"Impression, soleil levant", l'emblématique toile ayant donné son nom à l'Impressionnisme, est exposée jusqu'au 8 octobre au Havre où l'avait peinte Claude Monet.

Impression soleil levant, installé au Muma au Havre le 8 septembre 2017
Impression soleil levant, installé au Muma au Havre le 8 septembre 2017 © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Monet a peint ce tableau il y a 145 ans, depuis la fenêtre de sa chambre d'hôtel donnant sur le port.

La venue au Havre du célébrissime tableau est le dernier temps fort des festivités du 500e anniversaire de la création du port et de la ville, en 1517.

Le chef d'oeuvre ne sort que très rarement de Paris, et a été prêté pour seulement quatre semaines par le musée Marmottan Monet.

Le tableau, installé seul le long de la grande paroi vitrée du MUMA du Havre, avec, en toile de fond la mer et le mouvement des navires, est baigné par la lumière naturelle. Cette lumière normande, tant prisée par Monet et les autres impressionnistes.

"Je veux peindre l'air dans lequel se trouve le pont, la maison, le bateau."

Véritable icône de la peinture moderne, cette huile sur toile de petite taille (5Ocm de hauteur sur 65 cm de largeur) a été longtemps sous estimée.

Monet, revenu de Londres, brosse en très peu de temps, le 13 novembre 1872 au matin, ce qu'il voit depuis sa chambre face au port, à l'hôtel de l'Amirauté, aujourd'hui disparu: des barques au premier plan, des quais, des écluses, des voiliers, l'ensemble enveloppé par la brume et les fumées et transpercé par un soleil orangé se reflétant sur l'eau.

Un tableau japonais

La manière dont Monet a peint le tableau, son approche de la lumière, avec ce soleil parfois si changeant par rapport au temps nécessaire pour peindre un paysage, lui a valu le rejet des critiques de l'époque. "Il peint comme un peintre japonais, ce qui à l'époque est totalement déroutant", explique Anne Haudiquet, conservatrice du musée d'art moderne André Malraux (MuMa) du Havre et commissaire de l'exposition.

En 1874, Monet propose cinq toiles dont celle-ci pour une exposition à Paris d'une trentaine de peintres, en rupture avec l'académisme de l'époque. On lui demande un titre et il suggère "Impression". Le rédacteur du catalogue de l'exposition rajoutera "soleil levant".

C'est en voyant ce titre qu'un journaliste du journal satirique Le Charivari dénigrera ces peintres avant-gardistes, les qualifiant d'"impressionnistes". Les artistes vont s'approprier plus tard cette appellation, faisant fi de son caractère péjoratif.

Mais pour eux ce tableau ne sera jamais un modèle. Il restera d'ailleurs longtemps oublié, dans des collections privées, avant d'être légué à Marmottan en 1940.

L'intérêt pour les Impressionnistes en général, et notamment pour ce tableau, va être relancé dans les années 60 par les Américains qui possèdent dans leurs musées d'autres oeuvres de Monet sur le port du Havre.

"Ils ont reconnu l'art des Impressionnistes avant nous", estime Géraldine Lefebvre qui a étroitement collaboré ces dernières années avec un astro-physicien américain, passionné de Monet, Donald Olson, en vue de déterminer la date et le lieu de naissance de l'oeuvre en fonction des bulletins météo, des heures de marées et de données cadastrales.

L'exposition du MuMa au Havre met en parallèle des oeuvres de Turner, Eugène Boudin, Gustave Le Gray, Félix Valloton et Raoul Dufy, centrées sur le port havrais et sa fameuse lumière.

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