affiche Madame Inter 1968
affiche Madame Inter 1968 © Radio France

Cette année-là :

Martin Luther King est assassiné,le général De Gaulle refuse "la chienlit",la famine ravage le Biafra,le Festival de Cannes est annulé,les Shadocks divisent la France,la mariée de François Truffaut est en noir,Claude François se lève et te bouscule,Sylvie Vartan fredonne "Comme un garçon " et Joe Dassin "La Bande à Bonnot ".

Et pendant ce temps-là sur France Inter...

Avant les 1000, les 3-6-9

pub Marigny cigarettes
pub Marigny cigarettes © Radio France

En 1968, bien avant « Le jeu des 1000 », Louis Bozon anime le jeu « Trois-six-neuf ».

Alors autre temps, autre mœurs : les gagnants ne remportent pas des romans, des encyclopédies ou un poste de radio mais… des paquets de cigarettes Marigny !

Et en fond sonore, en « voix off » le jeune et facétieux Gérard Klein commente les réponses ou échecs des joueurs :

Ce jeu a été imaginé et créé par Jean-Marie Houdoux , qui deviendra en 1970 le responsable des opérations exceptionnelles de France Inter. Et en 1977 le chef du service promotion de Radio France.Et parce qu'en 1968, il est interdit d'interdire, on ne s'interdit pas de vous signaler que si vous avancez à 27' cette vidéo, vous découvrirez un Gérard Klein , barbu et en santiags à franges ### Emulation ou imitation ?

Il faut que les uns et les autres nous fassions effort d’originalité

En 1968, Jacques Chancel interroge le directeur de France Inter : Roland Dhordain qui avoue sa crainte que les radios généralistes (Europe 1, RTL et France Inter) ne se copient.

Dans "Le roman de la radio", Dhordain revient sur la création de l'émission. En 1968, Chancel travaille à France Inter où Dhordain lui a confié "un certain nombre de tâches secondaires dont il s'acquitte avec bonne humeur ". Chancel lui demande alors de réaliser de véritables entretiens et réclame 20 minutes pour mener à bien ses interviews.Rokand Dhordain décide alors :

Vingt minutes c'est trop ou trop peu. je te propose une heure, et tous les jours, à 17h ; et tu seras en concurrence avec Bouvard qui fait R.T.L. non stop

Radioscopie est née !

Mai 68

Durant les longs mois qu’ont duré les « événements » de 68, des manifestations étudiantes à la grève générale, les journalistes de l’ORTF se sont retrouvés très souvent en première ligne.Sur le terrain, comme ce 6 mai 1968 : Jean-Claude Bourret , alors reporter à France Inter, couvre la manifestation étudiante. Il est en plein direct (dans le journal de Jean-Pierre Elkabbach) lorsque les CRS chargent :

« les pierres tombent de tous les côtés »

Quelques jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 mai, c’est Pierre Lantenac qui se trouve rue Gay-Lussac lors de la « nuit des barricades » :

« Je vous assure que l’affaire est chaude et sérieuse »

Plus tard dans la soirée, la situation s’est tendue : les affrontements entre manifestants et policiers feront plus de 1000 blessés de part et d’autre :

Au petit matin, le journal de 6h30 sur la nuit des barricades au Quartier latin. Le présentateur Bernard Nicod interroge Pierre Lantenac, de retour du Quartier Latin, et qui relate ce qui s’est passé.

Les journaux railleront pourtant la façon dont la radio d'État n'a -selon eux - pas fait son travail : "Il fallait écouter Luxembourg ou Europe n°1 pour savoir ce qui se passait à Paris " écrit Le Populaire.

ORTF slogan mai 1968
ORTF slogan mai 1968 © Maxppp
Le mouvement étudiant prend de l'ampleur, bientôt rejoint par les syndicats nationaux.Pompidou, alors Premier ministre, parle de "groupes d'enragés" au sujet des grévistes qui paralysent le pays. La grève générale est votée à l'ORTF : pour la 1ère fois, les rédactions de l'ORTF assurent des journaux en s'affranchissant de la tutelle de l'État.La réponse est immédiate : De Gaulle demande au Ministre de l'Information - Georges Gorse - de "_mettre les trublions à la porte_ " et de faire garder les émetteurs par la police et l'armée.A France Inter, l'intersyndicale proteste en organisant l'**Opération Jéricho** : chaque jour, a lieu une heure de marche silencieuse autour de la Maison de la Radio : journalistes, ouvriers, lycéens, gens du spectacle, auditeurs....Le 26 juin, le personnel de l'ORTF reprend le travail. Roland Dhordain - qui avait quitté la radio quelques mois avant - revient et reprend son poste de directeur. Officiellement, tout le monde reprend sa place et ses marques.En août, 54 journalistes de l'ORTF, dont 23 de la rédaction radio, seront mis à pied. ### après les cigarettes, le champagne ! Le 20 février, **Jean-Claude Killy** devient le deuxième skieur à remporter les trois épreuves de ski alpin (descente, slalom, slalom géant) lors de mêmes Jeux olympiques en 1968 à Grenoble. L’affaire n’était pas gagnée : Killy était arrivé 3ème du slalom. Mais dans l’après-midi, le jury disqualifie les deux coureurs arrivés en tête (pour avoir raté chacun 2 portes). En fin de journée, Killy est déclaré gagnant de l’épreuve. Le soir même, le triple vainqueur, accompagné de l’Équipe de France de ski, est interviewé dans le journal de 20h de **Pierre Etienne** par **Jacqueline Baudrier** , alors rédactrice en chef des journaux parlés de la station. On entend distinctement le son inimitable des bouchons des bouteilles de champagne ouvertes pour l’occasion !
**BONUS > ** les indicatifs de France Inter (Le Pop Club, les 400 coups, 24h/24..) par les Parisiennes et l'Orchestre de Claude Bolling
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