Les masques virtuoses mettent en scène la représentation du monde selon les Dogon Le peuple dogon, devenu emblématique par le mystère dont il sut et sait encore s’entourer, vit enclavé dans une région rocheuse du centre du Mali, entre plaine et plateau. La plus grande partie des Dogon vit dans des habitations accrochées à la falaise de Bandiagara dont la hauteur varie entre quatre cents et neuf cents mètres et qui s’étend en longueur sur plus de deux cent cinquante kilomètres, mais aussi sur le plateau et dans la plaine. Chasseurs et pêcheurs, ils cultivent le mil, le maïs, l’arachide, le coton et, depuis peu, de minuscules jardins d’oignons. Musique et danse sont liées à un calendrier saisonnier pendant lequel sont pratiqués les rites des ancêtres, les rites funéraires et les rites agraires. Une société initiatique, l’awa, est chargée d’accomplir les levées de deuil, moment central des rites funéraires et principale occasion de sortie des masques. Tous les deux ou trois ans, lorsque plusieurs personnes sont mortes dans plusieurs villages, se déroule le dama, cérémonie du départ des âmes des défunts qui donne lieu à une chorégraphie processionnaire dans les lacis étagés des villages. Un par un, les membres de l’awa apparaissent, portant des masques de bois peints de couleurs vives, et des cagoules-muselières d’étoffe ornées de cauris. Ils forment un cercle entre les maisons des morts avant que l’un d’eux ne vienne occuper le centre par une danse acrobatique. La ronde se brise ensuite et les masques interviennent par couple ou bien un à un, appelés chacun par son chant qu’exécute un groupe de chanteurs et de tambourinaires. Tout d’abord vient la Sœur des masques, surmontée d’une marionnette aux bras écartés, ensuite, arrivent les deux jeunes femmes bambara à la face couverte de cauris, puis le ou les chasseurs, le bûcheron goîtreux, le jeune cavalier peul, le guérisseur purificateur de la cérémonie, puis l’antilope, le lapin, le singe facétieux, la hyène, puis trois ou quatre kanaga, au heaume surmonté de la croix dogon, deux échassiers et enfin la maison à étages, masque surmonté d’une planche de plusieurs mètres de haut colorée de graphismes blancs et noirs. L’agilité prodigieuse des danseurs permet de reconnaître des mouvements tels que réception sur un pied, ressort sur une jambe, envolée, pas glissés, écartements, tremblement des membres, rebondissement. Les masques ne parlent pas mais crient, aboient à la manière des chiens ou glapissent comme le chacal, l’animal mythique des Dogon.

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