La Sirène, bibliothèque numérique patrimoniale de la Ville de Versailles met en avant les photos d'une femme de la fin du XIXe, Jenny de Vasson. Cette femme indépendante et amatrice de photographie a vécu dans l'Indre, à Fougerolles et à Versailles.

Jenny de Vasson et une amie, Issoudun, Indre, vers 1900, tirage sur papier
Jenny de Vasson et une amie, Issoudun, Indre, vers 1900, tirage sur papier © Jenny de Vasson / Gilles WOLKOWITSCH ​

La Sirène, bibliothèque numérique patrimoniale de la Ville de Versailles, est le nouveau portail qui donne accès à l’ensemble des collections numérisées, ouvrages et objets anciens et précieux, conservés à la bibliothèque municipale de Versailles. Parmi ses trésors figure notamment un livre très richement illustré de Charles Perrault, qui témoigne de la dernière grande parade chevaleresque sous Louis XIV. Ce livre est un véritable monument historique. 

On y découvre aussi, une exposition virtuelle qui permet de découvrir l'histoire et les photos de Jenny de Vasson.

Maîtrise technique, regard original, Jenny de Vasson appartient à l'histoire de la photographie de la fin du XIXe siècle, à ce moment où les familles aisées s'emparent de cette nouvelle technique, pour en mesurer les possibilités, à l'image du pharmacien Hippolyte Blancard qui a immortalisé la construction de la tour Eiffel et les pavillons de l'Exposition universelle de1889.  Jenny de Vasson est une jeune femme curieuse, qui s'instruit par tous moyens, vit dans une famille où se croisent intellectuels, poètes et artistes. Célibataire, peut-être complexée par sa silhouette empâtée, elle déploît toute son énergie à étudier, expérimenter, s'intéresser aux artistes qui l'entourent.

Le peintre Bernard Naudin faisant un portrait de Nanessy de Vasson en 1903 à Fougerolles
Le peintre Bernard Naudin faisant un portrait de Nanessy de Vasson en 1903 à Fougerolles / Photo de Jenny de Vasson / © G. Wolkowitsch

Jenny de Vasson est née dans le Berry, où sa famille fréquente George Sand. Son père antidreyfusard, et proche de nombreux poètes et artistes de la fin du XIXe siècle, lui donne l’occasion de se lier d’amitié avec certains d’entre eux, comme par exemple André Maurois. 

Pour Jenny, l’histoire avec la photographie commence en 1899. Elle acquiert son premier appareil et  installe un laboratoire à l’abbaye de Varennes à Fougerolles dans l’Indre.

Les quatre amies (Issoudun 1905) et Autoportrait à l'ombrelle (1906)
Les quatre amies (Issoudun 1905) et Autoportrait à l'ombrelle (1906) / Jenny de Vasson /©Wolkowitsch

En moins de quinze ans, Jenny fait, appareil photo sur pied, une vingtaine de voyages en France et en Europe. Elles fait des photos de familles, très posées, ou bien des petites mises en scènes, mais aussi des photos presque prises sur le vif, dans la rue, sur des chemins, où les personnages sont en mouvement. Certaines images font penser à la spontanéité, plus ou moins réelle, de celles d'un Robert Doisneau. Pour elle, en tout cas, il semble qu'il était important de fixer le moment, un souvenir, plutôt que la beauté d'un paysage. 

Promenade quelque part en France (vers 1905)
Promenade quelque part en France (vers 1905) / Jenny de Vasson/ ©G. Wolkowitsch

De Vasson a fait brûler tous ses manuscrits et autres travaux avant de mourir en 1920, considérant, semble-t-il, qu’ils ne méritaient pas de lui survivre. Elle n’a pas détruit les photos car elle lui semblaient avoir une dimension plus affective et personnelle. Une grande partie des photos ont disparu lors du pillage de la résidence d’hiver des Vasson à Versailles, en juin 42. Ce n’est qu’en 1980 que les photos restées à Fougerolles sont découvertes le photographe Jean-Marc Zaorski. C’est un fonds de 5 000 plaques et négatifs avec des photos représentant des paysages et de portraits de Berrichons ou Versaillais. Ceci fait d'elle l'une des première femme de l'histoire de la photographie dont on possède un fonds aussi riche. Le musée d'Orsay conserve une dizaine de ses tirages originaux de Jenny mais ce n'est qu'en 2019 que le musée de Châteauroux lui consacra une exposition d'une centaine d'œuvres, et ce n'est en 2020 que la ville de Versailles en fit de même. La Sirene permettra donc d'avoir recours à son histoire en permanence. 

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