La romancière Mary Higgings Clark, surnommée “la reine du suspense” est morte à 92 ans. Dans ses livres, l’Américaine a toujours fait de ses héros des héroïnes, des femmes fortes à l’image de celle qu’elle a été durant toute sa vie, loin d’avoir ressemblé à un long fleuve tranquille.

La romancière américaine Mary Higgins Clark, en 2015.
La romancière américaine Mary Higgins Clark, en 2015. © Getty / Brent N. Clarke

Elle est, sans conteste, l’une des écrivaines les plus lues au monde. Mary Higgins Clark est décédée “entourée par sa famille et ses amis”, a annoncé vendredi son éditeur, Simon and Schuster. La romancière, âgée de 92 ans, a enchaîné les succès à partir des années 1975, mettant en avant de nombreuses héroïnes, mais a aussi connu de nombreuses épreuves dans sa vie. 

Son existence, en effet, n’a pas été un long fleuve tranquille. L'adversité et le drame, Mary Higgins Clark s'y était habituée, marquée dès l’âge de dix ans par la disparition de son père, emporté par une crise cardiaque. 

Veuve à 35 ans et avec cinq enfants 

Très vite au travail, comme standardiste dans un hôtel puis dactylo, elle se marie à 20 ans, puis devient hôtesse de l'air pour la Pan America. Elle cesse de parcourir le monde pour élever ses enfants tout en cultivant sa passion pour l’écriture, virus qu’elle dit avoir attrapé dès son plus jeune âge.

Elle a 35 ans lorsque son mari meurt brusquement d’une crise cardiaque. Nouvelle épreuve pour celle qui avait aussi perdu son frère aîné mort d'une méningite puis son neveu de 15 mois, tombé d'une fenêtre. 

Veuve avec cinq enfants, l'écriture l'aide pour surmonter cette énième disparition. Mary Higgins Clark redevient dactylo mais rêve toujours de vivre de son écriture. Persévérante, après des nouvelles, des feuilletons pour la radio, une biographie de George Washington, publiée mais sans succès, elle se lance dans le roman policier. 

Elle publie, en 1975, La maison du guet, véritable best-seller, suivi de La nuit du renard, Nous n'irons plus au bois, ou bien Douce nuit. Son oeuvre se compose de 56 romans qu’elle complétera de quatre romans écrits à quatre mains avec sa fille Carol, dont Trois jours avant Noël

Des femmes fortes et indépendantes

Au rythme de quasi un roman par an, l’écrivaine a souvent été critiquée pour cette cadence que ses détracteurs estimaient synonyme d’une écriture facile. Mais dans les faits, Mary Higgins Clark aura vendu, rien qu'aux États-Unis, plus 80 millions de livres et la plupart auront été adaptés au cinéma ou à la télévision. 

"Les femmes dans mes romans résolvent elle-même leurs problèmes"

À son image, ses héroïnes sont surtout des femmes indépendantes, faisant face. “J’ai écrit sur des femmes qui ont trouvé la force de surmonter leurs difficultés”, expliquait-elle à France Inter en novembre. “Elles ne sont pas sauvées par un prince sur son cheval blanc, elles doivent se débrouiller seules, être indépendantes. Les femmes dans mes romans résolvent elle-même leurs problèmes, c’est pour moi une marque de fabrique, elles n’attendent pas l’arrivée du destrier blanc” expliquait encore Mary Higgins Clark à Augustin Trapenard. 

En secret, son dernier roman paru en novembre chez Albin Michel était d’ailleurs dans l'air du temps. Une intrigue mêlant harcèlement sexuel et disparitions, sur fond de société post #MeToo. Cette grande prêtresse du suspense avait dit qu'elle écrirait jusqu'à sa mort : promesse tenue.

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