Thomas Lilti, le réalisateur d'"Hippocrate", fait partie du jury du festival Séries Mania cette année. À ses côtés dans ce jury, Julianna Margulies, alias Carol Hathaway de la série "Urgences". Pour le réalisateur-médecin, c'est un hasard heureux.

Julianna Margulies et Thomas Lilti, le soir de l'inauguration du festival Séries Mania
Julianna Margulies et Thomas Lilti, le soir de l'inauguration du festival Séries Mania © Getty

Dire que le parcours de Thomas Lilti est atypique est un doux euphémisme. Etudiant en médecine, il réalisait des courts métrages qu'il présentait dans des festivals. Puis il est devenu médecin généraliste. Lorsqu'il a réalisé son premier long métrage, il a continué à exercer la médecine générale.  Ce n'est que très récemment, le succès venant, qu'il a abandonné son cabinet. 

Ceci dit, il n'a pas totalement quitté le milieu médical puisque ces trois derniers longs métrages y sont consacrés.

D' "Urgences" à "Hippocrate"

2014 : Après un long métrage et quelques scénarios, Thomas Lilti décide de situer l'histoire de son nouveau film, Hippocrate, dans un milieu qu'il connait bien : l'hôpital. Le film est un succès commercial et critique ; il lui vaut trois nominations aux Césars 2015 : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original. Le film sera récompensé en la personne Reda Kateb, meilleur second rôle.

Depuis quelques mois, Hippocrate est aussi une série, diffusée sur Canal +. Une série, c'était la première idée du réalisateur, grand fan d'Urgences. Le refus de son projet par les chaînes de télévision l’ont finalement conduit vers le grand écran. 

Pour Hippocrate (le film comme la série), Thomas Lilti s’est naturellement inspiré de son histoire personnelle, notamment de ses années d’internat, qu’il s’agisse d’anecdotes, de cas médicaux ou même de sentiments, tels que la culpabilité, la responsabilité, l’impunité ou encore l’imposture.

D' "Hippocrate" à "Urgences"

Quand deux fans de la série Urgences se rencontrent, de qui parle-t-il ? De Carol Hathaway ! Benoit Lagane a rencontré Thomas Lilti et lui a demandé : "Alors, ça fait quoi d'être à côté de Carol Hathaway ?"

Thomas Lilti : "Je vais vous parler le plus sincèrement possible. Je pensais avant d'arriver que cela ne me ferait strictement rien, que ça allait m'amuser, comme quand on rencontre une vedette, comme les grands acteurs français que je suis amené parfois à croiser. On pense avoir une petite émotion et puis on se rend compte que ça ne fait pas grand chose.

Et puis finalement, ça m'a fait un truc !

C'est la puissance des séries, ce rendez-vous hebdomadaire avec Urgences, puis après avec The Good Wife. Juliana fait partie à la fois de la famille, il y a une forme de familiarité. Je n’étais pas ému, parce qu'on a tout de suite sympathisé. Elle est extrêmement accessible. Mais, est-ce que c'est la comédienne, est-ce que c'est la femme, est-ce que c'est le personnage qui est là devant nous, tout se mélange d'un seul coup et on met quelques heures à faire le tri et c'est assez étonnant.

Tous les personnages d'Urgences (je n'ai pas envie d'en sortir un du lot) ont beaucoup compté parce qu'ils ont fait le trait d'union entre les études de médecine que j'étais en train de faire et cette passion pour le cinéma qui naissait et ce cinéma que j'essayais de faire aussi en parallèle avec mes études de médecine.

Et quand on voit que j'ai fait une série hospitalière qui fait la jonction entre mon métier de réalisateur et de scénariste et mon métier de médecin… Le clin d’œil est drôle.

Et juste avant cet entretien, sans savoir que vous alliez me poser cette question, je me disais : "Quand même, avec Julianna, on ne peut pas dire qu'on est ami, mais on créé des liens quand on est dans un jury… 

Pourquoi on ne se débrouillerait pas pour qu'elle vienne faire un petit quelque chose dans la saison 2 d'Hippocrate ?

Ce serait un clin d’œil incroyable. J'adorerais y arriver."

Paroles de juré

Samedi, le jury, présidé par Marty Noxon et composé de Thomas Lilti, Julianna Margules, Audrey Fleurot, Delphine Le Vigan et Daniel Grou décernera quatre prix.

Thomas Lilti : "Contrairement à un critique, on n'a pas de devoir d'objectivité. On va faire un palmarès très subjectif, qui va être une sorte de moyenne de nos personnalités à nous six. Et certainement qu'un autre jury aurait donné les prix à d'autres. C'est la limite de l’exercice. Moi, je vais surtout essayer d'être spectateur. Je pense que si je commence à trop regarder le cadre, l'image et les choses comme ça, ça veut dire que c'est mauvais signe.

C'est le plaisir de spectateur qui va dominer. 

C'est la série qui aura résonné le plus. Celle dont on a le plus envie de voir la suite. Il y a une forte injustice, c'est qu'on ne voit que deux épisodes."

Ecoutez l'entretien dans son intégralité :

23 min

Thomas Lilti avec Benoit Lagane

Par France Inter

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