Le couperet est tombé ce mercredi 3 avril 2013, plus de 30 ans après la naissance du studio : quelques mois après avoir racheté sa maison-mère Lucasfilms (producteur des Star Wars), Disney ferme Lucasarts, licencie ses 150 employés, et annule deux jeux (de la licence Star Wars, justement) en cours de développement.

Disney a racheté les droits des univers de George Lucas (y compris Star Wars et son studio de jeux vidéo Lucasarts)
Disney a racheté les droits des univers de George Lucas (y compris Star Wars et son studio de jeux vidéo Lucasarts) © Maxppp / LANDOV

Raison invoquée ? Une volonté de "minimiser les risques de la société tout en réalisant un portefeuille plus large de jeux vidéo Star Wars de qualité". Disney veut en fait faire développer les prochains épisodes de la licence Star Wars par des prestataires extérieurs (comme cela a déjà été fait sur plusieurs jeux).

LucasFilm remercie (dans tous les sens du termes) les équipes de Lucasarts et se dit "incroyablement reconnaissant et fier" de leur travail.

Des amis de trente ans

La fin de Lucasarts, c'est tout un symbole pour une génération de joueurs. Il faut dire que l'entreprise était l'une des plus anciennes et respectées dans son domaine.

C'est dans ce genre qu'il va exceller pendant plus de quinze ans avec des titres mythiques comme Monkey Island, Indiana Jones and the Fate of Atlantis, Full Throttle, Day of the Tentacle, Grim Fandango... À chaque fois, les créateurs vont imposer une "patte" Lucasarts : proposer des scénarios originaux, des dialogues bourrés d'humour, et parfois même un sens de l'absurde digne des Monty Python.

(Au fait, la plupart de ces jeux tournent encore sur les PC, Mac, iPhone, iPad, appareils Android et à peu près toutes les consoles actuelles, grâce au logiciel ScummVM, jetez-vous dessus, fin de la parenthèse)

Ce n'est pas pour rien si certaines licences Lucasarts ont été rachetées et brillamment relancées par d'autres studios (coucou, Telltale), ou que certains anciens employés (comme Ron Gilbert ou Tim Schafer) sont considérés comme des artistes du genre... Et peuvent aujourd'hui financer un jeu sur leur seul nom.

Lucasarts c'était aussi et évidemment l'ensemble des jeux vidéo Star Wars, dont certains (citons Rogue Squadron, simulateur de vaisseaux spatiaux, ou Knights of the Old Republic, un jeu de rôle permettant d'incarner aussi bien un sympathique Jedi qu'un odieux Sith) ont marqué les joueurs, presque autant que les films...

Deuil sur Twitter... et renaissance

Des joueurs qui n'ont pas manqué de réagir à ce décès soudain. Sur Twitter, les réactions se sont multipliées dans les heures qui ont suivi l'annonce.

Certains sont outrés...

Nul doute que, comme le pirate-fantôme-zombie LeChuck, méchant emblématique de la série des Monkey Island, Lucasarts n'a pas fini de ressusciter de mille et une façons dans les mois à venir.

Petite madeleine de Proust : l'introduction du mythique "Curse of Monkey Island", troisième volet des aventures du pirate amateur Guybrush Threepwood.

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