Pour la rentrée 2011, la grande exposition temporaire de la Cité des sciences bouscule les idées reçues sur les Gaulois, grâce aux découvertes archéologiques de ces 20 dernières années . En s’appuyant sur une démarche scientifique pluridisciplinaire et des muséographies variées, adaptées à tous les âges, l’exposition révolutionne les connaissances sur les Gaulois et redonne toute sa place à la civilisation gauloise qui est à la fois complexe et très proche de nous.

L’exposition est un parcours en 5 séquence s fortement différenciées où l’ambiance muséographique et scénographique propose, tour à tour, au visiteur, plusieurs postures : complice, enquêteur, découvreur, spectateur. Scénographes, réalisateurs, artistes, illustrateurs et scientifiques conjuguent leurs talents pour mettre en exergue les contenus et permettre aux visiteurs d’appréhender toute la richesse des sociétés gauloises.

Comment sait - on tout ce que l’on sait aujourd'hui sur les Gaulois ?

Le renouvellement des données, dues en particulier aux grandes fouilles préventives conduites par l’Inrap, a transformé en profondeur le savoir sur la période gauloise et a permis de :

Casque de Tintignac - Bague en or d'Orval - Pendentif zoomorphe
Casque de Tintignac - Bague en or d'Orval - Pendentif zoomorphe © Radio France / Patrick Ernaux / Inrap - Inrap - Laboratoire Universitaire d’Enseignement et de Recherche en archéologie Nationale

‐ bousculer les lieux communs et représentations caricaturales sur le sujet

‐ partager des connaissances très concrètes sur l’habitat, la vie quotidienne, l’agriculture, l’organisation sociale et territoriale

‐ présenter une collection d’objets gaulois insolites et tout particulièrement une partie du « Dépôt de Tintignac »

Présentation de l'exposition par Sophie Becherelle

1 min

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L’exposition en 5 parties

  1. 2000 ans d’imaginaire gaulois est un prologue, qui plonge le visiteur au centre d’une quarantaine de tableaux, sculptures , chansons évoquant les Gaulois. De Jules César à Lavisse, de Napoléon III à Astérix, le visiteur côtoie toutes ces représentations et tente de comprendre comment s’est construite l’image du Gaulois à travers les siècles.
Extraits du film "Légères perturbations en centre Gaule"
Extraits du film "Légères perturbations en centre Gaule" © CSI / Matthieu Lemarié & Pénélope de Bozzi "Les Chevreaux Suprématistes"
  1. De la fouille aux labos , le visiteur endosse le rôle de l’archéologue en participant à un chantier de fouille . Il utilise les outils de l’archéologue, apprend sa gestuelle et met au jour « pour de vrai » des vestiges gaulois. Ensuite, pour analyser ces découvertes et trouver des réponses sur le monde gaulois, sept ateliers lui proposent des éléments interactifs : Thématiques gauloises et sciences de l’archéologie se conjuguent pour donner à voir et à faire !

  2. De la fouille au musée : grâce à la reconstitution de quatre tombes et à la mise en scène d’une cérémonie gauloise dans un sanctuaire, le visiteur découvre les rites et pratiques de la société gauloise . En écho, une collection d’objets insolites est présentée, preuve irréfutable de la sophistication de ces sociétés.

  3. La restitution est un spectacle audiovisuel qui racontela vie gauloise dans une scénarisation originale où l’un des acteurs du film semble vouloir s’échapper d’un documentaire. Sur un mode burlesque et original, l’essentiel des savoirs actuels sur les sociétés gauloises est ainsi synthétisé dans un spectacle d’une dizaine de minutes.

Amphores de Corent
Amphores de Corent © Laboratoire Universitaire d’Enseignement et de Recherche en archéologie Nationale
  1. Adieu les mythes ? Etant donné qu’il est difficile de renoncer aux mythes et ses images d’Épinal, il est proposé au visiteur de faire coexister ses deux représentations, « l’avant » et « l’après », mais chacune à la bonne place ! Cela se traduit, dans la muséographie, par une perméabilité visuelle : grâce à un système de fenêtres, le visiteur peut revoir ici l’un des portraits de la galerie, à l’entrée de l’exposition.

Quelques questions réponses

Hirsutes, les Gaulois ? « La Gaule chevelue » … dont parle Jules César ne décrit pas ses habitants mais ses arbres ! Chênes, hêtres, charmes : tous ces feuillus étaient bien différents des conifères de son pays natal.

Dévoreurs de sangliers ? En réalité, on a longtemps confondu les longues canines de leurs cochons d'élevage avec des dents de sangliers.

Coiffés d’un casque à cornes ou à ailes ? En réalité, il s'agit très souvent de casques munis de protège-joues (« paragnathides », en langue savante). Comme les casques ont été découverts écrabouillés, rouillés, on a longtemps pris les protège-joues pour des ornements, cornes ou ailes. Erreur réparée aujourd'hui…

Le coq est-il gaulois ? Non, le coq n'a jamais été l'emblème des Gaulois ! Et s'il est devenu le symbole national français, on le doit à un jeu de mots ! En latin, gallus signifie à la fois « coq » et « gaulois » ; ce qui permet aux conquérants une comparaison pas forcément flatteuse. Le volatile sera choisi comme symbole de la Nation à l'époque de la Révolution.

Si l’histoire se fabrique, des mystères demeurent et la science est toujours en marche.

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