Hermann
Hermann © Le Lombard / Charles Robin

Le scénariste et dessinateur belge de bande dessinée Hermann s’est vu décerner le Grand prix 2016 de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.

Il succède au Japonais Katsuhiro Otomo, le père d’Akira. Connu de tous les fans du 9e Art adeptes de western, pour Comanche, d'anticipation avec Jeremiah ou de BD historiques, avec Les Tours de Bois-Maury ou Sarajevo-Tango , Hermann Huppen, son vrai nom, est un dessinateur réaliste et ouvertement misanthrope.

Né en 1938, en Belgique, il entre dans la BD un peu par hasard via son beau-frère, Philippe Vandooren, futur directeur éditorial de Dupuis, qui lui commande une histoire pour une revue scoute.

Mais c’est sa rencontre avec Greg, l’auteur d’Achille Talon qui sera déterminante. Il entame Bernard Prince . Avant de publier avec lui, les aventures de Comanche : un western en 15 albums, d’abord publié dans Tintin à partir de 1969, dont l’héroïne est une femme.__

_ Il en dessine les onze premiers tomes, avant de se consacrer à la saga fururiste Jeremiah ,_ à partir de 1977. Cette série, en 34 tomes, raconte le périple d'un fils de fermier dans un futur post-apocalyptique, vingt ans après une guerre généralisée entre les Noirs et les Blancs.

Couverture de Comanche d'Hermann
Couverture de Comanche d'Hermann © Radio France

Puis Hermann s’écarte des thèmes post-atomiques pour créer en 1982 la fresque médiévaleLes Tours de Bois-Maury (Glénat) . Il signe en 1991 son premier one-shot , Missié Vandisandi (Dupuis), qui sera suivi par son cri de révolte contre la guerre civile dans l'ex-Yougoslavie : Sarajevo-Tango (Dupuis).

En couronnant Hermann, le festival récompense à la fois un représentant de la BD franco-belge "classique", mais aussi un dessinateur dont le graphisme n'a cessé d'évoluer. Et un homme qui échappait jusqu'ici à toute reconnaissance médiatique. Peut-être parce que, il le reconnaît lui même, ses histoires ont toujours une certaine âpreté.

Il reviendra au dessinateur la responsabilité de dessiner l’affiche du Festival 2017 dont il sera l’invité d’honneur. Une reconnaissance pour celui qui, enfant dessinait des femmes nues pour ses copains, avant d'être découvert par sa mère qui le disait "perdu pour la foi". Mais pas pour la BD !

Sa réaction au micro de Christine Siméone :

C'est agréable, je ne m'y attendais pas.

C'est agréable je ne m'y attendais pas. J'ai déjà une trentaine de prix. Mais celui-là est le plus médiatique. Je ne suis pas pour avoir la grosse tête. Ce qui m'émeut, c'est que je ne savais pas qu'il y avait autant de gens dans le métier qui m'appréciaient. La chose la plus importante dans notre métier ? C'est de faire du bon travail et quand on a fait du bon boulot, il y a une espèce de joie, un plaisir réel. On n'est pas totalement inutile quand on est à ce niveau là.

La bande annonce de son dernier livre : Old Pa Anderson

Et aussi :

[View the story "Angoulême 2016, comme si vous y étiez" on Storify]- La BD se porte bien

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.