Günter Grass portrait
Günter Grass portrait © © Christian Charisius/dpa/Corbis

Il était l'un des plus grands écrivains de langue allemande. Günter Grass, prix Nobel de Littérature en 1999 est mort à l'âge de 87 ans. Son roman le plus célèbre est Le Tambour .

ALLER PLUS LOIN ►►► (RE)ÉCOUTEZ || l'interview qu'il avait accordée le 2 décembre 2007 à Paula Jacques dans "Cosmopolitaine" sur France Inter :

Né le 16 octobre 1927 à Dantzig, devenue Gdansk dans l'actuelle Pologne, d'une mère d'origine cachoube (une minorité slave de Prusse) et d'un père allemand, Grass vit une "jeunesse allemande modèle" pour sa génération. Enrôlé à onze ans dans les Jeunesses hitlériennes avant de partir sur les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier à la fin de la guerre par les Américains et libéré en 1946.

Günter Grass, d'origine germano-polonaise a écrit une oeuvre marquée par l'expérience de la deuxième guerre mondiale et du nazisme. Il avait suscité de vif débat récemment en Allemagne et en Europe, en avouant notamment qu'il avait appartenu, à la fin de la Seconde guerre mondiale, à une unité des Waffen SS. Il avait 17 ans.

Pour moi, les Waffen SS n'avaient rien de terrifiant.. . C'était une unité d'élite... Ce que je voulais, en premier lieu, c'était sortir... sortir de l'étau de la famille. .. Enfant, j'ai vu comment tout cela est advenu au grand jour : dans l'enthousiasme et les acclamations... La séduction y avait aussi sa place, bien sûr... Les jeunes ont été très nombreux à s'enthousiasmer... Nous avons, jusqu'à aujourd'hui, tant de résistants que l'on se demande comment Hitler a pu venir au pouvoir... On faisait comme si le pauvre peuple allemand avait été séduit par une horde de noirs compagnons... Et ce n'était pas vrai... Moi-même, comme beaucoup de ceux de ma génération, je suis sorti de l'époque nazie avec une sorte d'abrutissement. .. Après la guerre, nous avons discuté pendant des décennies, en République fédérale, de ce travail sur le passé... Mais la formule était inadéquate... Simplement, le passé nous rattrapait toujours... Nous avons appris à vivre avec et à faire face... Et je considère cela comme un résultat qui a sa valeur... Si l'on regarde l'Angleterre et la France, l'époque des puissances coloniales et des crimes qui y sont liés, est comme mise entre parenthèses... Mais un jour ou l'autre, la jeune génération pose des questions. Dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung 2006

C'était un écrivain engagé en politique, au SPD, soutien de Willy Brandt. Il a fait partie d'un groupe de reconstruction et de réflexion littéraire en Allemagne après la guerre, il dénonçait cette idée d'être appelé "écrviain engagé". Il se disait "un citoyen qui écrit".

Volontiers polémiste, moraliste, et antilibéral, il s'était notamment opposé à la réunification des deux Allemagne, pour préserver l'héritage socialiste.

__ Il a lancé l'idée un musée germano-polonais pour abriter les œuvres d'art volées par les nazis.L'oeuvre très baroque de Günter Grass est marquée autant par Rabelais, pour la bizarrerie de ses personnages, que par Faulkner ou au Nouveau Roman.

A Paris, il a eu l'occasion de rencontrer Paul Celan, James Joyce .

Dès le début il a marqué les esprits, et apporté un souflle nouveau à la littérature allemande.

En 2014, Grass annonce mettre fin à son activité littéraire.

Archives TV : Günter Grass, Prix Nobel pour l'ensemble de son oeuvre

Les romans de Günter Grass

  • Le Tambour (Die Blechtrommel ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1961. Rééd. Paris, Seuil, 2009, nouvelle trad. de Claude Porcell.
  • Le Chat et la Souris (Katz und Maus ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1962.
  • Les Années de chien (Hundejahre ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1965.
  • Anesthésie locale (Örtlich betäubt ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1971.
  • Journal d'un escargot (Aus dem Tagebuch einer Schnecke). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1974.
  • Le Turbot (Der Butt ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1979.
  • Une rencontre en Westphalie (Das Treffen in Telgte ). Roman. Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1981.
  • Les Enfants par la tête ou les Allemands se meurent ("Kopfgeburten oder die Deutschen sterben aus"). Trad. Jean Amsler. Paris, Seuil, 1983.
  • La Ratte (Die Rättin ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1987.
  • L'Appel du crapaud (Unkenrufe ). Trad. par Jean Amsler. Paris, Seuil, 1992.
  • Toute une histoire (Ein weites Feld ). Trad. par Claude Porcell et Bernard Lortholary. Paris, Seuil, 1997.
  • Mon siècle (Mein Jahrhundert ). Trad. par Claude Porcell. Paris, Seuil, 1999.
  • En crabe (Im Krebsgang ). Trad. par Claude Porcell. Paris, Seuil, 2002, roman traitant de la catastrophe du Wilhelm Gustloff .
  • Agfa box. Histoires de chambre noire (Die Box ) Trad. par Jean-Pierre Lefebvre. Paris, Seuil, 2010.
  • D'une Allemagne à l'autre (Unterwegs von Deutschland nach Deutschland ). Paris, Seuil, 2010.
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