Journées du patrimoine, l'envers du décor : cherchez les femmes ! Jeu de piste dans Paris, pour retrouver quelques femmes qui ont fait l'Histoire.

L'affiche  Matrimoine
L'affiche Matrimoine © HF Ile de France

Elles veulent montrer la face cachée du patrimoine, non pas l'héritage des pères (de la nation, de l'architecture, etc.) mais celui des "mères", à savoir les traces, trop mal entretenues, des femmes qui ont œuvré au profit de tous, et méritent autant de reconnaissance que les hommes. Elles, ce sont les membres de l'association HF Île-de-France, qui à Paris, pour ces Journées du patrimoine, organisent des visites dans les musées, à la recherche des artistes femmes méconnues, et des parcours dans la ville.

Pour Édith Vallée, conceptrice de ces parcours pour HF Île-de-France, il s'agit de montrer que les femmes du passé sont tellement nombreuses, que ce serait se priver d'une moitié de notre socle culturel que de ne plus y penser. "Ce qui est remarquable c'est que les vieilles pierres nous ne pouvons plus les entendre nous parler des femmes qui les ont côtoyées à cause du discours ambiant, toujours branché sur la vie de hommes", précise-t-elle.

Par exemple, Pernelle Flamel a financé avec son mari Nicolas, le portail ouest de la tour Saint-Jacques. Ces deux-là, en tant qu'alchimistes, ont cherché la panacée, pour soigner et gagner l'immortalité, ainsi que fabriquer un homoncule, un petit homme (et la sciences d'aujourd'hui est en train de réaliser tout cela). Pernelle a mis la main en Espagne sur un grimoire qui lui a permis, avec son époux, de retrouver le secret de l'immortalité. "Notre parcours permet de redécouvrir quelques secrets comme celui des sorcières. Les sorcières, c'est très intéressant, car en fait on leur reprochait de soigner par les plantes, efficacement, alors que les messieurs qui étudiaient la médecine ne savaient que pratiquer les saignées et les purges. On leur reprochait aussi parce qu'elles savaient être en réseau, elles suscitaient le désir masculin, et surtout de contrecarrer le projet divin (punir par la maladie)", explique Édith Vallée.

Cliquez et naviguez sur le plan de Paris pour retrouver des femmes remarquables
Cartographie interactive établie avec le concours d'Edith Vallée, membre d'HF Île-de-France

Carte Interactive, cliquez sur l'image pour aller naviguer sur le plan de Paris à la recherche de femmes remarquables
Carte Interactive, cliquez sur l'image pour aller naviguer sur le plan de Paris à la recherche de femmes remarquables © Radio France / Christine Siméone

L'effet Matilda, le cache-sexe de la science ?

Ces déambulations dans Paris permettront aussi de découvrir les femmes scientifiques victimes de l'effet Matilda, du nom de la féministe américaine Matilda Joslyn Gage qui, à la fin du XIXe siècle, repéra que les découvertes des chercheuses avaient une forte tendance a être attribuées à leurs collègues masculins. L'exemple le plus connu est celui de Rosalind Franklin, qui a repéré la première la forme hélicoïdale de l'ADN, découverte qui a valu un prix Nobel à Maurice Wilkins à James Dewey Watson.

Edith Vallée confirme :

C'est vrai que les femmes ne savent pas toujours défendre leurs propres découvertes. (...) Pensons à la fille de Marie Curie, Irène Joliot-Curie, elle détient tout de même deux prix Nobel. Elle est largement moins citée que d'autres hommes.

Les musées s'y mettent aussi

Après avoir répandu la notion de Matrimoine, HF a convaincu certains musées ou institutions de mettre en avant leur patrimoine au féminin. Le Petit Palais, à Paris, proposera par exemple de découvrir les pionnières de l'impressionnisme. Le musée d'Orsay, le Jeu de Paume, le musée Carnavalet, ou le MAC VAL (Vitry-sur-Seine) participent également à l'opération.

Tout le programmes des parcours et des visites Matrimoine

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