Un tunnel passe sous la Manche, Hélène Carrère d'Encausse entre à l'Académie Française, Monica Seles remporte Roland Garros, "Trop belle pour toi" le César, on danse "le jerk" ou "les valses de Vienne".

Et pendant ce temps-là sur France Inter...

En 1990, avec Brigitte Vincent "On efface tout et on recommence " chaque matin de 10h à midi. Entourée de chroniqueurs à la langue bien pendue – Michel Polac, Philippe Tesson, Claude-Jean Philippe – Brigitte Vincent aborde tous les sujets, ou plutôt ceux qui lui tiennent à cœur :

J’ai un sale caractère, je n’aime pas travailler sous la contrainte, je commence à dire des choses intéressantes quand je parle de ce que j’aime

C’est en 1981 que les auditeurs avaient découvert l’énergie franche et joyeuse de Brigitte Vincent : "La clé sous le paillasson " (avec William Lemergie), "Galipettes et confettis " (avec Daniel Mermet), "Quand le jazz est là " (avec André Francis)… les émissions se succèdent jusqu’à "On efface tout et on recommence".

Je suis arrivée avec la gauche, je repars avec elle

C'est par ces mots que Brigitte Vincent annoncera en 1993, en direct sur l’antenne, que la direction de l’antenne met fin à son émission.

On efface tout et on recommence équipe
On efface tout et on recommence équipe © Radio France
Vrai foux journal couv
Vrai foux journal couv © Radio France

Une autre émission qui n'a pas la langue dans sa poche voit le jour en 1990 : "Le vrai-faux journal " de Claude Villers . Entouré de jeunes chroniqueurs brillants, impertinents et bien souvent inconnus du grand public : Isabelle Motrot, Virginie Lemoine, Pascal Brunner, Jean-Claude Djian, Laurent Ruquier, Laurent Tastet ...

Mais la « bande » de Claude était aussi en coulisses, en régie : Monique Desbarbat , réalisatrice (et souvent coproductrice) de pratiquement toutes ses émissions jusqu’à la fin des années 1990. Et Maïté Vasseur , assistante et réalisatrice.

le vrai faux journal 1991
le vrai faux journal 1991 © Radio France

Toute cette joyeuse équipe présentera deux ans durant un journal radiophonique qui prenait ses aises avec l’actualité et les exercices imposés. Un aperçu avec cette météo de Jean-Claude Djian de Florette :

L'émission divise : certains adorent, d'autres abhorrent. Réduite d’une heure la saison suivante, l’émission n’en perd pas pour autant son acidité. Notamment dans la quotidien "éditorial d’Ivan Dubaï " (aka Claude Villers) :

Vous avez raison mes très chers auditeurs, vous qui écrivez à mon directeur pour dénoncer l’antiparlementarisme qui - d’après-vous - règne dans les médias et plus particulièrement sur France Inter et plus particulièrement encore 12h et 12h45

En 1990, c'est aussi la naissance de "Night and Day" de Julien Delli Fiori :

Delli Fiori
Delli Fiori © Radio France

Depuis 1971 c'est une des voix de FIP, et il a rejoint France Inter l'année précédente, en 1989.

Julien Delli Fiori c'est la passion du jazz. De "Night and Day " à "Extérieurs jazz " en passant par "Tutti tout ouïe ", "Certains l'aiment music music ", "L'hippopotame fait des bulles de savon " ou "Jazz à tous les étages " (avec Clémentine Célarié )... les notes bleues résonnent, en studio ou sur les festivals, avec Julien.

En 2012, Julien Delli Fiori confiait dans une interview à Radio Fañch :

Vivre en marge du monde, en coulisse des plus grands musiciens : un rêve. Être payé pour écouter des disques, aller au concert et rencontrer les artistes reste toujours pour moi un véritable enchantement, et je ne suis pas prêt d'en être blasé.

Musique toujours...En septembre, les auditeurs découvrent un générique qui accompagnera près de 10 ans leur fin de journée : "Hey nineteen " de Steely Dan. C'est une des marques de fabrique du magazine culturel "Synergie ", co-présenté à ses débuts par Kathleen Evin et Jean-Luc Hees :

Plus qu'un magazine culturel, l'émission est les premières années un magazine d'actualité :

Pub Synergie 1994
Pub Synergie 1994 © Radio France

Pendant presque 10 ans, Synergie accueillera actrices, chanteurs, comédiens, chefs d'orchestre, écrivains...

Jusqu'en avril 1999 (date à laquelle Jean-Luc Hees, nommé Directeur de France Inter arrête l'émission qui sera remplacée par "La partie continue " d'Albert Algoud), "Synergie " c'est aussi de l'autre côté du micro, une formidable petite équipe :

Cati Cauchois qui "cale" les invités, et Henri-Marc Mutel (vous savez, le Marco du "let's go Marco" de Collin & Mauduit) puis Françoise Boné à la réalisation.

La petite marchande de prose couv
La petite marchande de prose couv © Radio France

Le Prix du Livre Inter - présidé par Paul Guimard - est décerné à "La petite marchande de prose " de Daniel Pennac (Gallimard).

C'est d'abord une phrase qui m'a traversé la tête : "La mort est un processus rectiligne" . Le genre de déclaration à l'emporte-pièce qu'on s'attend plutôt à trouver en anglais : "Death is a straight on process" ... quelque chose comme ça.

J'étais en train de me demander où j'avais lu ça quand le géant a fait irruption dans mon bureau. La porte n'avait pas encore claqué derrière lui qu'il était déjà penché sur moi :

  • "C'est vous, Malaussène ?

    "La petite marchande de prose" est le 3e tome de la saga Malaussène qui commença par "Au bonheur des ogres" (1985) et "La Fée Carabine" (1987). Suivront "Monsieur Malaussène" (1995), "Des chrétiens et des maures" (1996) et "Aux fruits de la passion" (1999).

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