Jean-Jacques Pauvert  dans sa maison de Rayol Canadel
Jean-Jacques Pauvert dans sa maison de Rayol Canadel © MaxPPP/Nice Matin/Philippe Arnassan

Écrivain, éditeur –notamment de l'intégrale de Sade- Jean-Jacques Pauvert est mort samedi à 88 ans. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a rendu hommage à un "audacieux défenseur de la liberté, se défiant de toute censure".

Né en 1926, engagé dans la Résistance, il fait à 16 ans de la prison en Allemagne. Puis il entre chez Gallimard comme apprenti-vendeur -ses études médiocres ne lui permettent pas mieux-. Lui qui adore lire va découvrir se découvrir amoureux des livres.

La carrière d’éditeur de Pauvert commence à 19 ans avec un texte de Jean-Paul Sartre.

C’est à 21 ans que celui qui a découvert avec éblouissement et fascination les Cent Vingt Journées de Sodome durant la deuxième guerre mondiale, décide publier intégralement l’oeuvre du marquis de Sade en revendiquant le nom de l’éditeur sur la jaquette –ce qui ne s’était jamais fait-. Ça lui vaudra un procès de sept ans, début d'une carrière tumultueuse.

Sade a été la grande rencontre de mon existence

> (Ré)écoutez Jean-Jacques Pauvert évoquer sa "rencontre" avec Sade dans l'heure des rêveurs de Zoé Varier. Il s'agit du dernier entretien que l'éditeur ait accordé.

Sur Sade il écrira, longtemps après, plusieurs ouvrages. Il sera aussi l'auteur d'une Anthologie historique des lectures érotiques, de l'Antiquité à nos jours , parue en cinq volumes, chez Stock, de 1979 et 2001.

En 1954, il publie Histoire d'O, encore une histoire érotique au parfum de sadomasochisme, écrit par une mystérieuse Pauline Réage. On sait aujourd'hui que ce roman a été écrit par Dominique Aury, qui fut secrétaire générale de la Nouvelle Revue française (NRF).

A la fin des années 60, Pauvert est patron d'une importante maison, puis d'une deuxième, puis d'une librairie qui vend par correspondance dans le monde entier. Il relance la carrière d'un auteur qu'on ne lisait plus guère : Boris Vian, édite Malraux, Aymé, Gide, Queneau puis André Hardellet ou Albertine Sarrazin. Il a été le dernier éditeur d'André Breton et a sorti Georges Bataille de la clandestinité. Parallèlement, il a lancé de surprenantes maquettes de livres et une nouvelle édition du Littré.

Traîné en justice, privé de ses droits civiques, il mettra 11 ans à faire admettre à la justice que Sade est un écrivain et qu’on peut le publier.

En 1973, il a cédé la majorité du capital de sa maison à Hachette avant de se retirer définitivement en 1979 et de s’installer près du Lavandou.

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