Connu pour ses multiples collaborations avec Sergio Leone, le compositeur et musicien italien Ennio Morricone est mort dans la nuit de dimanche à lundi.

Le grand compositeur de musiques de films Ennio Morricone, ici photographié en janvier 2019.
Le grand compositeur de musiques de films Ennio Morricone, ici photographié en janvier 2019. © AFP / DPA / Christoph Soeder

Le compositeur italien Ennio Morricone, l'un des plus célèbres et prolifiques auteurs de musiques de films, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, à l'âge de 91 ans. Il s'est éteint dans une clinique de Rome où il était hospitalisé après s'être brisé le fémur. Né à Rome en 1928, il s'est surtoutfait connaître au début des années 1960 en composant la partition des films de son ami et camarade de classe, Sergio Leone. Pour une poignée de dollars, mais aussi Le Bon, la Brute et le Truand ou Il était une fois dans l'Ouest font partie de ses plus grands succès. Il s'était récemment illustré en composant la musique des Huit Salopards de Quentin Tarantino. 

Lauréat d'un Oscar à 87 ans

C'est d'ailleurs pour cette oeuvre qu'en 2016, Morricone, 87 ans, avait reçu son premier Oscar pour la musique d'un film. Jusqu'alors, il n'avait été récompensé qu'une fois, d'un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Sa collaboration avec le réalisateur avait d'ailleurs été marquée par des polémiques ou des tiraillements, mais c'était pour lui une façon de se replonger dans une ambiance de western. 

A plusieurs reprises, Morricone avait enregistré ses musiques de films avant même les tournages. C'est sa musique qui donnait le ton aux acteurs au moment du tournage. Il était une fois en Amérique est son ultime composition pour Sergio Leone, en 1985, cinq ans avant la mort de celui-ci. 

En 1978, Morricone a aussi conçu l'une des compositions du second film de Terence Malick, Les moissons du ciel, dont le thème principal est le Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns.

"Chez lui, il y a le thème mais c'est surtout la couleur qui est marquante"

Chez Morricone, "il n'y a pas de recette, c'est un ensemble de choses", raconte le compositeur Vladimir Cosma, invité du journal de 13h sur France Inter, lundi. "Ce n'est pas uniquement la mélodie qui compte. Chez lui, il y a le thème mais c'est surtout la couleur qui est marquante, la recherche instrumentale, l'originalité... La façon dont il utilise les cordes par exemple, le piqué, l'accent sur les violons."

"Il est resté profondément italien dans sa façon de s'exprimer", poursuit Vladimir Cosma. "Il ne s'est pas laissé envahir par l'influence de la musique du cinéma américain... Dans ses morceaux, il y a du Verdi, du Vivaldi ; c'est ce qui fait son originalité et sa particularité. Sa musique n'est pas non plus devenue un accompagnement qui prend la couleur du cinéaste, c'est lui qui apportait la sienne." 

Ennio Morricone a été "une source d'inspiration constante, comme un membre de ma famille", a aussi commenté lundi le musicien Jean-Michel Jarre, dont le père, Maurice Jarre, était lui-même compositeur pour le cinéma. 

"Morricone fait partie de mon intimité, il a été omniprésent dans ma vie. Sans Morricone, comme beaucoup d'autres musiciens je pense, je ne serais pas là de la même façon (...) Pour moi, c'est la perte d'une influence majeure dans ma vie, comme musicien, mais aussi pour son approche sonore, pour le rapport son-image, ce mélange unique de mélodies incroyables et ce son d'une modernité totale, il écrivait la musique du futur."

Hommage à Morricone

(Ré)écoutez les références à Ennio Morricone ces dernières années sur France Inter : 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.