Au milieu des Caraïbes, la Jamaïque est devenue une exception absolue dans l’histoire de la musique.

Natty Dread Tony Wright 1975 peinture originale album de Bob Marley and The Wailers Natty Dread 1974 Island
Natty Dread Tony Wright 1975 peinture originale album de Bob Marley and The Wailers Natty Dread 1974 Island © Tony Wirght

Réunissant objets, images et films rares, l'exposition Jamaica Jamaica ! à la Philharmonie de Paris explore l'histoire de la Jamaïque et permet de comprendre comment la musique de cette île minuscule a rayonné de par le monde.

Laurent Goumarre et toute son équipe seront à la Philharmonie au cœur de l'exposition pour un Nouveau Rendez-vous plein de surprises lundi 3 avril.

Au milieu des Caraïbes, une île minuscule, à peine plus grande que la Corse, est devenue une exception absolue dans l’histoire de la musique, donnant vie à l’un des courants musicaux majeurs de la seconde moitié du XXe siècle.

Kingston 2015
Kingston 2015 © Sebastien Carayol

La Jamaïque est un iceberg tropical dont la partie émergée, le reggae de Bob Marley, dissimule une singularité qui va bien au-delà de la musique.

Trop souvent réduite à cette icône universelle, la musique jamaïcaine, aux ramifications aussi vastes que le jazz ou le blues, et aux racines remontant au temps de l’esclavage, trouve ses sources dans des formes traditionnelles héritées de la colonisation des XVIIIe et XIXe siècles.

Jamaica Jamaica !
Jamaica Jamaica ! © A. Boot Urbanimage tv

Cette exposition rend compte des multiples facettes de cette histoire relue au prisme des conflits postcoloniaux et des rencontres qui ont fait naître cette musique unique et universelle, depuis le reggae jusqu’aux musiques urbaines contemporaines (le DJ, le sound system, le remix, le dub…). Musique sacrée ou musique profane ? Rurale ou urbaine ? Bande-son pour les sages rastas ou pour les bad boys du ghetto ? Musique du monde ou musique mondialisée ?

L’exposition Jamaica Jamaica ! propose de rendre compte de cette histoire relue au prisme des conflits post-coloniaux et des rencontres qui ont fait naître un mouvement unique et universel où s’entrechoquent façon sound clash des noms tels que Bob Marley, Peter Tosh, Lee Perry, King Tubby, la Alpha Boys School, Haïlé Sélassié, Marcus Garvey mais aussi des styles musicaux aussi différents que le burru, revival, mento, ska, rocksteady, reggae, dub, dancehall…

Jamaique
Jamaique © Christopher Brown Magnum photo

►►► Principes de l’exposition

  • Un parcours chronologique et thématique en 7 parties retraçant l'évolution musicale et politique de la Jamaïque.
  • Une musique visuelle : le « mural art » des rues de Kingston, les pochettes de disques, les flyers, l’exubérance graphique des discomobiles de rue.
  • Une exposition qui présente la richesse d’une culture grâce aux prêts exceptionnels et inédits en Europe de nombreuses institutions jamaïcaines dont la National Gallery de Kingston (Mallica « Kapo » Reynolds, Evadney Cruickshank, Sidney McLaren, Karl Parboosingh…) et le Jamaica Music Museum.
  • Une exposition qui présente l’influence de la culture jamaïcaine sur la musique, le graphisme, la mode, l’art contemporain, en dehors de ses frontières (Tony McDermott, Xavier Veilhan, Nik Nowak, Beth Lesser, Patrick Cariou, etc.)

►►► Un fil conducteur, le street art de Danny Coxson

  • À Kingston, la musique ne s’écoute pas seulement : elle se dessine au pinceau depuis des décennies sur les murs de la capitale, sublimant des kilomètres de béton décrépit en cartographie des héros des studios que s’est choisie la rue jamaïcaine. Chanteurs, producteurs, ingénieurs du son mythiques : le « mural artist » Danny Coxson, né en 1961 à Trenchtown, les peint sans relâche depuis qu’un coup de machette lui a ôté trois doigts en 1991. Danny Coxson a été invité en tant que lauréat du programme de résidence « Visa pour la création 2017 » de l’Institut français, à peindre les cimaises de l’exposition Jamaica, Jamaica !Danny Coxson apportera son extraordinaire talent de street artist pour créer une oeuvre totale et éminemment jamaïcaine.

►►► Une exposition :

  • Commissariat de l’exposition : Sébastien Carayol
  • Scénographie : Encore Heureux
  • Graphisme : Agnès Dahan Studio
Nitty Gritty Jammy Studio 1985
Nitty Gritty Jammy Studio 1985 © Beth Lesser

Et retrouvez Une histoire du Reggae dans le Hors Série Les Inrocks en kiosque le 24 mars 2017

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