Julie Birmant et Clément Oubrerie, les auteurs de Pablo, la biographie dessinée de Picasso, racontent s'intéresse à un épisode de la vie de la danseuse américaine Isadora Duncan.

Il était une fois dans l'est
Il était une fois dans l'est © Dargaud / Clément Oubrerie - Julie Birmant

Julie Birmant et Clément Oubrerie, les auteurs de Pablo, la biographie dessinée de Picasso, racontent la relation tumultueuse entre la danseuse américaine Isadora Duncan et le poète russe Serge Essenine.

« Il est beau, envoûtant, Apollon mélangé à Tirésias. Irresistible ! » disait Isadora Duncan, la danseuse américaine de son poète russe de mari, Serge Essenine, quelques temps avant de le quitter. Leur relation haute en couleurs est au cœur du livre\_Il était une fois dans l’est\_ de Clément Oubrerie et Julie Birmant. Les auteurs de\_Pablo\_ , la biographie dessinée de Picasso, s’attachent cette fois à raconter la vie incroyable de cette femme fantasque. La scénariste et le dessinateur ont eu l’idée de ce livre grâce à un détail de \_Pablo\_ : les collectionneurs d’art Gertrud et Léo Stein portaient des chaussures confectionnées par un certain Raymond Duncan. Ça a piqué la curiosité de Julie Birmant qui s’est aperçu que c’était le frère d’Isadora. Fille d’un pianiste, Isadora Duncan est née à San Francisco en 1877\. Ultra précoce, la danseuse va enseigner son art dès… 14 ans. Très inspirée par l’antiquité, elle est à l’origine de la danse contemporaine. Au début des années 1920, c’est à l’invitation du Kremlin qu'Isadora Duncan, alors installée en Europe, se rend à Moscou.
Elle tombe amoureuse du poéte Serge Essenine, véritable star de l’époque, 17 ans plus jeune qu’elle… ### \*\*Julie Birmant : "Isadora Duncan et Serge Essenine jouent dans une espèce de western qui se passe en Russie"\*\* > La question qui s'est posée était : comment cette histoire a pu avoir lieu ? J'ai fait des recherches pour essayer de comprendre.**Il y avait aussi une énigme psychologique : comment cette femme qui ne parlait pas un mot de russe et ce poète qui ne parlait pas un mot d'anglais ont pu vivre une vraie grande histoire d'amour ?** En tant que scénariste, on trouve cette histoire intéressante, mais très énigmatique. Ce sont des personnages très forts. Au départ, on se dit même qu'ils ne jouent pas dans le même film. En fait si, ils jouent dans une espèce de western qui se passe en Russie. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a appelé ça\_Il était une fois dans l'est.\_ \*\*Lui, c'est une sorte de cow\-boy, armé de poèmes.
Elle, c'est une sorte d'héroïne, de Claudia Cardinale américaine mais qui serait une habitante de la steppe.\*\* Ils ont le côté excessif de ceux qui ont tout vécu. [...] \*\*C'est une sorte de western à l'envers. Elle est jusqu'au\-boutiste,\*\* d'une grande naïveté, et en même temps d'un grand talent. C'est aussi une contradiction faite femme. Elle suit totalement ses impulsions, et ça la mène à des situations totalement absurdes. Elle n'a aucune conscience du danger. Sa vie ne vaut pas grand\-chose. Elle est totalement passionnée, et comme c'est un personnage complétement fou, c'est très envoûtant. \*\*Julie Birmant :\*\* **Clément Oubrerie : "Isadora, c'est un peu une Pina Bausch du début du siècle** " > J'avais envie de changer par rapport à _Pablo_ ,**j'ai tout fait en couleurs directes. Cela veut dire que concrètement le dessin et la couleur sont ensemble sur la feuille,** ici en utilisant des pigments et de l'aquarelle. J'ai travaillé avec une certaine inquiètude au début parce que c'était très lent. Mais ensuite ça s'est arrangé. J'ai une passion pour Pina Bausch, et Isadora Duncan, c'était un peu **la Pina Bausch du début du siècle.** Comme Pina, elle avait une manière de danser qui était très naturelle. Pas du tout académique, pas du tout comme une ballerine. Et c'est ça qui m'a beaucoup servi et beaucoup inspiré. Et dessiner le corps humain en mouvement m'a beaucoup intéressé. **Clément Oubrerie :** > C'est une page de danse particulière, parce que quand Isadora ne portait pas les sandales de son frère, **elle dansait pieds\-nus** . Mais là, on est dans une scène où Essenine veut qu'elle fasse une sorte de démonstration pour ses amis, et elle décide de danser un tango. Elle met des escarpins, et elle se lance. C'est unique dans le livre, parce que c'est beaucoup plus classique, et plus frontalement érotique que ce qu'elle fait d'habitude... Essenine réalise que c'est inconvenant. **Son sang, déjà bouillant, se met en surchauffe...** **C'est une scène comique et tragique à la fois.** Clément Oubrerie commente la page 99 ci\-dessous : ### Feuilletez quelques pages <iframe frameborder="0" height="850" src="https://sequencity.com/books/plugin?ean=9782205168525&view=page&page=1" width="640"> </iframe> _Il était une fois dans l'Est_ par Julie Birmant et Clément Oubrerie est publié chez Dargaud. ### Aller + loin * [Clément Oubrerie : "En dessin, tout est possible"](http://www.franceinter.fr/depeche-clement-oubrerie-tout-est-possible-en-dessin-mais-il-faut-trouver-ce-qui-vous-ressemble) * [Noël 2015, la sélection BD](http://www.franceinter.fr/depeche-noel-2015-la-selection-bd) * [Quelques beaux livres dessinés](http://www.franceinter.fr/depeche-quelques-beaux-livres-dessines)
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