C'est un tournoi à 100 millions de dollars de dotation, et vous n'en avez peut-être jamais entendu parler : la coupe du monde de Fortnite, un e-sport pratiqué par 60 millions de personnes, débute ce samedi. Des centaines de joueurs vont s'affronter en réseau ces dix prochaines semaines, et la France a ses chances !

Stand du jeu Fortnite à la Paris Games Week 2018, le plus grand salon français du jeu vidéo.
Stand du jeu Fortnite à la Paris Games Week 2018, le plus grand salon français du jeu vidéo. © Radio France / Olivier Bénis

La somme mise en jeu est énorme, à la hauteur de l'engouement que suscite le jeu : les meilleurs e-joueurs de Fortnite vont se partager 100 millions de dollars, à l'occasion de la coupe du monde qui débute ce samedi, et qui doit durer dix semaines (à titre de comparaison, la coupe du monde de football était dotée en 2018 de 324 millions d'euros). 

Fortnite est un jeu vidéo qui se joue en réseau, où les joueurs ont pour mission d'être le dernier survivant sur une île, et dont le succès est planétaire : créé il y a moins de deux ans, il compte déjà 60 millions d'adeptes. Et ne vous avisez pas de penser qu'il s'agit simplement de prendre du bon temps. Pour les plus motivés, c'est un véritable sport.

Les Français ont leur chance dans cette compétition

Pour s'en rendre compte, il suffit de discuter avec les membres de Bastille Legacy, l'un des clubs tricolores, basé à Lille, qui envoie plusieurs joueurs à la compétition. Parmi eux, Sabri, 19 ans, a lâché ses études d'informatique l'an dernier pour devenir e-sportif professionnel. Il s'entraîne toute l'année à Fortnite, et ses exploits sont visibles sur les réseaux sociaux. 

Depuis quelques jours, il s'astreint à une alimentation plus saine et s'interdit les nuits blanches. "Je reste décontracté", confie-t-il, "je ne me lève pas à 8 heures, je me lève plutôt à midi. Je me réveille, je mange tranquillement, et je m'entraîne cinq à six heures par jour - quand je dis que je m'entraîne, c'est bien évidemment que je joue".

Pour le champion solo, un pactole de 3 millions d'euros à la clef

Pour l'accompagner dans le marathon qui démarre, son club e-sportif l'entoure de managers et de préparateur physique et mental. Pour Quentin Derroissart, le patron du club, "ce sont des séances d'entraînement type sportif ! Cela peut être juste la pratique d'un sport, mais aussi des sessions spécifiques pour entraîner les yeux des joueurs, des étirements, des entraînements de groupe, ou par exemple, dans le cas d'un duo, de leur apprendre à communiquer ensemble une fois qu'ils sont en jeu". 

Le club compte bien rentabiliser cet investissement grâce à la visibilité que la coupe du monde de Fortnite va lui apporter, et grâce aux gains mis en jeu par l'organisateur. Des sommes mirobolantes, auxquelles Sabri a du mal à croire. "Si on est qualifié juste une fois", rêve-t-il, "on gagne 25 000 euros et on est invité à New-York, pour la finale, avec le billet d'avion  payé. Rien que ça, je pense que ça fait un peu rêver."

Si Sabri se qualifie, rendez-vous, donc, à New-York fin juillet, avec à la clef trois millions de dollars pour le champion solo.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.