Le dessinateur Tanquerelle tisse à partir d'un voyage en bateau au Groenland une fiction réjouissante. Son dessin très "ligne claire" se veut aussi un hommage à Hergé.

Détail de la couverture de Groenland Vertigo
Détail de la couverture de Groenland Vertigo © Hervé Tanquerelle - Casterman

En 2011, le dessinateur Tanquerelle passe trois semaines sur une goélette dans un fjord au nord-est du Groenland. Parmi les passagers : l’écrivain danois Jorn Riel, dont il a adapté en BD Les racontars arctiques (Sarbacane) avec Gwen de Bonneval. Hervé Tanquerelle rapporte notes et dessins de son voyage, mais ne sait pas trop quoi en faire - trop superficiels, selon lui.

Mais quand quelques années plus tard, ses amis lui conseillent d’en faire une fiction, c’est le déclic. Il s’empare alors de sa matière documentaire pour livrer les aventures à bord d'un bateau d’un candide plutôt trouillard qui, visiblement, n’a pas le pied marin. Pour l’accompagner dans ce périple, il lui adjoint un vieil artiste paranoïaque allemand, un écrivain qui ressemble beaucoup à Jorn Riel croqué en double du capitaine Haddock (roublard mais aussi alcoolo).

Il mêle habilement à son voyage réel l’aventure imaginaire de Georges-Benoît Jean, son double maladroit. Et en profite pour rendre un bel hommage à Hergé en truffant son récit de références à L’Île mystérieuse, ou à Vol 714 pour Sydney. Le dessin en ligne claire, très beau, est émaillé de dessins sous-marins à l’aquarelle. Le propos oscille entre aventure poétique, et burlesque. Du grand Tanquerelle.

La leçon de dessin de Tanquerelle

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Commentaire de la page 18

Tanquerelle :

C’est la page dans laquelle je me suis fait plaisir.

"Faire du "beau dessin" fait du bien. En bande dessinée, on ne peut pas toujours dessiner ce que l'on veut : on est tenu par la narration. Avec cette planche, j'avais la possibilité de faire une grande image assez onirique avec le monde sous-marin et ces poissons. On voit les grandes tentacules qui sont prêtes à happer le bateau.

Cette image illustrative est entourée par deux strips simples et narratifs dans lesquels on voit le personnage angoissé. Je n'ai pas de références précises, si ce n'est un dessin de David B., dont je suis admiratif, dans Le Roi rose. Jules Verne m'a beaucoup marqué aussi. Enfant, j'ai été fasciné par 20 000 lieues sous les mers avec Kirk Douglas."

Planche 18 de "Groenland Vertigo" de Tanquerelle
Planche 18 de "Groenland Vertigo" de Tanquerelle / Casterman

Commentaire de la page 26

Tanquerelle :

Pouvoir arriver au Groenland en bateau, c'est autre chose !

"Là, on est assez proche de ce que j'ai vécu avec ce paysage assez rude. On sait que l'on ne va pas dans un lieu bucolique. On a ces montagnes noires avec de la neige. C'est très graphique.

Et moi, j'avais l'impression d'aller dans Skull Island que l'on voit dans King Kong ou le Mordor [région de la Terre du Milieu dans Le Seigneur des anneaux de J.R.R Tolkien]... Il y a eu un moment où on était entouré de brumes.

Sur fond blanc laiteux, l'eau d'un bleu outremer était très calme, l'ambiance feutrée, on a pris un verre (pour fêter l'arrivée) dans une ambiance magique."

Page 26 de Groenland Vertigo
Page 26 de Groenland Vertigo / Tanquerelle - Casterman

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