arrive à placer, pendant quelques minutes, un mannequin à l'effigie des prisonniers de la prison de Guantánamo au bord d'une attraction de Disneyland, aux États-Unis. 

En 2015, il va plus loin et ouvre même Dismaland en Grande-Bretagne, une parodie chaotique du célèbre parc d’attractions. Où le château ressemble à une ruine et les attractions mettent en scène migrants, accidents et attractions qui, de toute façon, ne marcheront pas.  

Banksy a fait don d’une de ses œuvres au British Museum

FAUX !
Banksy n’a rien “donné”. En 2005, il a installé une fausse pierre préhistorique représentant un homme des cavernes avec un chariot de supermarché. Il a fallu trois jours pour que le musée découvre la supercherie… et décide de conserver l’oeuvre !

Le street-artist est intervenu ainsi dans plusieurs musées, comme le MoMA ou le Louvre, où il a placé des tableaux de sa création. Dans certains lieux, les œuvres sont restées en place pendant plusieurs jours. 

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