Didier Decoin, c’est d’abord une voix. C’est lui qui chaque année, posté en haut de l’escalier du restaurant Chez Drouant, annonce le nom du lauréat du prix Goncourt. Une mission dont il s’acquittait en sa qualité de secrétaire général de l’académie dont il devient le président

Didier Decoin
Didier Decoin © AFP / ALAIN JOCARD

Ses premiers mots de président ont été pour son prédécesseur Bernard Pivot : "Bernard a été un formidable président. Il a rapporté à l’Académie Goncourt une grosse part de respectabilité dont elle avait besoin et de transparence parce qu’il est un homme indiscutable." Sitôt le résultat de l’élection connu, l’ancien animateur d’Apostrophes a tweeté ses félicitations au nouveau président.

Par cinq voix contre trois à l’écrivaine Françoise Chandernagor, les académiciens ont fait le choix de la rondeur, d’une certaine bonhomie.

Entré à l'Académie en 1995

Didier Decoin, lui-même prix Goncourt en 1977 pour son roman John l’Enfer, est entré à l’Académie Goncourt il y a 25 ans. Il était alors directeur de la fiction de ce qu’on n’appelait pas encore France 2. "J’ai eu un coup de téléphone de Bazin [Hervé Bazin, ancien président de l‘Académie Goncourt NDLR]. On était en plein tournage et je me suis dit : 'Il faut que je me fasse une fête quand même'. Je suis allé dans le restaurant du village, qui était une sorte de PMU. Sur la carte, ce que j’ai trouvé de mieux, c’était des maquereaux au vin blanc… en conserve ! _Donc je me suis fait deux boîtes de maquereaux en conserve avec une demi-bouteille de Muscadet. Mais j’étais tellement content qu’ils m’ont parus délicieux._"

Tout Didier Decoin est dans cette anecdote. Quelle que soit la situation, il sort de sa besace des histoires truculentes. Il est d’ailleurs l’auteur du Dictionnaire amoureux du fait divers. C’est un homme qui ne perd jamais le cap (il est très fier de son titre de président des écrivains de marine). 

Prochaine mission, remplacer Pivot et Despentes

Il a toujours su conjuguer ses activités de romancier ou de scénariste avec des postes plus institutionnels. Aujourd’hui, il veut cultiver le rayonnement international du Goncourt. 

Une vingtaine de pays décernent un prix Goncourt à partir de la sélection initiale de romans établie en septembre. Et il souhaite préserver la bonne ambiance du groupe. "Parfois on sent une petite ligne de fracture se dessiner. Il ne faut pas. Je voudrais qu’on soit une équipe soudée". Que l’Académie Goncourt reste cette petite société où l’on aime lire, boire et manger.  

La première mission de Didier Decoin va consister à mettre ses camarades d’accord sur les noms des deux écrivains qui seront amenés à succéder à Bernard Pivot et Virginie Despentes, démissionnaires. On connaître les noms des deux nouveaux jurés le 11 février prochain. 

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