Karl Lagerfeld a deux qualités : il est doté d’une mémoire extraordinaire et d’un fabuleux coup de crayon. En revanche, il a un défaut pour qui veut faire son portrait : il est secret. Sauf ici. Dans le documentaire « Karl Lagerfeld se dessine » de Loïc Prigent diffusé sur Arte le samedi 2 mars à 21h45 dans le cadre d’une soirée qui lui est consacrée, le couturier se raconte... avec ses feutres.

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KLagerfeld2 © ARTE

Dans un atelier couvert de livres, Il réagit en croquis à des mots-clefs proposés par le réalisateur. De sa « maison d’enfance » au bord de l’Elbe à 30 km d’Hambourg au chat « Choupette », à qui il est aujourd’hui très attaché, sa vie défile.

Il est né dans une famille aisée, où il fut, d’après lui : « gâté pourri. » Quand le créateur de collection chez Chanel croque sa mère avec une précision et un sens du détail incroyable , son débit mitraillette ralentit. « Tu me ressembles, en moins bien » lui disait-elle. On comprend pourquoi il voulait être adulte : « c’était humiliant pour moi d’être un enfant ».

Un vrai dandy

Arrivé à Paris, Karl Lagerfeld se rappelle la tenancière de l’hôtel dans lequel il logeait. Il gagne un concours de mode et entre chez Balmain , puis chez Jean Patou en 1959 . Dans une ambiance sonore de bruit du feutre sur le papier, le modéliste se rappelle Alphonsine, la « première d’atelier » au vocabulaire imagé qui parlait « d’un vêtement qui tombait comme une merde du 6ème » pour évoquer une tenue réussie. Il évoque ainsi l’homme de sa vie Jacques de Bascher « un vrai dandy ». Et se moque de lui-même, lui aussi très élégant, jusqu’au ridicule parfois.

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KLagerfeld © Radio France

L’année 1965 marque un tournant dans sa vie : il devient free lance , à une époque où c’était encore rare, et travaille, entre autres, pour Chloé. Le créateur de collection, se lance dans les parfums qui lui permettront de très bien gagner sa vie. Encore plus riche, il organise des fêtes mémorables dont son bal vénitien de 1978 avec 4500 invités ! Il entre chez Chanel en 1982, l’année suivante, il rencontre l’une de ses muses : Inès de la Fressange . La photographie le rattrape en 1987. D'abord un peu par hasard pour un dossier de presse, puis il y prend goût.

Les années 2000

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KLagerfeld 3 © Arte

En 2000, lassé de se cacher derrière un éventail, il entame un régime, et change de look. La collection 2012 de chez Chanel qu’il colorie avec sa palette de maquillages de la maison lui fait faire l’un des plus beaux dessins de la soirée. Pourtant, après chaque dessin, comme un enfant, il cherche du regard l’approbation du réalisateur. Après avoir évoqué sa mort pour laquelle, il ne veut rien, il termine son autoportrait dessiné par une déclaration d’amour à…son chat. Drôle, vif, souvent dans l’autodérision, le Karl Lagerfeld dévoilé ici gagne à être vu.

voir un extrait de "Karl Lagerfeld se dessine" :

À quoi ressemblait Karl Lagerfeld, enfant ? Sa réponse :

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