Des Femmes. Cette année le Festival de l'Imaginaire célèbre en particulier les femmes. Porteuses d'expériences variées, de parcours différents, leurs voix diverses surprendront : du chant d'une rebelle berbère (Maroc) à celui des Iraniennes, des chants populaires de Corée au chant classique du golfe du Tonkin (Vietnam), sans oublier les chants et danses des pygmées Aka du Congo-Brazzaville.Tout un programme de concerts, rencontres et projections qui fera la part belle à la poésie et à ces jeunes artistes qui insufflent une énergie nouvelle au terreau musical dans lequel ils sont nés.Cette 18e édition du Festival de l'Imaginaire inclut la programmation d'une jeune ethnomusicologue lauréate du Prix de la Maison des Cultures du Monde . Ce Prix a été inauguré il y a un an afin de permettre à de jeunes chercheurs de programmer des formes musicales ou spectaculaires qui sont l'objet de leurs recherches de terrain.À une fidèle spectatrice qui réagissait après avoir reçu l'avant-programme du festival et s'inquiétait de l'absence d'une forme qui lui tient à coeur, nous avons réalisé, en lui répondant, à quel point notre travail relève du parcours du combattant pour arriver jusqu'aux spectateurs : se déplacer pour chercher, repérer et identifier, puis convaincre les artistes, ensuite trouver le moyen de garder le contact malgré les distances, chercher l'interlocuteur qui a un accès à internet, faire établir ou renouveler des passeports, demander des autorisations temporaires de travail auprès des autorités en France, réserver longtemps à l'avance billets d'avion et chambres d'hôtel, contracter les assurances, écrire les courriers nécessaires aux consulats afin de les informer de l'invitation d'un ensemble souvent non professionnel et non constitué, organiser l'accueil du groupe à son arrivée à Paris en ayant pris le soin de recruter un guide interprète qui les accompagnera et sera aux petits soins pendant leur séjour chez nous.Mais, tout cela n'est rien à côté du plaisir que les artistes et nous avons de partager avec le public ces moments d'exception.Arwad Esber

Quelques spectacles

Arirang - Chants populaires de Corée, les 7 et 8 mars 2014 à la Maison des Cultures du Monde Sous le titre Arirang, ce concert propose un tour d’horizon des différents styles régionaux du chant traditionnel coréen tel qu’il se pratique depuis des siècles dans les villages coréens, soit par les villageois eux-mêmes soit par des chanteurs professionnels. Qu’il s’appelle sori, minyo, japga ou arirang suivi du nom de la région ou du district, ce chant évoque en général les souffrances et les peines de la vie, la séparation, la misère.

La musique traditionnelle coréenne, qu’elle soit savante ou populaire est particulièrement riche et diverse, mais tous les Coréens s’accordent sur le fait que ces chants de village interprétés a cappella ou avec un simple accompagnement de tambour sont ceux qui expriment le mieux le han, cette mélancolie proprement coréenne où se mêlent regrets et nostalgie, désir et frustration, révolte et résignation.On dit que le premier Arirang vient d’un débarcadère aux radeaux situé à Jeongseon, une région montagneuse de la province de Gwangon, au centre de la Corée.Le Ca Tru - Chant classique du Golfe du Tonkin, les 20 et 23 mars 2014 à la Maison des Cultures du Monde

Une chanteuse accompagnée par un grand luth interprète des poèmes mélancoliques tout en scandant le rythme sur une petite planchette de bambou. Un tambour dit "d'éloges" l'encourage en ponctuant les phrases. La voix se faufile entre les notes du luth, ses nuances délicates se brisant ici et là comme l'exige cette ancienne tradition vocale du golfe du Tonkin. L'ensemble Ca Tru Thai Ha de Hanoi réunit les membres d'une seule famille, le père Nguyen Van Mui au tambour d'éloges, la fille Nguyen Thuy Hoa et la nièce au chant et le fils Nguyen Manh Tien au luth dan day.Chantres Coptes - Musique sacrée d'Egypte, les 28 et 29 mars 2014 à l'Institut du Monde Arabe

Ce concert propose de découvrir la tradition musicale d’une des principales Églises d’Orient, telle qu’on la pratique aujourd’hui, loin des fantasmes et des mystères pharaoniques dont elle fut souvent entourée. Le chant occupe une place essentielle dans la liturgie orthodoxe copte. Parfois accompagné aux cymbales et au triangle, il se décline en hymnes, cantillations des grands textes, incantations du prêtre, louanges aux saints. Principaux lieux de formation des prêtres et des chantres, l'Institut Didymos et l'Institut d'Etudes Coptes participent à la préservation de ce patrimoine menacé, évocateur du temps des Pères de l'Église.

