L'humoriste et comédien Guy Bedos est mort, ce jeudi, à l'âge de 85 ans, après une carrière de plus de 50 ans de one-man-show, de théâtre et de cinéma. C'est son fils, Nicolas Bedos, qui l'a annoncé.

Guy Bedos à Paris en 2016
Guy Bedos à Paris en 2016 © Getty / Foc Kan

Mélancolique, inconsolable et gai, Guy Bedos a, par ses sketches, marqué le monde du spectacle et des médias des années 1980 et 1990. Il est mort ce jeudi, à l'âge de 85 ans, a annoncé son fils, Nicolas, dans une publication sur Instagram.

Guy Bedos a vécu ses premières années en Algérie, avant que sa mère ne vienne s'installer en région parisienne. Il a raconté son enfance difficile en 2005, dans Mémoires d’outre-mère. Dès 16 ans, il quitte le foyer, et s'inscrit dans des cours de théâtre. 

Très jeune, il monte une pièce de Marivaux et écume les théâtres parisiens pour se faire sa place sur les planches. Le théâtre, il y reviendra souvent, en fin de carrière. Il jouera dans La résistible ascension d’Arturo Ui  en 1993 et Dérapage, en 1997, puis en 2015, il est à l’affiche de Moins 2, de Samuel Benchetrit, au théâtre Hébertot à Paris.

L'humour, à gauche

Entre-temps, c'est sa carrière d'humoriste qu'il va forger peu à peu. Son premier texte humoristique, donné seul en scène, est écrit par Jacques Chazot, qui le découvre alors qu'il se produit dans le cabaret parisien du frère de Jacques Prévert, Pierre Prévert. Ensuite, Jacques Prévert l'incite à écrire ses propres textes.

Il n'y a pas que des salauds au gouvernement, il y a aussi des incompétents.

Au début des années 1960  il se produit en duo avec sa première épouse, Sophie Daumier, puis très vite, poursuit en solo. Il s'est imposé notamment en commentant l'actualité politique de manière humoristique et caustique. Son personnage, pince-sans-rire ou colérique, a épinglé tous les Présidents de la France et les grands chefs de partis.  Il est récompensé d'un Molière du one-man-show ou spectacle de sketches avec Guy Bedos au Zénith en 1990.

L'une de ses dernières saillies concerne l'auteur polémiste, Éric Zemmour. Bedos disait : "Zemmour est juif. Mais il veut être plus français que les Français. Mon grand-père était bâtonnier à Alger, il a milité pour le décret Crémieux qui a fait des juifs d’Algérie, des Français. Rétrospectivement, quand je vois Zemmour, je le regrette".

En juin 2014, il fait son dernier one-man-show et publie, aux éditions Fayard,  un livre, Je me souviendrai de tout.

“C'est dans le regard des gens de droite qu'on s'aperçoit qu'on est de gauche.”

L'engagement contre la haine et  le racisme

Dans Mémoire d'outre-mère, il explique que c'est son beau-père, raciste et antisémite, et sa mère, admiratrice du Maréchal Pétain, qui ont forgé son positionnement politique à gauche, "mais pas socialiste", humaniste et anti-raciste.

“Ma mère, quand elle a arrêté de me faire peur, a commencé à me faire honte.”

Il a été membre de la Ligue des Droits de l'Homme et soutien des militants de l'association Droit au Logement, d'Arnaud Montebourg lors de la primaire citoyenne de 2017, puis de Jean-Luc Mélenchon lors d'une marche pour la constitution d'une VIe république, et c'est pour battre le Front National, "une urgence absolue", qu'il a déclaré avoir voté Emmanuel Macron.

Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit.

Guy Bedos a régulièrement mis en cause Marine Le Pen, Présidente du Front National à l'époque,  dans la montée de la "haine" en France, après avoir longtemps caricaturé et dénoncé son père dans ses sketches.  "Marine Le Pen a "simplement remplacé les juifs par les Arabes et les nègres. Elle dit à tous ces gens qui vont mal, car nous sommes dans la même crise que dans les années hitlériennes, si vous êtes au chômage, si vous souffrez, c'est parce qu'il y a trop d'Arabes, trop de Noirs".

Bedos au cinéma

Guy Bedos a tourné plusieurs films, notamment avec Yves Robert. On le voit dans Les Copains, Un Éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis, Le Bal des Casse-pieds. Il  tourne aussi avec Patrice Chéreau dans Contre l'Oubli, après avoir travaillé avec Denys Granier-Deferre pour Réveillon chez Bob, et Jacques Baratier pour Dragées au Poivre.

Dans les années 1990, il revient à ses premières amours, le théâtre, avec les pièces La Résistible Ascension d’Arturo Ui (1993) et Dérapage (1997). En 2015, il est à l’affiche de Moins 2, de Samuel Benchetrit, au théâtre Hébertot à Paris.

>> Réécoutez Guy Bedos sur France Inter

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