Depuis les tous premiers jeux Assassin's Creed - dont Brotherhood et Revelations, sans oublier le tout dernier Opus, Valhalla - vivre à l'ère des Vikings, durant la Troisième croisade, la Renaissance italienne ou la Constantinople ottomane, n'a jamais semblé aussi réaliste. Rien de mieux pour réviser son histoire !

Image extraite du tout dernier jeu "Assassin's Creed Valhalla". Ici le personnage Eivor naviguant un drakkar, un bateau viking
Image extraite du tout dernier jeu "Assassin's Creed Valhalla". Ici le personnage Eivor naviguant un drakkar, un bateau viking © Ubisoft 2020

Assassin's Creed Valhalla (2020) : l'ère des Vikings en Angleterre

C'est le tout dernier jeu que vient de sortir la licence. Départ avec son personnage Eivor, pour l'Angleterre du IXe siècle, durant les invasions Viking sur le point de faire tomber l'Angleterre anglo-saxonne. Plusieurs royaumes tombent en ruine suite à leurs raids et le jeu invite à retracer leurs rivalités face au roi Alfred le Grand et les quatre royaumes anglo-saxons : Wessex, Northumbrie, Est-Anglie et Mercie

C'est une série de raids qui se soldent par un compromis divisant l’Angleterre en deux, le Sud-Ouest revenant aux Anglo-Saxons et le Nord-Est aux Danois, ces derniers finissant par évacuer le Wessex et l’Ouest de la Mercie. C'est un moment charnière qui marque un grand retournement dans les rapports de force des deux camps opposés.

En réalité, les vagues d'expansions des Vikings (peuples issus de la Suède, la Norvège, le Danemark actuels) commencent au VIIIe siècle et touchent toute l'Europe à commencer par la France de Charlemagne bientôt affaiblie par la crise de succession qui opposent ses fils. Loin d'être soudains, ces raids répondent à des motifs similaires à ceux des invasions barbares au tout début du Moyen-âge sauf que les Vikings commercent avec les territoires frontaliers et proches de la Scandinavie. Loin d'être exclusivement liées à des raisons climatiques, les Vikings ont connu un développement démographique tel que de nouvelles terres étaient nécessaires pour continuer à accroitre leur puissance militaire et commerciale. C'est une époque marquée par la disparition progressive des religions païennes héritées de l'Europe antique et le développement de la Chrétienté. L'Angleterre en est un très bon exemple et le jeu fait ressortir ce rapport de force entre les deux religions qui cohabitent.

Le jeu, comme avec Origins et Odyssey, invite le joueur à plonger dans la découverte de la mythologie de la civilisation scandinave : toutes leurs croyances, leurs significations et son impact sur les mœurs des vikings, les pratiques en société, l'organisation militaire. Le joueur a l'occasion de découvrir tous les dieux référents, Odin, le roi des dieux, Freya, la déesse de l'amour et des batailles, leurs lieux emblématiques comme Asgard, la demeure de tous les Dieux à laquelle le terme Valhalla fait directement référence, car c'est là où reposent, selon la légende, tous les soldats vikings morts au combat et dont la récompense était de reposer auprès d'Odin jusqu'à l'avènement du Ragnarok, la bataille de la fin des temps. 

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Assassin's Creed (2007) : en pleine guerre des Croisades

Nous sommes transportés au XIIe siècle, en plein cœur de la troisième guerre des Croisades, qui débute en 1189 et s'achève en 1192. Un conflit qui implique une coalition entre plusieurs souverains de monarchies occidentales comprenant les armées croisées de Frédéric Barberousse, empereur germanique, Philippe Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, afin d'occuper Jérusalem et ses multiples lieux saints et éviter que le sultan d'Egypte et de Syrie, Saladin, ne réinvestisse Jérusalem. Elle se solde par le célèbre traité de Jaffa, la victoire significative et stratégique des forces armées ayyoubides de Saladin qui réinvestit Jérusalem. 

