De retour avec un nouvel album "American Dream", le leader de LCD Soundsystem se confie sur sa passion pour l'idole de la pop. Deux destins qui n'ont pas cessé de s'entrecroiser.

James Murphy, leader de LCD Soundsystem
James Murphy, leader de LCD Soundsystem © Ruvan Wijesooriya

La légende dit que c’est David Bowie qui vous a décidé à reformer le groupe, c’est vrai ?

James Murphy : Je crois que c’est un peu sorti de son contexte. C’est juste une petite histoire. Nous parlions ensemble de son album The Next Day. Le fait qu’il l’ait sorti de façon si soudaine. Je lui ai dit que c’était super de pouvoir se permettre de faire ça. Et puis il se moquait de moi, il disait : « Moi, je n’ai pas pris ma retraite ! Je peux disparaître et revenir sans que ça heurte qui que ce soit ». C’est juste une petite histoire mais à un moment, c’est vrai, il m’a dit – à propos de la séparation de LCD Soundsystem - « Si tu ne te sens pas bien, fais en sorte que tu sois bien » . C’était une blague et ce n’est pas ce qui a fait que le groupe s’est reformé.

Vous n’avez finalement pas produit Blackstar , que s’est-il passsé ?

JM : Je ne savais pas que j’étais censé le faire. Tout ce que je sais c’est que Tony Visconti a dit dans une interview, que j’étais pressenti pour produire le disque. J’ai été abasourdi car c’était la première fois que j’entendais ça. Je ne sais pas quel aurait été mon boulot parce que Tony Visconti était aux manettes et j’ai juste parlé de musique avec Bowie. Il me disait « tu peux apporter des choses à ça » et je répondais « bien sûr ! » Je ne savais en fait pas trop bien quoi faire alors que le groupe et Tony étaient déjà là. Je ne sais pas trop bien gérer les équipes, ça me stresse. J’ai fait quelques trucs, j’étais là. Je faisais des suggestions ou je jouais un peu ici ou là. Mais je ne suis pas très bon dans ce rôle. Je repartais souvent dans mon studio pour faire mes propres versions des chansons et j’ai aussi été très occupé. J’ai eu un bébé.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

JM : Je l’ai rencontré la première fois quand je faisais l’album Reflektor d’Arcade Fire. Il est venu écouter et bavarder un peu. Ça a été très bref, juste « Bonjour, enchanté ». Et puis quand il est revenu il s’est excusé de ne pas m’avoir reconnu. Ce qui franchement n’était pas indispensable (rires). Et là il me dit « je suis un grand fan de ton travail ». Et là je lui réponds : « moi évidemment je suis un grand du vôtre et si vous avez écouté ma musique, tu te rendras compte que je n’ai cessé de vous piller ».

Et là il me répond : « Tu ne peux pas voler un voleur chéri ! ». C’était une personne généreuse et charismatique.

C’était d’autant plus incroyable que parmi les deux premiers 45 tours que j’ai acheté il y avait Fame. Et que lorsque nous nous sommes rencontrés, c’était dans le studio où il l’avait enregistré. L’endroit où j’ai fait les prises de voix de son apparition sur un des morceaux de l’album Reflektor d’Arcade Fire.

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