Tout au long de sa carrière, l'humoriste a frappé à gauche et à droite, sans concession. Voici un florilège de déclarations piquantes de celui qui disait : "On compare souvent les hommes politiques à des acteurs. C'est très injuste pour les acteurs."

Guy Bedos en 2012
Guy Bedos en 2012 © Getty / Rapho

C’est en donnant régulièrement ses revues de presse sur scène, que Guy Bedos, s’est fait éditorialiste caustique et intraitable à l’encontre du personnel politique à partir des années 70. Fiches en mains, inlassablement, il déclarait sa rage à chacune de ses victimes, égratignant les hommes et femmes politiques de tout bord. “En politique, il faut choisir entre deux inconvénients.

Hollande "flou et mou"

Après la primaire socialiste pour la présidentielle de 2011 qui a opposé François Hollande à Martine Aubry :

"J'ai reproché à Martine Aubry d'avoir flingué Hollande pendant la primaire, d'avoir dit qu'il était mou, qu'il était flou. [...]. Mais malheureusement, elle n'avait pas totalement tort."  ( 2014, Dans "Signé Mireille Dumas ")

Martine Aubry : "Méchante"

Concernant Martine Aubry, cette fois, sous la présidence Sarkozy : 

Pour dégager "Tom Pouce" de l'Élysée (c'est ainsi qu'il appelait Nicolas Sarkozy), "je serais prêt à voter pour une chèvre. Je suis prêt aussi à voter pour une "vache"."Aubry, que dire, elle voulait Matignon ou rien, et bien ça a été rien ! Et c'est très bien", ajoutait-il sur scène lors du spectacle "Rideau !"

Sarkozy : "Mister Bling Bling, "Nabot-Léon, "Litte Big Man"

Nicolas Sarkozy, président, devient au fil des sketches de Bedos, Nabot-Léon, Little Big Man ou Mister Bling Bling, notamment dans le spectacle qu'il monte en 2012, Rideau !  : "C'est le sarkozisme qui est primaire. On lui répond dans sa langue !"

"La racaille traîne dans les talonnettes de Nicolas Sarkozy et il va avoir besoin de son 'Kärcher'."

"Hollande ne fait pas rêver. Sarkozy a beaucoup fait rêver. Je rencontre beaucoup de rêveurs qui se sont réveillés. Bien fait !"

"Les malheurs de l'UMP... Ça m'amuse, que Copé ait pu mentir à ce point et commence à payer l'addition, c'est pas mal ! J'attends Sarkozy. J'attends son départ pour la case prison, depuis le temps, avec toutes ses casseroles…", déclarait-il sur France 3 en juin 2014.

Marine Le Pen et "Hitler"

Guy Bedos a régulièrement mis en cause Marine Le Pen, présidente du Front National à l'époque, dans la montée de la "haine" en France, après avoir longtemps caricaturé et dénoncé son père dans ses sketches.

En 2013, Bedos compare les propos de campagne de Marine Le Pen à la logique d'Hitler : "Lui c'était 'S'il n'y avait pas les juifs, vous auriez du travail'. Et elle, c'est 'S'il n'y avait pas les arabes et les nègres, vous auriez du boulot'."

Nadine Morano, "une conne"

En 2013, devant les spectateurs de Toul, il annonce que "Dire que Nadine Morano est une conne, ce n'est pas de la diffamation, c'est de l'information". Attaqué en justice par la principale intéressée et relaxé, il avait toutefois expliqué devant le tribunal : "Si j'ai prononcé les mots qu'on me reproche, je le regrette."

Manuel Valls : "On va s’apercevoir qu’il n’est vraiment pas de gauche"

Concernant l'ancien ministre de l'Intérieur, Manuel Valls : 

"Je me fais du souci pour lui : à mon avis, il ne fera pas l’immense carrière dont il rêve, car un jour on va s’apercevoir qu’il n’est vraiment pas de gauche"  (28 Mai 2015 , sur le plateau de C est à vous)

Jack Lang : "Il y a des budgets culturels scandaleux"

Est-ce une méchanceté envers Jack Lang, ministre de la Culture, ou bien contre l’artiste Daniel Buren ? "Au risque de déplaire, il me semble qu’il y a des budgets culturels scandaleux, par rapport à la Santé. Avec l’argent des colonnes de Buren, on aurait pu augmenter quelques jeunes infirmières, et payer les instits." (l’Autre journal, janvier 1992)

Edith Cresson : "un peu flottante sur son emploi"

Edith Cresson a été Premier ministre de François Mitterrand du 15 mai 1991 au 2 avril 1992, seule femme à avoir accédé à la fonction de chef de gouvernement en France. "Edith Cresson, que dire ? Tout le monde s’est tellement précipité pour la traiter de conne, de folle et de pute, que, par réflexe, moi, je la trouverais plutôt sympa", écrit-il dans Inconsolable et gai, publié en 1991.

Mais plus loin, il griffe : "Elle a surtout un problème de texte, cette femme-là. En homme de théâtre, je lui reprocherais surtout d’être, d’une prestation à l’autre, un peu flottante sur son emploi. Elle fait sans arrêt la navette entre le gros bon sens populaire, et l’austère réflexion d’une intellectuelle raisonneuse."

Mitterrand : "Ça devient difficile d'être de gauche"

Absolument à gauche, ayant incité à voter pour lui en 1974, et après avoir salué la victoire de François Mitterrand à la présidentielle de 1981, il déchante lors du second mandat de président socialiste.

"Ça devient difficile d’être de gauche. Surtout, surtout quand on n’est pas de droite." (1989 Théâtre du gymnase) Cela n'a pas empêché Mitterrand de continuer à l'inviter chez lui régulièrement. 

Pompidou : "Un libéral au vrai sens du mot"

À prendre au premier degré et parlant de Georges Pompidou alors qu'il était premier ministre, en 1965 : "J’ai rencontré Pompidou une fois chez des amis, c’est plutôt l’aspect humoriste de Pompidou qui m’avait frappé, je ne sais pas pourquoi". 

C'est l'exception dans ce florilège de piques : Georges Pompidou est intervenu personnellement pour qu'une émission censurée par la télévision française soit diffusée. Bedos raconte cela à Bernard Pivot dans un Apostrophes du 12 mars 1976.

>> Réécoutez Guy Bedos sur France Inter

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