Pour ce tour premier opus qui inaugure la licence Assassin's Creed, le joueur parcourt les villes de Jérusalem, Acre et Damas, en Orient, ce sont les trois premières villes reconstituées comme si on y était, du moins à travers les aventures du personnage central que nous interprétons pour l'occasion, et qui reste, pour de nombreux fans, le symbole de tous celles et ceux qui auront appartenu.e.s au fameux crédo fictif des Assassins : Altaïr. Membre de la confrérie secrète éponyme pour laquelle tous les membres que nous incarnons, dans la série de jeux, combattent dans l'ombre leurs grands rivaux que sont les Templiers. Tout l'enjeu et l'intrigue de la licence reposent sur leur confrontation et leur vision (fictive) profondément antagoniste du monde.

Nous sommes, ici, en 1191 et Ubisoft, au-delà du simple univers chevaleresque dans lequel nous sommes plongés, donne à découvrir la vie en société dans ces trois villes de l'époque, un espace historique central, véritable carrefour de civilisations et de cultures qui ont toujours composé ensemble. Le jeu est l'occasion de faire du tourisme virtuel dans la Jérusalem de la fin du XIIe siècle, d'approcher le patrimoine culturel de cet espace considéré comme sacré et autour duquel circulent les fidèles des trois religions monothéistes tout au long du jeu.

Image extraite du jeu "Assassin's Creed", 2007, ici dans la ville d'Acre reconstituée
Image extraite du jeu "Assassin's Creed", 2007, ici dans la ville d'Acre reconstituée / Ubisoft

Admirez le Dôme du Rocher aussi connu sous le nom de l'Esplanade des mosquées, que les compétences physiques d'un membre du crédo des assassins vous permettent de gravir très facilement. À son sommet vous atteignez l'un des points les plus culminants de la carte, offrant un panorama de la ville de Jérusalem. Vous avez la possibilité de rencontrer l'Église du Saint-Sépulcre, d'autres nombreuses églises et synagogues dont la plus ancienne peut-être de la ville, la synagogue karaïte Anan Ben David. Dans les trois villes, sont reproduits de nombreux lieux de cultes catholiques, juifs et musulmans, notamment la grande mosquée Omeyyade de Damas au sein de laquelle repose encore aujourd'hui le tombeau du chef Saladin. 

Que vous soyez dans l'une des trois villes, la production d'Ubisoft n'oublie pas de souligner les moindres détails architecturaux des bâtiments sur lesquels il est possible d'escalader, et où sont gravés les traces mêmes du contexte dans lequel s'inscrit le jeu comme les ruines reconstituées pour traduire les combats que se livrèrent alors croisés et musulmans pour la conquête de la zone. Chaque endroit présente aussi une palette de couleurs différentes pour mieux souligner les espaces spirituels, les espaces publics, les places fortes, les habitations, les commerces artisans etc. Jérusalem est celle qui présente le plus de lumières pour symboliser principalement la diversité des cultures ancestrales qui habitent depuis toujours ce lieu considéré comme saint. 

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Assassin's Creed 2 (2009) : Renaissance à Florence et Venise

Dans son second opus, Ubisoft nous emmène aux côtés de Ezio Auditore da Firenze, membre de l'aristocratie florentine qui, après quelques mauvaises aventures, se voit rejoindre l'ordre des Assassins. Nous voici plongés en plein cœur de la Renaissance italienne, à la fin du XVe siècle, et tout particulièrement là où commence le foisonnement artistique et scientifique propre à la plus grande révolution des savoirs de l'histoire, la cité de la République de Florence. Elle est, à cette époque, l'une des villes les plus rayonnantes et puissantes du monde, soit le plus grand carrefour et marché d'art de la Renaissance

