En publiant une nouvelle édition des Misérables dans La Pléiade, Henri Scepi, spécialiste de la littérature du XIXe siècle, dévoile quelques passages ou essais inédits de Victor Hugo.

Buste de Victor Hugo exposé dans l'appartement  parisien où il commença la rédaction des Misérables
Buste de Victor Hugo exposé dans l'appartement parisien où il commença la rédaction des Misérables © AFP / FRANCOIS GUILLOT

Les Misérables sont entrés dans La Pléiade en 1951. Le roman était paru pour la première fois à Bruxelles en mars 1862 chez un éditeur belge. Victor Hugo en avait commencé la rédaction en 1845, alors qu'il était pair de France. Il avait interrompu son travail à partir du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, qui signa le début de son exil en Belgique puis à Jersey. Il ne se remit à l'oeuvre sur ce qu'il considérait comme le summum de son oeuvre qu'en 1860. 

Malgré de féroces critiques, le succès public fut au rendez-vous pour cette fresque sociale et politique, centrée sur la personnalité du bagnard Jean Valjean. Les Thénardier, Cosette, Javert, sont devenus des personnages familiers dans l'inconscient collectif français. 

En dirigeant cette nouvelle publication, Henri Scepi y a fait intégrer des ébauches, des pages écartées et des projets de préface : 

C’est l’atelier de l’œuvre 

explique-t-il dans son argumentaire. Il y a donc du neuf dans ces pages.

Le titre

Les Misérables auraient pu s'appeler "Les Misères" ou "Jean Tréjean". Car Jean Valjean ne s'appelait pas ainsi au départ dans l'esprit d'Hugo. Il a d'abord été Tréjean ou Vlajean. Tout comme l'amoureux de Cosette ne s'est appelé Marius qu'après avoir été baptisé Thomas.

Des variations de scénario

Cette nouvelle édition révèle aussi des différences de situations notamment dans les tribulations de l'inspecteur Javert, qui se suicide quand il comprend qu'il s'est trompé sur la véritable nature de Jean Valjean. Henri Scepi publie différentes variations sur certaines scènes car Hugo, qui tenait à maîtriser ses effets de surprise, a fait évoluer certaines scènes entre les premières versions de 1845 et la version finale en 1862. 

Illustration et adaptations

Ce nouveau volume révèle les dessins de Victor Hugo, qui travaillait debout à ses pupitres, les portraits des personnages par Gustave Brion, premier illustrateur des Misérables, et des caricatures de presse pour portraiturer ses personnages.  Elles sont là pour montrer aussi la puissance des images dans les textes d'Hugo. Le chercheur Dominique Moncond'huy a recensé toutes les adaptations au cinéma ou au théâtre. Du Vietnam en Turquie, Les Misérables ont ainsi voyagé partout dans le monde. 

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