L'aventure du Livre Inter approche de sa phase finale. Les délibérations auront lieu le dimanche 9 juin, sous la présidence de Riad Sattouf. D'ici là, la parole est aux auteurs. Ils sont dix en compétition. l'un d'entre eux sera Prix du Livre Inter.

Emmanuelle Bayamack-Tam
Emmanuelle Bayamack-Tam © Hélène Bamberger / POL

Emmanuelle Bayamack-Tam a écrit Arcadie (POL)

L'histoire par l'auteur

C'est l'histoire d'une petite fille qui arrive très jeune dans une communauté libertaire/libertine, installée dans une zone blanche. Donc sans technologie, sans internet et sans smartphone.

C'est la façon dont elle va grandir dans cette communauté de gens un peu éclopés, un peu abîmés par la vie.

À la puberté, son corps subit une transformation un peu étrange. Il va plutôt se viriliser au lieu d'aller vers d'avantage de féminité. Son corps va rester bloqué dans une espèce d'intersexuation inexplicable.

Emmanuelle Bayamack-Tam se défend de tout opportunisme : "je n'ai pas sauté sur ce sujet parce qu'il était à la mode depuis peu. J'ai toujours eu des personnages qui n'étaient finalement ni fille ni garçon. De même qu'ils étaient un petit peu insituables sur l'échiquier social. De même qu'ils étaient insituables aussi ethniquement. ni vraiment noir, ni vraiment blanc. Donc ça m’intéresse d'avoir des personnages comme ça qui questionnent les formes, les normes et les critères en vigueur."

La communauté dans laquelle grandit l'héroïne, est imaginaire. L'auteur l'a situé à la frontière franco-italienne, donc à un endroit de France ou la question des réfugiés se pose : "Je savais qu'il y aurait cette confrontation entre ma communauté un peu idéale, un peu idyllique et cette réalité très dure qui est celle des réfugiés à la frontière franco-italienne. Et effectivement, l'arrivée de ce réfugié dans mon Eden, c'est vraiment quelque choses qui relève de l'irruption de la réalité dans un monde un peu fantasmé."

"C'est complètement une métaphore de notre comportement, poursuit Emmanuelle Bayamack-Tam : "Cette communauté, à petite échelle, peut représenter la France, l'Europe ou plus largement le monde des nantis et la façon dont il réagit à l'afflux des réfugiés. La plupart des gens se disent que ces gens sont malheureux et qu'il faut le accueillir et en même temps, on aimerait bien que l'accueil se fasse ailleurs."

"Étrangement quand j'écrit, je ne me dis pas du tout que je vais bousculer, déranger, déstabiliser, provoquer, c'est un projet que je n'ai pas du tout. et en même temps, je suis bien forcé de convenir, compte tenu des réactions de lecteur que j'ai de plus en plus que mon roman déstabilise un peu." 

J'assume tout à fait le fait de déranger un peu sans être non plus dans une volonté de provocation assumée

LIRE | Arcadie d'Emmanuelle Bayamack-Tam : "le" roman transgenre de la rentrée selon Le Masque & la Plume.

L'auteur en quelques lignes

  • Agrégée de lettres modernes, Emmanuelle Bayamack-Tam prof de français dans un lycée de la banlieue parisienne. 
  • Elle est la cofondatrice de l'association interdisciplinaire "Autres et Pareils"  
  • Elle est codirectrice, avec Jean-Marie Gleize et Olivier Domerg, des éditions Contre-Pied depuis leur création en 1994. 
  • Outre le prix du livre Inter, Arcadie est en lice pour plusieurs prix (Prix littéraire du Monde, Prix du Roman FNAC, prix Françoise Sagan)   
  • Arcadie est son 11è roman

Ecoutez l'entretien dans son intégralité

8 min

Emmanuelle Bayamack-Tam avec Eva Bettan

Par France Inter

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