Beaucoup d’autres personnes avant moi ont expérimenté l’impesanteur. La plus connue est Jésus Christ, mais il est loin d’être le seul. Lorsque je m’informe plus avant des détails de ces performances, je trouve moult récits narrant l’ascension matérialisée de saints. Thérèse d’Avila, bien sûr, mais de nombreux autres dont l’histoire n’a pas forcément gardé les noms. La palme en revenant à un certain Giuseppe, qui, d’après des témoignages, dignes de foi, volait bien au-delà du plafond de son couvent, aussi facilement qu’un pigeon au-dessus des toits de Paris. Toutes ces élévations nécessitent – les commentaires se recoupaient – une conscience sans tache. Cette information me plonge dans les affres de l’introspection.J’allais moi aussi marcher dans les pas de ces êtres prestigieux. En suis-je digne ? Oui, je le pensais. Cette extraction de pesanteur, permise par ce subterfuge que je ne comprends d’ailleurs pas très bien, allait m’absoudre définitivement de mon péché d’homme, créature obscure et pesante, et, comme chacun sait, habité de pulsions et d’émotions si bassement terrestres. J’allais connaître un autre état. M’élever, comme un saint, pendant 30x22 secondes – le temps que nous restions en apesanteur – et goûter les joies de la félicité. Sans en être totalement certain, j’en suis néanmoins intimement convaincu.

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Lancement de "Zéro G - Un vol sans gravité", le documentaire web de Vincent Ravalec le 10 septembre, par Arte et France Inter

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