L’exposition "Astérix, Lucky Luke et cie" à la Cinémathèque française à Paris rend hommage au plus cinéphile des hommes du 9e art : René Goscinny.

René Goscinny avec une pellicule à Pilote dans l'exposition Goscinny et le cinéma à la cinémathèque française
René Goscinny avec une pellicule à Pilote dans l'exposition Goscinny et le cinéma à la cinémathèque française © Cinémathèque française

Anne Goscinny, sa fille en est convaincue. Si René Goscinny, son père, avait vécu plus longtemps… il serait devenu cinéaste. Mort en 1977, à 50 ans, le génial homme de BD, avait créé trois ans auparavant les studios de cinéma Idéfix (le cinéma comme idée fixe ?). Et s’il n’a réalisé que quatre longs métrages, tous d'animation (Astérix et Cléopâtre (1968), Daisy Town (1971), Les 12 travaux d’Astérix (1976) et La Bataille des Daltons (1978), il a participé à une centaine de films comme gagman ou comme scénariste…

Dans l'exposition Goscinny et le cinéma, Astérix, Lucky Luke et cie à la cinémathèque française
Dans l'exposition Goscinny et le cinéma, Astérix, Lucky Luke et cie à la cinémathèque française © Radio France / AD/France Inter

Goscinny, une cinéphilie qui démarre jeune

C’est sur l'œuvre de réalisateur et la cinéphilie de René Goscinny que se penche la Cinémathèque française à partir du 4 octobre. Un amour du cinéma construit dès ses jeunes années en Argentine, puis nourri de westerns, de films de Buster Keaton, des Marx brothers, de Laurel et Hardy

Des références qui vont transparaître dans toutes ses BD, en particulier dans Lucky Luke. C’est aussi dans sa façon de construire ses histoires que l’influence du 7e art est évidente. Ses BD ressemblent parfois à de véritables storyboards.

Dans les années 1940, après le décès de son père, Goscinny se rêvait cinéaste. Il voulait travailler avec Walt Disney, "mais Walt Disney l’ignorait", disait-il. C’est avec Le petit Nicolas que ses personnages accèdent à l'écran : en 1964, André Michel réalise pour la télévision Tous les enfants du monde avec Michael Lonsdale et Bernadette Lafont.

Extrait du story board de La Ballade des Dalton (1978) par les studios Idefix
Extrait du story board de La Ballade des Dalton (1978) par les studios Idefix © Radio France / AD/France Inter

Cléopâtre bien avant avant la "Mission Cléopâtre" de Chabat

"Astérix et Cléopâtre" (1968) de René Goscinny et Albert Uderzo
"Astérix et Cléopâtre" (1968) de René Goscinny et Albert Uderzo / Cinémathèque française/exposition René Goscinny et le cinéma

A l’inverse, en 1965, Astérix le Gaulois, né six ans auparavant, croise le destin de Cléopâtre. Cette vision de la reine d'Egypte doit beaucoup au péplum de Joseph L. Mankiewicz avec Elizabeth Taylor - la couverture d'Astérix et Cléopâtre ("La plus grande aventure qui ait jamais été dessinée, 14 litres d'encre de chine, 30 pinceaux..., 67 litres de bière ont été nécessaires pour sa réalisation...") se moque même de la campagne de publicité pharaonique lancée pour la sortie du film deux ans plus tôt.

Lucky Luke, le personnage le plus inspiré par l’univers de John Ford passe à l’écran en 1971 avec Daisy town. René Goscinny ne s'est pas contenté d'adapter ses propres BD. En 1972, il signe le scénario original du Viager de Pierre Tchernia, avec Michel Galabru et Michel Serrault. Et en 1978, il prêtera même sa voix à Jolly Jumper dans La Ballade des Dalton...

Image du Viager de Pierre Tchernia sur un scénario de René Goscinny
Image du Viager de Pierre Tchernia sur un scénario de René Goscinny / Exposition Goscinny et le cinéma, Astérix, Lucky Luke et cie

A voir dans la passionnante exposition de la cinémathèque française : de fabuleux originaux de storyboards dans la passionnante partie consacrée aux studios d’animation Idéfix, des costumes, des planches, des extraits de films, des photos, et des pages de scénarios... Le tout présenté dans une très belle scénographie joyeuse, ambitieuse et soignée qui plaira à tous de 7 à 77 ans.

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