Trovo des villes, Trovo des champs - Joutes chantées de Cartagena et des Alpujarras, les 5 et 6 avril 2014 à la Maison des Cultures du Monde

Des fêtes patronales aux concours et aux festivals internationaux, le trovo reste incarné et plein de vie dans le sud de l'Espagne. Au cours de cette soirée seront invités les représentants de deux styles différents. Un trovo rustique que l'on défend dans la montagne des Alpujarras et un trovo qui ne cesse de se renouveler et de se complexifier au contact du flamenco et de l’Amérique latine dans la ville de CarthagènePapa Djimbira Sow - Chants et tambours de la confrérie des Khadres, les 11 et 12 avril 2014 à l'Institut du Monde Arabe

Né dans une famille peule à Kébémer dans le nord-ouest du Sénégal, Papa Djimbira Sow maintient la tradition familiale : comme son grand-père et son oncle maternel avant lui, il chante dans la tradition des « khadres » comme on dit au Sénégal, entendez la confrérie de la Qadiryya. Ses invocations, ses louanges au prophète et aux maîtres de la confrérie, il les lance comme un cri de griot. Son chant, inspiré des traditions locales wolof, pulaar et seereer est soutenu par deux choristes et trois batteurs.

Chants et danses des pygmées Aka du congo par l'Ensemble Ndima, les 24 et 25 mai 2014 au musée du quai Branly « Moaka na ndima ou le pygmée Aka dans la forêt » est un voyage dans les profondeurs de la forêt équatoriale à la découverte des peuples autochtones Aka, de leur mode de vie menacé de disparition et de leurs extraordinaires traditions musicales : polyphonies en contrepoint, jodel, musiques de flûte, harpe-cithare, arc musical…Tous ces chants, toutes ces pièces instrumentales, souvent associés à la danse, participent aux activités et aux fêtes qui aujourd'hui encore rythment la vie des Aka : la chasse, la récolte du miel, l’initiation ou encore le culte des ancêtres.

### Films, exposition et débats

Dimanche 9 mars à la Maison des Cultures du Monde de 15h à 17h - À la rencontre de femmes remarquables :Elles sillonnent le monde à la recherche d’émotions, de celles que seuls des êtres d’exception savent provoquer. Des artistes qui, aux quatre coins du monde, ponctuent leur vie de moments de communication avec l’autre, de ces gestes, de ces sons qui hérités de leurs aïeux ou nés de leur imagination font que le monde devient meilleur. Discrètes, elles s’effacent pour n’offrir au public que le fruit de leurs recherches.Samedi 26 et dimanche 27 avril à la Maison des Cultures du Monde en partenariat avec la Halle Saint Pierre Festival de films sur l'art brut, l'art populaire, les expressions hors normes, les environnements : Univers imaginaires de gens ordinaires : En Afrique, en Amérique, en Asie, en Europe, des gens ordinaires, en activité ou à la retraite, ressentent un jour, spontanément la nécessité d’exprimer leur univers intérieur. Certains conçoivent d’improbables machines à l’aide d’hétéroclites matériaux de récupération, d’autres transposent leur rêve dans leur maison et leur jardin, métamorphosant ainsi leur environnement quotidien. Une vingtaine de films permettront de découvrir des oeuvres conçues en marge des circuits traditionnels de la création artistique et peu reconnues, voire méprisées, par le monde de l’art jusqu’à une période récente.Dimanche 1er juin à la Maison des Cultures du Monde de 15h à 18h - Journée du patrimoine culturel immatériel - Bienfaits et méfaits de la liste représentative du PCIExpositiondu 26 avril au 28 septembre - Centre français du patrimoine culturel immatériel – Maison des Cultures du Monde à Vitré - Animaux totémiques et dragons processionnels : Apparues dès le XVe siècle, les processions rituelles d'animaux gigantesques et de dragons lors de carnavals ou de fêtes votives demeurent très vivantes dans le sud de la France. Le Poulain de Pézenas et la Tarasque de Tarascon comptent parmi les plus anciennes figures de ce bestiaire fantastique qui, lié à l'origine légendaire ou à la vie de la cité, conserve pour les habitants une importante valeur symbolique et identitaire.

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