<img src="https://www.franceinter.fr/s3/cruiser-production/2013/04/0b3ea170-9d07-11e2-a0a6-782bcb6744eb/640_bg9mljycaaalxmo.jpg" alt="Fanart furieux d'un fan de Lucasarts" width="640" height="785" />
Fanart furieux d'un fan de Lucasarts ©
Lucasarts, c'est la triste histoire d'un studio de jeu vidéo sur lequel s'étaient penchés une fée barbue et quelques Jedis, assassiné par une souris, mais dont le (pirate) fantôme vivra encore longtemps.

Le couperet est tombé ce mercredi 3 avril 2013, plus de 30 ans après la naissance du studio : quelques mois après avoir racheté sa maison-mère Lucasfilms (producteur des Star Wars), Disney ferme Lucasarts, licencie ses 150 employés, et annule deux jeux (de la licence Star Wars, justement) en cours de développement.

Raison invoquée ? Une volonté de "minimiser les risques de la société tout en réalisant un portefeuille plus large de jeux vidéo Star Wars de qualité". Disney veut en fait faire développer les prochains épisodes de la licence Star Wars par des prestataires extérieurs (comme cela a déjà été fait sur plusieurs jeux).

LucasFilm remercie (dans tous les sens du termes) les équipes de Lucasarts et se dit "incroyablement reconnaissant et fier" de leur travail.

Des amis de trente ans

La fin de Lucasarts, c'est tout un symbole pour une génération de joueurs. Il faut dire que l'entreprise était l'une des plus anciennes et respectées dans son domaine.

Créée en 1982 (sous le nom de Lucasfilms Games) par George Lucas, le papa de Star Wars, la firme va révolutionner le jeu d'aventure ou "point and click" en publiant Maniac Mansion.

C'est dans ce genre qu'il va exceller pendant plus de quinze ans avec des titres mythiques comme Monkey Island, Indiana Jones and the Fate of Atlantis, Full Throttle, Day of the Tentacle, Grim Fandango... À chaque fois, les créateurs vont imposer une "patte" Lucasarts : proposer des scénarios originaux, des dialogues bourrés d'humour, et parfois même un sens de l'absurde digne des Monty Python.

(Au fait, la plupart de ces jeux tournent encore sur les PC, Mac, iPhone, iPad, appareils Android et à peu près toutes les consoles actuelles, grâce au logiciel ScummVM, jetez-vous dessus, fin de la parenthèse)

Ce n'est pas pour rien si certaines licences Lucasarts ont été rachetées et brillamment relancées par d'autres studios (coucou, Telltale), ou que certains anciens employés (comme Ron Gilbert ou Tim Schafer) sont considérés comme des artistes du genre... Et peuvent aujourd'hui financer un jeu sur leur seul nom.

Lucasarts c'était aussi et évidemment l'ensemble des jeux vidéo Star Wars, dont certains (citons Rogue Squadron, simulateur de vaisseaux spatiaux, ou Knights of the Old Republic, un jeu de rôle permettant d'incarner aussi bien un sympathique Jedi qu'un odieux Sith) ont marqué les joueurs, presque autant que les films...

Deuil sur Twitter... et renaissance

Des joueurs qui n'ont pas manqué de réagir à ce décès soudain. Sur Twitter, les réactions se sont multipliées dans les heures qui ont suivi l'annonce.

Certains sont outrés...

D'autres relativisent...

Enfin, l'attitude la plus zen vient sans doute de Ron Gilbert lui-même, ancien pilier de Lucasarts et toujours génial créateur de jeux. Il propose de manger des tacos en hommage à son studio de coeur. Ou juste de manger des tacos, en fait.

Mais la belle surprise, 24 heures après la fin, c'est cette initiative des employés licenciés. Histoire de rendre hommage aussi bien à leur travail qu'aux joueurs qui ont apprécié leurs jeux, ils ont décidé de leur offrir deux de leurs créations : deux (excellents) jeux Star Wars, Jedi Outcast et Jedi Academy. Les développeurs ont carrément rendu public le code des deux jeux, permettant ainsi à tous les programmeurs en herbe de se les approprier et, pourquoi pas, de créer de nouveaux jeux avec. Un beau cadeau d'adieu.

Nul doute que, comme le pirate-fantôme-zombie LeChuck, méchant emblématique de la série des Monkey Island, Lucasarts n'a pas fini de ressusciter de mille et une façons dans les mois à venir.

Petite madeleine de Proust : l'introduction du mythique "Curse of Monkey Island", troisième volet des aventures du pirate amateur Guybrush Threepwood.

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