Après les annonces faites ce mardi après-midi par Édouard Philippe, les organisateurs de festivals et de grands rassemblements peuvent désormais y voir plus clair pour cet été : tous les événements de plein air rassemblant plus de 5 000 personnes seront donc interdits, et les salles de spectacle resteront fermées.

A gauche, Edouard Philippe à l'Assemblée nationale ce mardi. A droite, le public du festival Solidays en 2019.
A gauche, Edouard Philippe à l'Assemblée nationale ce mardi. A droite, le public du festival Solidays en 2019. © AFP / Capture d'écran / Photo David Cordova - NurPhoto

"Le déconfinement, c'est le retour de la vie sociale", a déclaré Édouard Philippe ce mardi, lors de son discours à l'Assemblée nationale sur le plan de déconfinement. Parmi les volets évoqués, figure celui des événements culturels, question qui se pose notamment, à l'approche de l'été et des grands rassemblements. Le Premier ministre a apporté de nouvelles précisions sur ces grands événements : 

"Tous les événements rassemblant plus de 5 000 personnes, qui doivent être déclarés en préfecture et nécessitent beaucoup d'organisation, ne pourront se tenir avant le mois de septembre".

Tous les lieux culturels "où l'on reste immobile", c'est-à-dire les cinémas, théâtres et salles de spectacle, resteront eux aussi fermés pour une durée pour l'heure indéterminée. Reste une inconnue : Édouard Philippe n'a, en revanche, pas précisé ce qu'il en serait pour les "petits" événements, les festivals de moindre envergure, pour cet été. Un doute étayé par l'interdiction, formulée quelques secondes plus tard, de "tous les rassemblements de plus de 10 personnes" dans le cadre privé ou sur la voie publique. 

Édouard Philippe a rappelé, dès le début de son discours, que ces annonces feraient également l'objet de possibles adaptations locales, discutées lors de rencontres avec les élus locaux dans la semaine. De nouvelles mesures devraient par ailleurs être annoncées à la fin du mois de mai, après de nouvelles évaluations sur l'évolution de l'épidémie, au moment où l'exécutif prendra également des décisions sur les restaurants et cafés, et sur les vacances, par exemple. 

EN RÉSUMÉ - Écoles, transports, masques : les annonces point par point d'Édouard Philippe pour le déconfinement

Des événements restés longtemps dans le flou

Outre les événements annulés pendant le confinement, en particulier le Printemps de Bourges, les annulations se sont enchaînées après l’annonce par Emmanuel Macron, le 13 avril dernier, du déconfinement à partir du 11 mai, accompagné d’une interdiction maintenue pour les grands rassemblements, d'abord jusqu’à la mi-juillet. Hellfest, Solidays, Festival d’Avignon, les Vieilles Charrues ou les Francofolies, tous ont été annulés successivement. 

Pour l'heure, des événements comme le Festival Interceltique de Lorient ou Rock en Seine, qui se tiennent tous deux en août, étaient maintenus, en attendant d'en savoir plus.Les annonces d'Édouard Philippe ce mardi semblent impliquer une annulation, ce que valident les premières annonces : dès mardi après-midi, la direction du festival Interceltique, à Lorient, a annoncé que l’édition 2020 n’aurait pas lieu au 7 au 16 août comme prévu. “Le report est à débattre mais ce ne sera dans tous les cas pas dans l’année 2020”, a indiqué le directeur Lisardo Lombardia. Un Conseil d’administration validera jeudi les conditions de ce report. La Feria de Béziers, connue pour ses fêtes et concerts autour du 15 août, a elle aussi été annulée ce mardi après les annonces d’Édouard Philippe.

Une cellule d'accompagnement en place depuis début avril

La même semaine, le ministre de la Culture Franck Riester avait indiqué sur France Inter que les "petits" festivals pourraient se dérouler : "Si des festivals sont adaptés à des petites jauges, qu'il n'y a pas de problème de sécurité, nous les accompagnerons", a-t-il déclaré… sans toutefois préciser quelle serait la limite entre "petits" et "gros" festivals

Dès début avril, le ministère de la Culture avait annoncé vouloir apporter son aide aux événements annulés ou reportés en raison de la crise actuelle, avec la création d'une cellule d'accompagnement "qui s'appuiera sur les directions générales du ministère de la Culture et ses opérateurs, sur les directions régionales des affaires culturelles et les directions des affaires culturelles Outre-mer afin de recenser les différents besoins et ainsi d'adapter les réponses de l'État".

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