C'est le plus gros succès de l'histoire du cinéma : "Autant en emporte le vent", réalisé par Victor Fleming en 1939, va être enrichi d'une séquence de contextualisation pour expliquer les "préjugés racistes" présents dans le film. En attendant, la plateforme HBO Max l'a provisoirement retiré de son catalogue.

Scarlett O'Hara (Vivian Leigh) dans son domaine, très romantisé, de Tara, dans le film Autant en emporte le Vent
Scarlett O'Hara (Vivian Leigh) dans son domaine, très romantisé, de Tara, dans le film Autant en emporte le Vent © Getty / John Springer Collection

Sorti en 1939, le film Autant en emporte le vent n'est aujourd'hui plus disponible sur l'une des plateformes de streaming aux États-Unis. Propriété du groupe Warner Media, lancée fin mai, HBO Max a décidé, sur fond de mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières, de retirer le film de Victor Fleming, adaptation du roman de Margaret Mitchell, de son catalogue. 

Fresque historique de 3h58, le film est "le produit de son époque et dépeint des préjugés racistes qui étaient communs dans la société américaine", selon un porte-parole de HBO Max. Le retrait n'est pas définitif, mais le film sera remis en ligne, accompagné d'une séquence de contextualisation permettant de resituer le film dans son époque :

Maintenir ce film sans explication et dénonciation de cette représentation aurait été irresponsable.

Les débats autour de la pertinence historique du film, plus gros succès de l'histoire du cinéma (3,44 milliards de dollars de recettes si l'on tient compte de l'inflation, soit plus que Avengers : Endgame), ne sont pas nouveaux : ce long-métrage est considéré comme le principal instrument du révisionnisme sudiste et de l'idéologie de la "Cause Perdue" ("Lost Cause"). 

Dans cette vision de l'Histoire, pendant la guerre de Sécession, les états du Sud se sont battus pour leur indépendance politique et non pour le maintien de l'esclavage. Dans le film, la vision du Sud est romantisée et l'image de l'esclavage très édulcorée. Lors de son adaptation sur scène, en France, au début des années 2000, l'histoire avait été enrichie de séquences mettant en avant la condition difficile des esclaves. 

En 2017 déjà, après les affrontements entre membres de la droite extrême et manifestants antiracistes à Charlottesville, un cinéma de Memphis avait décidé de déprogrammer sa projection annuelle de ce classique du cinéma. Pour l'heure, le film aux dix Oscars est toujours disponible sur d'autres plateformes. En France, il sera projeté le 23 juin 2020 dans une version restaurée, au Grand Rex, à Paris.

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