J’attends beaucoup de cette confrontation avec ces scientifiques spatiaux. J’espère qu’elle va réenchanter ma vision de l’espace. Mon imagerie, issue de la SF, a du mal à se satisfaire de l’aspect technologique de la « conquête spatiale ». A sept ans, j’ai assisté en direct aux premiers pas de Neil Amstrong sur la lune et cela ne m’a pas fait tripper plus que ça. Je trouve que ces histoires de navette, de sondes envoyées en reconnaissance, de Curiosity, manquent de charme. C’était moche. Ce qui nous parvenait était empreint de cette esthétique – mais en était-elle une ? – mêlant combis blanches mal dessinées, sangles orange et instruments sans design. Certes on sait aujourd’hui que les étoiles ne sont peut-être pas le territoire merveilleux que l’on suppose, mais quand même. Pour ma première expérience de semi cosmonaute, je souhaite quelque chose d’un peu magique, de romanesque, pas d’un truc triste.L’ennui, c’est que si je ne trouve pas l’iconographie « conquête spatiale » tout à fait à mon goût « Allo Huston, répondez ! Ici Apollo XIII ! », les super héros, plus en accord avec mon idée du décorum, n’émargent, eux, pas au registre de mes convictions philosophiques. Ils ne font que se battre, et ne sont souvent pas très fufutes. De plus, lorsque dans un souci de funisation , je veux louer un costume, il ne reste en stock que Batman, Superman et… Dark Vador !Aurais-je eu le cran de monter dans l’avion déguisé sous ma combi de vol ? Je ne sais pas, mais quoi qu’il en soit, cela réglait le problème. Je n’étais pas suffisamment fan de Batman, ni de Superman, et encore moins de Dark Vador – je préférais Silver Surfer, ou Spiderman – pour les emmener vomir avec moi en apesanteur. Et puis de toute façon, cela aurait été une joke un peu convenue.Le week-end précédant le début de l’aventure, je me rends aux journées du patrimoine du CNES et je commence à faire connaissance avec des scientifiques. La veille, je suis allé à la fête de l’Huma. Sur le parking, face au Bourget, se dresse l’espèce de fusée plantée là depuis toujours. À l’intérieur, on parle des problèmes de licenciements, d’usines qui ferment. Le même week-end a lieu également une fête vaguement écolo, à Bagatelle, dans le bois de Boulogne, pour des jeunes bobos. J’ai aussi des nouvelles d’un ami africain qui habite au fin fond du monde, là où la civilisation telle que nous la concevons n’est pas encore vraiment en vigueur. Les médias, à leur habitude, relayent des nouvelles de guerres, de catastrophes, d’élections gagnées ou perdues, des crises diverses. L’approche de l’expérience éclaire tout ce contexte d’une lumière plus perplexante encore qu’à l’accoutumée. Si nous lévitions tous, le monde tournerait-il différemment ?

en partenariat avec

science et avenir
science et avenir © radio-france

Lancement de "Zéro G - Un vol sans gravité", le documentaire web de Vincent Ravalec le 10 septembre, par Arte et France Inter

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