C'est là où tout commence, où la pulsion culturelle propice aux plus grandes découvertes en matière d'inventions artistiques, techniques et scientifiques émerge. À tel point que l'Italie, à l'époque, mène une guerre interne, avec elle-même, entre cités-Etats interposées. Loin d'être contrôlée par une seule instance de pouvoir sous l'égide de laquelle toutes les cités-états ne feraient qu'une, l'Italie ressemble à un grand manteau d'Arlequin de régions indépendantes les unes des autres. Florence en est une, formant un État et une civilisation locale à parts entières, de même que Venise

Une photo extraite du jeu "Assassin's Creed II" illustrant son personnage Ezio Auditore à Venise, 2009
Une photo extraite du jeu "Assassin's Creed II" illustrant son personnage Ezio Auditore à Venise, 2009 © Maxppp / EFE / Newscom

Florence voit émerger les premières grandes figures humanistes, mécènes, artistes, peintres, ingénieurs, inventeurs au premier rang desquels Léonard de Vinci, le peintre de la Cène et de la Joconde, qui joue un rôle majeur dans ce second volet. Cette relation particulière qu'il noue avec Ezio, lui confectionnant une partie de son arsenal d'assassin, permet de traduire cet esprit d'invention, d'érudition des maitres-artisans de l'époque. Cet opus rend également compte de l'instrumentation de l'art au service de la représentation du pouvoir entre princes italiens locaux. 

À la différence des autres villes, la Florence reconstituée est rayonnante de couleurs et affiche très peu de couleurs sombres. L'art architectural est aussi authentique qu'il dissimule les entreprises les plus fallacieuses et cupides de l'époque par l'aristocratie princière italienne. Notamment la puissance de la riche famille de banquiers des Médicis dont le leader n'était autre que Lorenzo de Médicis, employant le service des plus grands artistes occidentaux pour la représentation de son pouvoir, non sans susciter à son égard l'orgueil des autres familles nobles, notamment celle des Pazzi, des Strozzi, ou le Vatican

Parmi les sites reconstitués que nous pouvons admirer, la cathédrale Santa Maria Del Fiore et son clocher avoisinant, centre religieux des Florentins, dont la splendeur et les dimensions dépassaient toute émulation architecturale. Il est possible de venir se percher sur son magnifique dôme autoportant pensé et construit sous les instructions de l'architecte Filippo Brunelleschi qui a laissé là sa plus grande contribution artistique, car c'est le premier dôme moderne de l'histoire. L'Eglise de San Lorenzo et de Santa Maria Novella sont elles aussi présentes, ainsi que le palazzo Vecchio à l'aspect médiéval avec sa tour décentrée et ses remparts crénelés, ou encore la basilique franciscaine de Santa Croce pour ne citer qu'eux. 

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Assassin's Creed Brotherhood (2010) : Renaissance à Rome

Dans le troisième opus, Brotherhood, le contexte historique est le même, à la seule différence que nous sommes à Rome au tout début du XVIe siècle qui, comme toutes les autres cités-Etats italiennes dispose de sa propre influence politique. Sa puissance est d'autant plus hégémonique qu'elle découle directement de l'autorité du Vatican, du Pape lui-même tant nous sommes dans le giron des fameux Etats pontificaux

Le jeu traduit extrêmement bien l'emprise de la très célèbre famille noble des Borgias, d'origine espagnole. On y rencontre les personnages politiques les plus emblématiques. Nous rencontrons Catherine Sforza qui a réellement été emprisonnée après avoir été accusée de tentative d'empoisonnement de Rodrigo Borgia, vice-chancelier du Vatican, réputé corrompu, devenu pape sous le nom de Alexandre VI. On y rencontre ses fils Césare et Govianni Borgia, le premier prenant la tête des armées du Pape, non sans étendre son influence sur le reste de l'Italie. C'est aussi durant cette période qu'officie celui qui est sans doute le plus grand théoricien de la politique et de la guerre de l'histoire, grand fonctionnaire au service de la République de Florence Nicolas Machiavel et son œuvre "Le Prince". Le jeu lui prête le rôle d'un espion-assassin assumé, secret, sournois, comploteur.

