A l'occasion de la rétrospective que lui consacre le Centre des Arts d'Enghien, l'artiste Fred Forest, se déclare pour un Internet d'accès totalement libre et une pratique artistique non-professionnelle comme il l'a pratiqué lui-même depuis les années 70.

Lors de ce parcours, conçu par lui-même on découvre ses toutes premières oeuvres comme "Archéologie de Présent", ou bien son intervention à la biennale de Sao Paulo en 1973, mais aussi des choses plus récentes comme le webnetmuseum, ou flux-reflux-org, et le Trader Ball, sa dernière intervention-performance, dans le réel et sur Second Life.

FRED FOREST
FRED FOREST © FRED FOREST

Il s'est joué de toutes les formes médiatiques et de toutes les formes d'interactivité, proposant d'ouvrir un robinet d'eau en composant un numéro de téléphone, de scanner les pieds des visiteurs, mais aussi organisant des ventes aux enchères de mètres carrés artistiques (et non-artistiques pour contourner la loi) ou de rechercher une femme n'ayant jamais disparu à l'aide d'encarts dans la presse.

A tel point que Fred Forest, avec sa voix douce et son ton modeste, se qualifie aujourd'hui d'homme-média numéro 1.

Depuis le temps qu'il n'en fait qu'à sa tête avec les médias et l'internet, il est un peu le père de la web sphère, le grand frère des journalistes qui trouvent que tout ce cirque n'est que trop sérieux pour être honnête.

En bataille contre le Centre Pompidou depuis des années, on le croyait fâché avec la terre entière. Il n'en est rien. Parfaitement reconnu aux Etats-Unis, la France ne l'a pas pour l'instant pris au sérieux, probablement parce qu'il n'est pas un artiste du marché. Ses oeuvres, il ne les vend pas (qui voudrait les acheter) ou très rarement, lorsqu'il s'agit de faire une démonstration plus qu'une vente, car Fred Forest est surtout un activiste, interventionniste, hacker dirait-il lui-même.

Aujourd'hui, il considère que tout ce qui est sur Internet doit être libre d'accès, et que les artistes ne sont pas supposés être des professionnels. Question à Fred Forest: l'art est-il le dernier lieu de résistance possible?

De la Biennale de Sao Paulo à Trader Ball sur Second Life

Invité à la Biennale de Sao Paolo au début des années 70, Fred Forest incite les habitants à s'exprimer librement, histoire de mettre en exergue l'absence de liberté d'expression pour les Brésiliens. C'était le temps du téléphone et de la presse papier. Et c'est peut-être là qu'est né l'Homme média Fred Forest:

A l'autre bout de sa carrière, Fred Forest monte flux-reflux.org, la caverne d'internet,pour un décryptage citoyen du média, pour dénoncer la frivolité de notre société. A partir de sa sélection des vidéos postés sur le net, le site compile les commentaires des visiteurs. Les propos peuvent paraître naïfs, et pas sûr que le projet initial de faire de ce lieu une caverne de Platon soit bien compris des internautes.

Plus récemment, Fred Forest s'est attaqué à la crise financière avec Trader Ball, action présentée d'abord aux Etats-Unis, puis au Centre des Arts d'Enghien.

FRED FOREST
FRED FOREST © FRED FOREST

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