Le maire de Dijon fait partie des édiles de France qui ont signé un arrêté pour autoriser les librairies à ouvrir dans leur commune, par dérogation au confinement prévu au niveau national. Il était l'invité du journal de 13 heures de Xavier Demagny.

François Rebsamen à Dijon avec Jean Castex et Gérald Darmanin, le 10 juillet 2020
François Rebsamen à Dijon avec Jean Castex et Gérald Darmanin, le 10 juillet 2020 © AFP / Philippe Desmazes

FRANCE INTER : Est-ce qu'à faire des exceptions, on ne risque pas d'envoyer un message contradictoire aux Français ?

FRANÇOIS REBSAMEN : "Nous sommes tenus en tant que maires d'appliquer les décisions que prend le gouvernement, et nous sommes en première ligne pour assurer la sécurité sanitaire de nos concitoyens. Mais là, il s'agit d'un problème majeur, et on a le droit d'alerter le gouvernement. Moi c'est un message d'alerte que j'envoie, avec cet arrêté : je ne veux pas la mort des librairies, or je suis persuadé que vu la période de fermeture, aujourd'hui c'est la plateforme Amazon qui va en profiter. Et les librairies vont être confrontées à des difficultés majeures, voire sont menacées de mort. Pour moi, c'est simple : c'est un commerce essentiel ! Et c'est cela la différence que j'ai avec le gouvernement."

La proposition de Bruno Le Maire, de passer autant que possible à de la vente en ligne pour les libraires, est-ce que cela vous convainc ?

"Mais c'est autre chose, une librairie ! C'est pas uniquement une commande à un vendeur de livres. Un libraire, c'est quelqu'un qui sait vous parler des livres, une librairie c'est une rencontre avec les livres. Moi, je suis très inquiet et je demande une exception. On n'en demande pas énormément, des exceptions, et on a quand même le droit de faire des propositions. On n'est pas écoutés, et je suis en colère. Il faut une mobilisation nationale et je pense qu'on sera écoutés.

La stratégie des territoires, on voit que ça a marché un moment, et que maintenant c'est terminé ! On a même envisagé à un moment de repousser la date de la rentrée scolaire sans nous prévenir..."

Il y a aussi des arrêtés de ce type pour d'autres types de commerce, comme le font certaines communes, qu'en pensez-vous ?

Moi aussi, j'ai des commerçants de proximité qui me disent que ce n'est pas normal, qu'on est plus en sécurité sanitaire dans un petit commerce que regroupé dans des grandes surfaces. J'en conviens, mais on ne peut pas tout demander. Et moi, mon combat, c'est pour sauver les librairies."