Retrouvez les moments les plus insolites de Boomerang cette semaine. Augustin Trapenard recevait Etienne Daho et Jane Birkin, les dessinateurs de BD Riad Sattouf et Art Spiegelman puis le comédien Viggo Mortensen.

"Il y a parfois des mots très simples qui vous renversent" - Etienne Daho dans Boomerang
"Il y a parfois des mots très simples qui vous renversent" - Etienne Daho dans Boomerang © Getty / PeopleImages

Vous avez manqué tous les plus beaux échanges de Boomerang cette semaine ? Pablo Cotten vous propose de les revivre grâce à son mix hebdo : 

11 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 06 novembre 2020

Par Pablo Cotten

Riad Sattouf

Il vient de faire paraitre le cinquième volume de sa célèbre saga "L'arabe du futur". Le dessinateur de BD est venu partager avec vous sa passion pour le dessin depuis sa découverte de la bande-dessinée. Riad Sattouf était l'invité d'Augustin Trapenard

RS : "Je me rappelle d'un professeur qui me détestait et que je n'aimais pas du tout, qui m'a dit un conseil auquel je pense encore tous les jours : 'Sattouf. Il a des facilités celui-là. Vous savez, les gars qui ont des facilités et qui foutent rien comme vous, vous savez ce qui leur arrive un jour dans la vie ? Ils se cassent la gueule !'

Le fait d'habiter dans un pays aussi extraordinaire que la France, où on peut faire des livres comme on veut les faire, il y a à la fois la mauvaise conscience d'avoir une telle chance, qu'on n'a pas choisie car c'est un hasard d'être là et, ensuite, je trouve que ça donne une responsabilité de dire qu'il faut essayer de profiter de cette chance et essayer d'utiliser cette liberté d'expression, le pouvoir de faire des livres et profiter des libertés qui sont les nôtres tant qu'on les a".

Quand j'étais enfant, j'ai compris certaines choses par ma propre expérience et par la confrontation des différents modes de vie. J'ai continué de le comprendre en voyageant. C'est vrai que, souvent, je me suis rendu compte que la plupart des gens voyagent assez peu même quand on a la chance d'habiter dans un pays riche comme la France. 

Aller habiter une autre culture, faire l'expérience d'une autre vie, d'autres valeurs morales, ça ouvre tout de suite les portes

J'ai une grande aversion pour les histoires où on a tout compris dès la case 2. C'est vrai que la vie est très complexe. Écrire les rapports humains, c'est très complexe. Ce qui m'intéresse, c'est d'emmener mon lecteur dans des zones de malaise, lui faire ressentir une empathie pour quelqu'un de criminel ou lui faire voir les choses sous un autre angle. Ça n'enlève rien à la moralité de l'histoire, mais je trouve qu'il y a quelque chose de beaucoup plus fort et d'humain de montrer les faiblesses des personnages sombres".

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Art Spiegelman

Sa bande dessinée "Maus" lui a valu de remporter le Prix Pulitzer. L'artiste est venu partager sa vision de l’Amérique au micro de Boomerang

AS : "Le premier amendement de la constitution américaine qui affirme qu'on a le droit de tout dire a toujours été l'objet de multiples tentatives pour le restreindre. Ce qui a commencé à travers le monde suite aux caricatures de Mahomet, c'est une rupture très claire avec ce premier amendement. J'ai dû me rendre compte par moi-même que même si vous avez le droit de me haïr pour ce que je dis, ma liberté de parole doit rester sacro sainte et les réprimandes qui s'ensuivent doivent être punies par la loi. 

Pas de problème si quelqu'un vous déteste parce que vous avez caricaturé Mahomet. Il a le droit de vous haïr mais s'il sort une bombe, des couteaux, n'importe quoi, la liberté d'expression doit être protégée pour rester vivante.

