Le Centre National de la Musique (CNM) se penche sur le manque de visibilité des femmes dans les festivals de musique en France. On en dénombre 14% sur scène dans les festivals de musiques actuelles. Le Hellfest est le très mauvais élève de la classe.

Le concert de M au Brive Festival en juillet 2019 (photo d'illustration).
Le concert de M au Brive Festival en juillet 2019 (photo d'illustration). © Maxppp / Stéphanie Para

Les femmes sont sous-représentées dans les festivals en France et dans de nombreuses professions musicales. Une étude du Centre National de la Musique (CNM) le démontre, à partir d'un échantillon représentatif de 100 festivals qui se sont déroulés en 2019. Et ça vaut pour les festivals de musique classique comme pour ceux de musiques actuelles.

Pour les festivals de musique actuelle, l'étude dénombre 14% de femmes sur scène pour un total d'artiste qui s'élève à 5.400 musiciens. En ce qui concerne les festivals de musique classique, sur les 1.185 musiciens qui se sont produits en 2019, 28% étaient des femmes.

Le Hellfest, mauvais élève

En proportion de leur programmation globale, c’est le Festival de la Côte d’Opale qui a invité le plus de femmes, avec 46% de sa programmation. Il est suivi par le nantais Scopitone. À l'inverse, le Hellfest, plus gros festival de France dédié au Metal et Motocultor en ont invité le moins : seulement 3%. Les groupes sont aussi majoritairement masculins à 88%. Il n'y a que 7% de groupe paritaire.

"Bien sûr, en matière de programmation artistique, la liberté doit rester la règle alors que, dans certaines esthétiques et notamment la musique classique, le patrimoine musical reste très masculin", précise le rapport du CNM. " La question de la diversité et de la présence des femmes renvoie à celle de l'accès aux formations et aux cursus qui préparent aux premiers rôles, notamment pour les interprètes, compositrices et les metteures en scènes."

Le Centre National de la Musique a été créé notamment pour favoriser un accès égal des femmes aux professions musicales. "Le CNM est là pour identifier les bons leviers et aider ceux qui sont sur le terrain à avoir les moyens d'atteindre leurs objectifs", explique son président Jean-Philippe Thiellay, qui veut travailler sur plusieurs domaines comme "la formation, la lutte contre les violences et le harcèlement, l'information". 

"Il y a des compositrices, cheffes d'orchestre, techniciennes, régisseuses dans plein de métiers et dans toutes les région." 

Jean-Philippe Thiellay veut mettre l'accent sur "l'accès à l'information pour que les professionnels puissent prendre les bonnes décisions", développe-t-il. Pour y parvenir, le Centre National de la Musique triple son budget pour l'année 2021 et dédie un million d'euros à la question de l'égalité Femmes/Hommes dans le monde de la musique. Désormais, toutes les aides du CNM sont conditionnées à la mise en place du protocole de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles.