Que se passe-t-il en 1967 sur les ondes de France Inter ?

1967 affiche France Inter 24h/24
1967 affiche France Inter 24h/24 © Radio France

En 1967, le Général de Gaulle s'écrie "Vive le Québec libre !",

le premier programme en couleur est diffusé à la télévision française,

l'Assemblée Nationale vote la loi Neuwirth sur la contraception,

Blow Up d'Antonioni remporte la Palme d'or à Cannes,

Brigitte Bardot ne reconnaît plus personne en Harley Davidson ,

Françoise Dorléac, Marcey Aymé et Martine Carol tirent leur révérence,

The Doors, Pink Floyd et le Velvet Underground sortent leur premier album.

Et pendant ce temps-là sur France Inter...

"1719 sur 1829"

gérard klein 1969
gérard klein 1969 © Radio France

Depuis quelques mois les lycéens et étudiants français traquent les nouveautés musicales venues d’Amérique ou d’Angleterre. Bernard Lenoir n’est pas encore là. Les radios pirates britanniques sont difficiles à capter. Alors les radios françaises suivent le pas : Europe 1 renforce SLC et France Inter met fin au vénérable Rendez-vous à 5 heures très culturel, diffusé quasiment sans intermittence depuis 1949. C’est le duo Jean-Marie Houdoux (producteur) et Gérard Klein (jeune disc-jokey au naturel confondant) qui s’y colle : 1719 / 1829 = GK + JMH. Une équation en forme de résumé : voici le duo qui présente de 17h à 19h l’émission musicale sur 1829 mètres Grandes Ondes. Pourquoi faire simple quand on peut faire alambiqué ?

Deux ans plus tard, l’émission existe toujours, et c’est allongé sur un canapé que Gérard Klein, barbu et détendu, en parle dans un numéro de Micros et Caméras consacrés à la grille des programmes de 1969 :

les nuits du bout du monde couverture
les nuits du bout du monde couverture © Radio France

Avant la ville de Paramaribo et sa rue qui monte et ne descend jamais, avant les Chroniques Sauvages de Robert Arnaut ; avant les récits nocturnes de Serge Le Vaillant, la radio eut son conteur. De son studio, avec musiques, anecdotes, récits… Stéphane Pizzela emmenait chaque nuit les auditeurs loin, très loin. De son enfance passée de garnison en garnison (son père était officier de carrière), Pizzela a collectionné des images, odeurs, impressions de Tunisie, d'Indochine, de Syrie, d'Honolulu, de San Francisco, de Chicago, de Québec. Jean-François Remonte et Simone Depoux dans « [Les Années Radio ]» en parlent en ces mots :

Son art est celui d’une approche lente et tranquille. Sans agresser, sans se hâter, il pose de petites touches, il laisse soupçonner d’étranges parfums, il fait deviner des couleurs rares.

Écoutez, c'est l'été !

Depuis que la radio existe, elle suit - ou tente de suivre - le rythme de vie de ses auditeurs. C'est pourquoi les deux mois d'été sont l'occasion de modifier en profondeur la grille des programmes. Des rendez-vous différents, plus ludiques, souvent plus musicaux, qui suivent les Français sur la route des vacances, sur les plages. L'occasion pour les directeurs de tester de nouvelles voix et pour les producteurs et journalistes d'expérimenter de nouveaux concepts, de nouveaux horaires. Un aperçu dans cette vidéo où les différentes "voix de l'été " 1967 se présentent :

Claude Chebel 1971
Claude Chebel 1971 © Radio France

Faites comme chez vous, c'est la rentrée !

En 1967, un an avant Jacques Chancel qui recevra ses invités « chez lui », à la radio, Claude Chebel s’invite chaque soir sur France Inter chez une vedette (on ne parle pas encore de people). Chebel n’a pas 30 ans mais il a déjà à son actif le déjanté 400 coups dont il fut le présentateur l’année précédente.

Dans ce numéro de Faites comme chez vous, il s’est invité chez René Goscinny qui a proposé à Albert Uderzo de les rejoindre. Échanges :

Joignez l'image au son : dans cette vidéo qui présente l'ensemble des programmes de rentrée sur France Inter, Claude Chebel détaille le principe de son émission.Cette vidéo de l'INA est un bijou : regardez-la ne serait-ce que pour le présentateur !

Vous savez maintenant que France Inter est vivante. Et pour la plupart d'entre vous, elle vous a séduit quand elle est devenue jeune, gaie, bien rythmée.

La voix d'or :

Bonjour, comment ça va ?

Pendant des années, ce salut matinal de Georges Lourier a réveillé les auditeurs de France Inter. Dans « Le roman de la radio », Roland Dhordain souligne son importance dans l’histoire de France Inter :

Parmi les animateurs vedettes de la station, Georges Lourier a doit à la reconnaissance de la radio d’état parce que c’est d’abord par lui que le succès est venu. (…) Pendant près de dix ans Georges a été le sourire du matin, et la voix amicale, els auditeurs disaient « la voix de soleil », permettant à chacun d’entamer la journée de façon optimiste.

En 1966, il ajoute à son « réveil en fanfare » qu’il anime depuis 1962 l’émission « Samedi chez vous ». Chaque semaine dans une ville de province différente, il allait – en direct – à la rencontre des auditeurs. Qui l’adoraient, comme le soulignait Roland Dhordain :

Georges Lourier apprit à cette occasion les délices du bain de foule hebdomadaire

BONUS > Nous vous l'avons déjà présentée dans le billet de blog consacré à la radio sur petit écran. Mais nous ne résistons pas au plaisir de vous la remontrer !

Il s'agit de la Grande Parade de France Inter, interprétée par les Lollipops :

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