Comme François Mitterrand pour la BnF, comme Georges Pompidou pour le Centre National d’Art et de Culture, Jacques Chirac laisse derrière lui un musée, celui du Quai Branly. C'est l'essentiel de son bilan en matière de culture.

Extrait affiche de l'exposition Jacques Chirac le dialogue des cultures, au musée du Quai Branly
Extrait affiche de l'exposition Jacques Chirac le dialogue des cultures, au musée du Quai Branly © Musée Quai Branly

Pour Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et de la Communication, "Jacques Chirac fait un leg formidable avec le musée du Quai Branly, l'entrée des arts d'Islam au Louvre, et le transfert des Archives Nationales à Pierrefitte". 

Le musée du Quai Branly restera sa principale réalisation. Tout comme Georges Pompidou avait fondé le Centre National d’Art et de Culture, Jacques Chirac souhaitait aussi créer un musée, rebaptisé Musée du Quai Branly -Jacques Chirac, à l'occasion du dixième anniversaire.

Pour l'ouverture vers les peuples "premiers"

Comme le rappelle Nicolas Hulot, "il avait un amour incroyable pour les peuples premiers". 

En fait, précise Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture, "il a eu la grande ambition de faire connaître les autres civilisations, il était exceptionnel ouvert aux autres cultures. Il parlait de la fracture civilisationnelle, et c’était en écho à la monté de l’extrême-droite." 

"Le musée a été fait contre tous les conservatismes"

Jacques Chirac initie le projet dès son arrivée au pouvoir en 1995. Inauguré en juin 2006 en présence du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, de l’anthropologue français Claude Lévi-Strauss et d’autres personnalités étrangères, le musée aura mis 11 ans à voir le jour.

L’idée de départ était d’offrir aux arts de régions telles que l’Océanie, l’Afrique ou les Amériques une meilleure représentation en France.

En 2000, le président de la République veut introduire les arts primitifs au Louvre, il se heurte alors au directeur du Louvre peu favorable à les faire rentrer dans son institution. Le Pavillon des Sessions est finalement créé, au départ à titre temporaire, en guise de préfiguration du futur musée. Le pavillon fait désormais partie intégrante du musée du Louvre.

Après cela, les travaux sur le site du Quai Branly dans le VIIe arrondissement commencent en 2002.

Le département Océanie au Musée du Quai Branly
Le département Océanie au Musée du Quai Branly / Andreas Praefcke -Creative Commons

Conçu par l’architecte Jean Nouvel, le site d’une superficie totale de 40 000 m² regroupe collections permanentes, expositions temporaires et espaces dédiés à la recherche et à l’enseignement.

Au final, qu'ils proviennent des Dogons du Mali, des Hmongs du Laos ou des Kayapo d’Amazonie, les objets conservés au musée du Quai Branly sont le fruit d'une histoire commencée au XVIe siècle avec les cabinets de curiosité

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Le musée du Quai Branly
Le musée du Quai Branly / William Crochot / Wikimedia Commons

Le Louvre, de la pyramide à Abu Dhabi

Jacques Chirac  a eu à défendre e projet de la Pyramide du Louvre en tant que maire de Paris. Il a aussi décidé de la création d’un département dédié aux arts de l’Islam en 2002. L'ancien président est aussi à l'origine de l'installation d'un Louvre à Lens en 2004. L'idée était de permettre un meilleur accès aux collections nationales sur l'ensemble du territoire français. Il a lancé le projet du Louvre Abu Dhabi en mars 2007, en signant avec enthousiasme, en mars 2007, un accord accord intergouvernemental de coopération pour trente ans.

"Par toutes ses actions, Jacques Chirac s’est attaché à conforter la vocation universelle du musée du Louvre", souligne l'institution en réaction après son décès.

Le reste de son bilan en matière culturelle reste assez faible.

L'accès au patrimoine a été un chantier important au cours de son action, énoncé par Jacques Toubon en 1993, alors ministre de la Culture et de la Francophonie :

"La politique culturelle doit mettre l’accent non sur le développement de la production et de la création, mais sur l’élargissement du public."

En 2005, lors du référendum sur la Constitution Européenne, Jacques Chirac en profite pour affirmer l’importance de la culture dans sa politique. Il vante les mérites d'un traité qui maintient l'idée d'une exception française et autorise chaque état à définir sa propre politique culturelle. La diversité culturelle doit être selon lui un élément fondamental l’Union européenne.

Sur le front de l’aide à la création, les avancées ont été maigres. On retiendra surtout les grands conflits :

  • 2002 : Candidat à la présidentielle il s'était engagé à agir pour baisser la TVA sur le disque, mais ne l'a pas fait.
  • 2003 : Réforme du régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle, donne lieu à de grandes manifestations et interruption de festivals.

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