Quant au cadre architectural, vous l'avez l'occasion de pénétrer dans des bâtiments symboliques de la période romaine antique. C'est d'ailleurs en cela que la Renaissance romaine s'est profondément démarquée de ses autres cités rivales. Vous pouvez admirer l'amphithéâtre Flavien (le Colisée) qui date du Ier siècle ap. J.-C, le Parthénon qui date du Ier siècle av. J.-C. converti ensuite en Eglise, la basilique Saint-Pierre, la plus grande église au monde à l'époque avec en son cœur la sublime chapelle Sixtine qu'il est possible de contempler virtuellement, mais sans la possibilité de s'émerveiller face au célèbre plafond réalisé par le sculpteur Michel-Ange, ni son immense fresque du jugement dernier qui n'est pas encore commencée à l'époque, il y a aussi le château Saint-Ange qui servait alors de place forte au Vatican. C'est peut-être la première fois que le jeu offre une aussi vraie diversité environnementale.

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Assassin's Creed Révélations (2011) : Renaissance ottomane à Constantinople

Dans Assassin's Creed Révélations, nous sommes en pleine Renaissance Ottomane, toujours au début du XVIe siècle mais dans la ville qui a sans doute rencontré le plus grand choc de civilisations de la période après que les Ottomans, sous l'autorité du sultan Ottoman Mehmed II, l'aient arrachée à l'empire byzantin (ou empire romain d'Orient), provoquant la chute définitive de cet empire millénaire en 1453. C'est la célèbre chute de Constantinople, déposant avec elle, son dernier empereur byzantin, Constantin XI Paléologue. Elle est la ville la plus cosmopolite qu'ait reconstituée la licence, au croisement de deux civilisations (musulmane et chrétienne) qui commencent par s'entrechoquer et finissent par composer magnifiquement ensemble, affichant une culture artistique et architecturale extrêmement diversifiée

Elle est pour l'époque le carrefour d'un multiculturalisme qui ne dit pas son nom, sur le détroit du Bosphore, espace frontalier entre l'Europe et l'Asie. La ville conjugue les mœurs d'une Cité-Etat qui a été greco-païenne, chrétienne byzantine puis ottomane musulmane. Nous pouvons admirer l'Eglise devenue ensuite mosquée, Saint-Sophie et son espace ouvert massif à l'intérieur qu'il est possible d'arpenter ; la mosquée du Conquérant construite en honneur au sultan Mehmed II, entre 1463 et 1470, munie de son éternel grand dôme flanqué de ses mini-coupoles, ou encore la mosquée Bayezid II, le Palais de Topkapi, et ses magnifiques jardins, la résidence impériale du sultan ottoman construite sous l'autorité de l'empereur Mehmed II suite à la prise de Constantinople.

Nous rencontrons le neveu du dernier empereur byzantin défunt, Manuel Paléologue, prétendant au trône impérial mais qui y renonce tout naturellement tant il n'a jamais vécu à Constantinople que sous l'ère ottomane. Le sultan Bayezid II a pris soin de lui offrir des terres et un certain nombre de richesses pour acheter sa soumission et être certain qu'il ne nuise pas à la légitimité du pouvoir ottoman nouvellement établi. Impossible de ne pas citer cet autre grand personnage historique, haut en couleurs, ottoman, qui figure dans le jeu, voué à de grands accomplissements en tant que futur sultan. Dans le jeu, Soliman le Magnifique n'est encore qu'un jeune prince, sa famille est en pleine émulation face aux rivalités claniques, fraternelles soucieuses de s'emparer de la légitimité du pouvoir. Soliman devient à 26 ans l'un des monarques les plus éminents du XVIe siècle, conduisant l'empire à l'apogée de sa puissance militaire et culturelle, et ce durant 46 années de règne. 

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