Le groupe Altice accuse Free d'avoir refusé de négocier un accord de diffusion. Mis en cause, le groupe de Xavier Niel dément être à l'origine de la coupure, décision "unilatérale" d'Altice et dit avoir rétabli les chaînes BFM TV, RMC Découverte et RMC Story sur la Freebox, en toute légalité. Altice crie au piratage.

Iliad, le groupe fondé par Xavier Niel, s'oppose à Altice, dirigé par Alain Weill, faute d'un accord sur la diffusion de ses chaînes sur freebox.
Iliad, le groupe fondé par Xavier Niel, s'oppose à Altice, dirigé par Alain Weill, faute d'un accord sur la diffusion de ses chaînes sur freebox. © AFP / Thomas Coex

Vendredi matin, c'était l'écran noir, pour les quelques 6,5 millions d'abonnés Freebox, sur les canaux de BFM TV, RMC Découverte et RMC Story. L'opérateur fondé par Xavier Niel accuse Altice d'avoir "coupé de manière unilatérale" les flux de ces chaînes, ainsi que leurs replays. Il dit en revanche avoir rétabli la diffusion de ces chaînes conformément aux obligations prévues dans la convention de chaînes signées avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) qui les "oblige à permettre leur reprise sur les réseaux ADSL et Fibre". 

Une situation "inacceptable", réplique Altice, pour qui "Free pirate la livraison du signal de ces chaînes". Le groupe dit envisager "toutes les mesures juridiques, réglementaires et judiciaires adaptées face à cette situation illégale". L'entreprise d'Alain Weill accuse Free d'avoir "refusé de négocier" un nouvel accord de distribution pour ces chaînes. L'accord liant les deux groupes arrivait à échéance le 20 mars, et depuis, malgré la médiation du CSA, les négociations ne semblaient pas avoir progressé. "Les chaînes et services associés ne sont donc officiellement, légalement et contractuellement plus mis à disposition dans la Freebox TV", a alors éclaré le groupe de Patrick Drahi.

Un conflit qui en rappelle d'autres

Altice estime que pour diffuser ses chaînes et avoir accès aux services qui vont avec, Free doit payer. Le groupe réclamerait 5 à 6 millions d'euros, selon Les Echos. D'après le communiqué d'Altice, Free "refuse de négocier depuis plusieurs mois", et "adopte une position discriminatoire (à l'égard des chaînes concernées) après avoir signé des accords avec le groupe TF1 et avec le groupe M6". Altice demande donc une rémunération pour la distribution de ses chaînes en clair, ainsi que des services associés (replay, etc.), sur l'exemple des accords conclus entre TF1 et M6 et les opérateurs.

De son côté, Iliad, la maison-mère de Free, avait souligné à l'expiration de l'accord en mars, ne pas avoir "reçu de vraie proposition commerciale" de la part d'Altice concernant "les services à valeur ajoutée" (télévision en rattrapage, vidéo à la demande ou programmes en avant-première par exemple). L'ajout de ces services avait permis la résolution d'un conflit similaire début 2018, quand les opérateurs télécoms et Canal+ d'un côté, et les chaînes privées TF1 et M6 de l'autre, s'étaient opposés concernant la diffusion des chaînes gratuites via les box des opérateurs.

Free ne fait finalement qu'emboîter le pas aux nouvelles pratiques du secteur. En effet, c'est TF1 qui a ouvert la boîte de Pandore il y a quelques mois, en réclamant à Canal+ une rétribution pour la diffusion de ses chaînes. Dans sa bataille avec Canal+, TF1 avait fini par ajouter des exclusivités pour les abonnés Canal, en plus des services de replay.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.