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debord 4 © BnF

La BnF consacre une exposition à Guy Debord, un révolutionnaire devenu "Trésor National" pour que toutes ses archives restent dans les collections publiques. Debord s'est suicidé en 1994, mais il nous attend encore au tournant du conformisme et de la société marchande et technologique.

Guy Debord, promeneur et lecteur insatiable, a prônéle goût de la vie, l'expérience de la rencontre, plutôt que la consommation comme mode d'existence.

Faire des villes et des rues des lieux d'échanges, en finir avec le travail et ses servitudes, ne pas se complaire dans la culture. Il dépiste très tôt les travers de la société marchande, s'insinuant dans chaque acte quotidien et comportement social, créant des besoins factices et faisant passer le spectacle du monde pour sa réalité. Par le biais de larevue l'Internationale Situationniste , il développe, avec ses amis et correspondants, ses théories, les martèle pourrait-ondire, jusqu'à ce que, nourri par ses écrits, Mai 68 éclate dans le milieu étudiant. Pour ne pas être réduit à ses slogans, à son image, Debord dissout le petit groupe de l'Internationale Situationniste, quand il sent que son avenir ne serait plus digne de son passé, sa rigueur et son intransigeance.

L'artiste Jacques Villeglé, fréquentait les même cafés que Guy Debord et son ami Gil J Wolman, qui venaient de fonder l'Internationale Lettriste, prémisse du Situationnisme.

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debord 2 © Radio France
On a tout dit de Guy Debord, il ne reconaissait que trois qualificatifs le concernant: **théoricien, stratège et enragé.** Guy Debord nous a dit qu'une autre vie est possible. Pour l'instant, la société de consommation n'a pas encore rendu les armes, et cette autre voie n'a pas été empruntée. **Guy Debord n'a pas encore gagné sa guerre, à moins, qu'une nouvelle bataille ait lieu en ce moment, dans les universités où désormais les étudiants sont encouragés** **à le lire, et dans une institution comme la BnF, qui, après s'être battue pour posséder ses archives si fouillées et si bien** **classées, démontre aujourd'hui la puissance du projet de Guy Debord.** **Le cinéaste Olivier Assayas a été marqué par sa lecture de Guy Debord.** (2010- Affinités Electives- France Culture)
**La voix de Guy Debord, dans le film "La société du Spectacle" (1973), reprenant le texte de son essai**
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debord 3 © Radio France
Onze ans après avoir publié**La société du Spectacle,** Debord, approfondit ses analyses en 1988, avec **Les Commentaires sur la Société du Spectacle.** Il y observedès lors l'asservissement de tous au renouvellement technologique incessant des machines actuelles, et la création d'un présent sans passé, privant d'action et de réaction tous les spectateurs devant la grande scène technologique. **Une question reste irréductible : que vaut aujourd'hui d'écrire sur un espace numérique, dans les tuyaux du Web, une page consacrée à Guy Debord, qui sera lue sur un écran ?**
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debord 5 © Radio France
[Guy Debord, à la BnF, jusqu'au 13 juillet 2013> ](http://www.bnf.fr/fr/acc/x.accueil.html)
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