Klaus Maria Grüber était élégant et timide, tellement timide qu'il pouvait intimider ses acteurs, tant il les respectait. Le metteur en scène allemand qui vivait en France, l'ancien assistant de Giorgio Strehler à Milan, devenu le bras doit de Peter Stein à la Schaubune de Berlin, dirigeait comme personne. Outre Bruno Ganz, l'un de ses acteurs fétiches, il a travaillé avec le français André Wilms, Robespierre, dans "la Mort de Danton" : "Gruber, confie le comédien, nous demandait de faire le silence... Il disait toujours : "Chut"! sur un plateau. Tout était trop fort, pour lui... Et il fallait que l'on pleure non pas à l'extérieur de nous mais à l'intérieur.." Résultat: nous, spectateurs, assistions à du théâtre hors norme et archi dépouillé, comme dans sa "Bérénice" à la Comédie Française en 1984, un Racine presque silencieux. Avec Grüber, on oubliait la durée au théâtre, et une poésie prenait forme sur scène. Le metteur en scène allemand chérissait les poètes, holderlin, goethe dont il a monté "Faust salpetrière" en France dans la chapelle de l'hôpital du même nom. Il sortait souvent le théâtre des salles. Sans chercher le spectaculaire, toujours dans une simplicité totale, de laquelle naissait une tension, une violence contenue. "Chut, disait- il, tout est trop fort..."

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