Aujourd'hui, aux Etats-Unis, j'ai l'impression qu'on va en arriver à voir du sang dans les rues. La passation ne se fera pas en douceur… Et même si on a la chance de se débarrasser du monstre, les monstres sont maintenant tous en place, prêts à bondir pour le prochain mandat et, entretemps, à diviser pour mieux régner sur les médias, les gens, les peurs, les races, les haines et les genres, la concentration de l'argent chez les plus riches sans aucune régulation, etc.

Si quelqu'un arrive à dire quelque chose de vrai, que ce soit une vérité détestable comme celle de Ferdinand Céline ou quelque chose de sublime comme William Blake, si vous sentez que cet artiste révèle son paysage intérieur avec ses horreurs, ses beautés, ses caprices, son désordre, alors vous tenez quelque chose de précieux".

L'œuvre est une façon très profonde de communiquer

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Jane Birkin et Etienne Daho

Ce sont deux icônes de la pop musique qui épousent leurs talents en sortant ensemble un album en duo Oh ! pardon tu dormais… Des textes intimes, où Jane Birkin se dévoile comme jamais aux côtés d'Etienne Daho. Les deux artistes sont venus raconter leur complicité artistique au micro d'Augustin Trapenard

JB : "Le souvenir, parfois, c'est quelque chose qu'on ne veut pas perdre, ni le visage ni le son de la voix d'un proche, je pense que les gens connaissent bien ça quand par exemple ils ont perdu quelqu'un, c'est la panique de ne plus pouvoir les évoquer complètement avec les détails, avec ce manque, et peut-être quand on écrit à propos de cette personne, elle fait partie de mon existence encore et jusqu'au bout [...] Étienne, comprenait tout ça, il était avec moi comme entremêlé.

Pour moi, tout est dans l'émotion, si ça vous touche

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ED : "J'ai aussi eu un deuil important, récent et, forcément, ça reconvoque des sentiments. C'est vrai que cette chanson est très particulière, c'est la première qu'on a terminée. C'est la première chanson. Je me souviens avoir fait une maquette et l'avoir l'envoyée à Jane. Je n'ai pas eu de réponse tout de suite. C'était très angoissant pour moi d'imaginer que j'étais tombé complètement à côté, c'est tellement intime le fait de contribuer à cette chanson. Jusqu'à ce que Jane me dise que tout d'un coup, c'était une chanson qui lui semblait juste.

Vous pouvez être transpercé par quelque chose sans savoir pourquoi. Il y a parfois des mots très simples qui vous renversent

Ce qui me rassure c'est d'être en vie, d'être bien dans ma vie, d'être juste à ma place. Il faut me poser la question dans un moment de désescalade".

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  • La carte blanche en duo d'Etienne Daho et Jane Birkin

Viggo Mortensen 

Il est celui qui incarne le célèbre roi du Gondor dans la trilogie du Seigneur des Anneaux qui l'avait alors révélé. Le comédien, connu pour sa philosophie du cinéma indépendant, signe son premier film en tant que réalisateur "Falling" dans lequel ils traduit les méandres d'une Amérique bouleversée au travers d'une relation entre un père et son fils. Viggo Mortensen était dans Boomerang

VM : "Je suis d'accord avec Sigmund Freud qui disait : si on veut vivre, il faut se préparer pour mourir. Ce n'est pas négatif, c'est une façon d'apprécier, de profiter de la vie. C'est ça que je fais. On n'a jamais fini avec l'apprentissage. C'est la première chose à laquelle je pense quand je me réveille et ça me donne envie de sortir du lit

J'ai toujours voyagé toute ma vie. J'ai toujours été curieux. La diversité dans le monde, ça m'a toujours fasciné.

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Si on parle du cinéma comme spectateur, je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois penser, ou ce que je dois sentir. 

La paix me fait rêver mais ce qui me fait rêver aussi c'est l'idée de ne pas mourir. Et on peut l'imaginer. Je suis optimiste parce que si je meurs, je ne veux pas penser juste avant que j'aurais dû faire plus de choses".

  • La bande annonce de Falling, son premier film en tant que réalisateur : 
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