La jeune génération de l'art contemporain se tient prête à peupler les musées et les galeries d'art de ses créations parfois pop, souvent imprégnées par le web, toujours en phase avec l'époque. À l'occasion de la journée "Génération Demain", voici dix jeunes artistes à suivre.

Dans l'ordre, fragments des oeuvres de Charlotte Abramow, Elsa & Johanna, Valentine Franc, Jean-Baptiste Boyer, Billie Thomassin et Pierre Pause
Dans l'ordre, fragments des oeuvres de Charlotte Abramow, Elsa & Johanna, Valentine Franc, Jean-Baptiste Boyer, Billie Thomassin et Pierre Pause © Captures d'écran / Instagram - YouTube

Ils sont nombreux, les artistes, peintres, sculpteurs et sculptrices, photographes, à avoir pris leur envol avant l'âge de 30 ans : Keith Haring a fait sa première grande expo à l'âge de 24 ans ; Jean-Michel Basquiat a réalisé toute son œuvre pictural avant sa mort à 27 ans ; quant à Niki de Saint-Phalle, elle a commencé à peindre à 22 ans, et est passée au premier plan de l'art contemporain à la trentaine tout juste. 

Plus près de nous, des artistes comme Théo Mercier, Clément Cogitore ou Camille Henrot n'avaient pas trente ans quand ils ont commencé à glaner les prix, les expositions d'envergure nationale ou internationale et à devenir des valeurs sûres pour les musées et les galeries. À l'occasion de la journée "Générations demain" sur France Inter en partenariat avec Konbini, nous vous proposons de découvrir dix jeunes artistes à suivre, qui ont déjà fait parler d'eux ou d'elles et pourraient continuer à le faire ces prochaines années.  

Charlotte Abramow, photographe et réalisatrice

Si le nom de Charlotte Abramow ne vous est pas étranger, c'est normal : elle accompagne la chanteuse Angèle depuis ses débuts en réalisant ses clips les plus emblématiques, et a signé pour Netflix un guide lié à la série Sex Education. Cette photographe et réalisatrice, née en Belgique en 1993 et installée à Paris depuis 2013, développe des oeuvres colorées, parfois proche du surréalisme, profondément engagées. À côté de son travail pour la presse ou la musique, ses séries de photos lui ont également valu d'être exposée dans des salons prestigieux (Paris Photo en 2018) ou dans des galeries d'art à New-York.

Jean-Baptiste Boyer, peintre

Né en 1990, cet artiste peintre a été formé en tant que peintre décorateur. Mais depuis plusieurs années, il a imaginé un univers à mi-chemin entre la peinture classique et la pop culture. Ses modèles, des amis pour la plupart, sont tatoués, maquillés parfois, vêtus comme en 2020... sur des paysages fantasmés où la nature prend toute la place. Le choc entre les sujets modernes et les techniques, inspirées des peintres des XVIIIe et XIXe siècles, c'est ce qui fait la force des peintures de Jean-Baptiste Boyer. 

Billie Thomassin, photographe et réalisatrice

Billie Thomassin est photographe, et vous verrez ses créations aussi bien dans des expositions et festivals d'art que dans des publicités et des magazines. Son univers visuel est extrêmement travaillé, coloré, mais ne manque pas de nostalgie, d'une forme de regard bienveillant. On y trouve des références venues tour à tour des années 80, du cinéma ou du monde de la mode. En vidéo, elle réalise aussi des clips musicaux et des publicités. Dans l'un de ses projets les plus récents, elle a imaginé des clichés, sortes de natures mortes, se référant à de célèbres chansons de variété française, citant Henri Salvador, Christophe ou Laurent Voulzy

Elsa & Johanna, photographes et vidéastes

Ce duo d'artistes, photographes et réalisatrices françaises, s'est rencontré sur les bancs d'une école d'art aux États-Unis. Elsa Parra et Johanna Benaïnous mettent en scène des personnages, qu'elles incarnent la plupart du temps elles-mêmes, dans leurs séries photographiques. Dignes héritières de Cindy Sherman selon Les Inrockuptibles, elles racontent des histoires visuelles touchantes dans des décors intemporels. En 2018, elles ont réalisé un court-métrage pour le compte de la marque Apple

Miryam Haddad, peintre

Née à Damas en 1991 et installée à Paris depuis 2012, Miryam Haddad a été exposée dans des lieux aussi prestigieux que la Fondation Cartier à Paris ou la Fondation Lambert en Avignon – elle a aussi été choisie pour réaliser l'affiche du Festival d'Avignon en 2019. A première vue, ses toiles très colorées sont festives et joyeuses... mais ne vous y fiez pas, il se dégage de ces œuvres et des personnages qui les peuplent quelque chose d'étrange et de fascinant à la fois.  

Aïda Bruyère, plasticienne

Cadette de cette sélection, Aïda Bruyère a remporté en 2018 le grand prix du Salon de Montrouge, plus important tremplin pour les jeunes artistes en France. Inspirée par les cultures underground venues d'Internet, elle étudie notamment le lien qui peut exister entre l'affirmation d'une forme d'émancipation des femmes et des danses comme le bootyshake et le dancehall. Ses installations mêlent photos, vidéos, et souvent des images glanées sur Internet. 

Ben Elliot, artiste numérique

L'art de Ben Elliot, né en 1994, est profondément lié au web et à ses techniques de communication et de marketing venues des réseaux sociaux. Ce jeune artiste a ainsi exploré, à travers ses œuvres, à la fois le lien aux influenceurs (à qui il a fait promouvoir… une bouteille d'eau), aux sites de rencontres, via un avatar 3D créé pour aller sur Tinder, ou encore aux cryptomonnaies : il est le premier artiste à avoir créé sa propre monnaie, destinée à la valorisation… de ses œuvres. 

Valentine Franc, vidéaste, réalisatrice

Née en 1992, Valentine Franc est une artiste vidéo et cinéaste dont les court-métrages, aussi contemplatifs que narratifs, mettent en scène des femmes pour qui la réalité se mêle, se trouble, avec le souvenir, parfois le rêve. Très inspirée par le cinéma et les décors d'Asie, elle a notamment réalisé le "remake" d'une série coréenne dans des décors suisses. 

Pierre Pauze, vidéaste

Né en 1990, Pierre Pauze est diplômé du Fresnoy, la plus prestigieuse école d'art vidéo, basée à Tourcoing. En 2019, il a remporté le prix de la révélation art vidéo de l'ADAGP (l'équivalent de la Sacem dans les arts plastiques). Ses œuvres d'art sont habitées par un élément récurrent : l'eau et ses ondes. Dans un projet nommé "Please Love Party", qui repose sur la question de la mémoire de l'eau, il a réalisé une expérience à la croisée de la science et de l'art : créer la version homéopathique d'un psychotrope en assurant le transfert des informations moléculaires de la drogue… dans l'eau.  

Sharon Alfassi, artiste plasticienne

La pratique de Sharon Alfassi, née en 1993, se déploie dans plus ou moins tous les domaines artistiques : la performance, la sculpture, l'installation, mais aussi l'édition, ou même… la fabrication de costumes – elle détourne la signification et les clichés associés à plusieurs types de costumes, non sans un certain humour (les titres de ses œuvres font souvent appel à des titres de chansons, comme celles de Laurent Voulzy - encore lui - ou du groupe Il était une fois

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