Elles ont les sujets les plus variés : des légumineuses à l’épilepsie, de la radio au "112"... A l’image des saints ou des fêtes des calendriers autrefois, les journées internationales rythment l’année. D’où viennent ces journées thématiques ? Qui en décide ? Et surtout : à quoi servent-elles ?

Les journées mondiales
Les journées mondiales © Getty / Martin Barraud

Des journées internationales depuis 73 ans 

Il existe des journées internationales de vraiment tout : des casques bleus, des abeilles, du câlin… Décidées par l'ONU depuis en 1947, elles mettent un coup de projecteur sur un thème problématique pour lequel tout le monde a été, est ou sera concerné. 

En 2021, ces journées sont au nombre de 159. 

Et environ une soixantaine sont organisées par l''Unesco (l'Organisation des Nations-Unies pour l'éducation, la science et la culture). A leurs côtés, il existe aussi des semaines internationales et des années internationales, et même des décennies thématiques. 

Il existe également des journées moins officielles. Portées par des particuliers ou des groupes de particuliers, elles connaissent un certain engouement. La journée du câlin aurait été inventée par un révérend américain. Elle existerait depuis 1986 et a pour but d'attirer la population sur la nécessité et les bienfaits des contacts humains.

Attirer l'attention sur un sujet ou sur un autre

Si certains thèmes, comme l’aide humanitaire, la jeunesse ou les réfugiés, semblent évidents et font partie du champ d’action des Nations Unies, d’autres sujets peuvent paraître curieux, même si le fond est très sérieux. 

La Journée des toilettes met ainsi en lumière les conséquences du manque d’assainissement pour près des deux tiers des habitants de la planète. 

La Journée des abeilles souligne à quel point la production agricole mondiale est dépendante de ces pollinisateurs de plus en plus menacés par les activités humaines.

Et pour la Journée mondiale pour l'élimination de la fistule obstétricale (le 23 mai), la résolution cite "les liens entre la pauvreté, la malnutrition, l'absence, l'insuffisance ou l'inaccessibilité des services de soins de santé, la maternité précoce, le mariage des enfants, la violence contre les jeunes femmes et les filles et la discrimination sexuelle comme causes profondes de la fistule obstétricale, et le fait que la pauvreté reste le principal facteur de risque social". 

Les Journées les plus importantes, et les plus connues, sont : la Journée internationale des femmes (8 mars), à ne pas confondre avec la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre). La Journée mondiale de l'environnement (5 juin), comme la Journée mondiale de l'eau (22 mars), qui s'intéressent à l'écologie. Le 20 novembre met en valeur l'enfance. Et le 21 septembre célèbre la Paix.  

Des journées décidées par consensus 

Ces journées font partie de l'arsenal classique de sensibilisation et surtout de mobilisation des Etats et du secteur privé autour d'une cause. Elles s'adressent à tous les pays, leurs médias et leurs population.

Déclarer qu'une journée de l'année sera dédiée à une cause précise se fait à l’Assemblée générale de l’ONU sur proposition des États Membres. Souvent c'est un pays ou un groupe de pays qui s'empare d'une question et la fait voter, en espérant qu'elle devienne une véritable cause internationale.  

La dernière a été décrétée en décembre 2020 : le 27 décembre est désormais la journée internationale de la préparation aux épidémies.

La résolution encourage les 193 états membres à organiser "des activités d'information et de sensibilisation, afin de souligner l'importance de la prévention des épidémies, de la préparation et de la conclusion de partenariats pour y faire face". Mais le texte n'a pas de valeur contraignante. 

Ces Journées n'ont pas la même importance d'un pays à l'autre 

Matthieu Guevel, responsable de la communication à l'Unesco à Paris explique : "Le 16 octobre est la journée du quinoa. Elle passionne en Amérique du Sud. Cette plante originaire de cette région du globe pourrait, par son apport énergétique, être à l'avenir une solution au problème de la malnutrition. Mais elle intéresse beaucoup moins en Europe. De même, la journée de la mangrove a du succès dans les pays qui sont pourvus de cet écosystème de marais maritime, mais pas les autres." 

Et la journée de la poésie est un temps fort sur les réseaux sociaux en Amérique du Sud… 

Un moyen diplomatique léger d'agir, de se faire connaître ou de collaborer entre États 

Ces journées accompagnent les politiques diplomatiques des Etats. Pour Matthieu Guevel  : "La Journée internationale de l'océan permet effectivement à plusieurs délégations d'organiser en communs des symposiums, et des actions. Mais elle est aussi un outil diplomatique pour certaines délégations qui, grâce à elles, peuvent se mettre en avant. De façon traditionnelle, la principauté de Monaco est extrêmement active sur ce domaine de l'océan et donc, à chaque journée dédiée, le pays s'empare du sujet.

La France, active sur le droit des femmes dans sa diplomatie, mais aussi dans ses relations internationales, est en en première ligne de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars. 

Tout comme le Japon est très actif le 11 février pour la Journée internationale des filles et des sciences. La Journée internationale de la langue maternelle a été développée par le Bangladesh… 

Tandis que la Journée internationale du jazz est surtout portée par les Etats-Unis." 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'idéal serait que ces journées disparaissent 

Une fois une cause gagnée, la journée pourrait disparaitre. Mais aucun audit n'est réalisé sur la portée de telle ou telle journée internationale. Et, surtout, certains problèmes résistent. Matthieu Guevel reconnait : 

"La journée internationale de l'alphabétisation, datée au 8 septembre, existe depuis 1966. Or, il y encore 800 millions d'analphabètes dans le monde, et la majorité sont des femmes et on n'arrive pas à faire diminuer ce chiffre". 

Aller plus loin 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix