Privé de sortie en salle, c'est sur la plateforme Amazon Prime que vous pouvez voir la dernière réalisation de Kheiron. Il a décidé de s'attaquer à un genre emblématique du cinéma : le péplum. Mais au-delà du genre, c'est le choix du héros qui l'a motivé. Kheiron et Reem Kherici invités de La Bande Originale

Une partie du casting de Brutus vs César
Une partie du casting de Brutus vs César © UGC

Voilà longtemps en effet que Kheiron voulait faire un film dont le héros serait un traitre. 

Judas, c’était compliqué vu le contexte actuel avec les religions. Jaffar, entre Aladdin, Alad'2 et Disney, ça faisait beaucoup. 

Pourquoi Brutus ?

Kheiron : "Ça part d'un truc bête : au moment de tuer César, il tombe et il le rate. César est en vie, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est un truc auquel on pense une nuit à 3 heures du mat'. Sauf que quand on est auteur, on a la chance de pouvoir lui donner vie. "

Ça part d'un truc comme ça et j'avais envie de changer de registre pour surprendre le public. 

Un budget restreint

Reem Kherici : "En général, un péplum, tu mets 14 semaines pour le tourner un vrai. Kheiron, il a mis 8 semaines."

Kheiron : "Astérix, ça coûte 50 millions. Nous on a eu 5 millions pour faire le film. En terme de temps, on le sent. Parce que quand Reem fait 5 propositions, c'est cool, j'ai ce que je veux, mais elle se dit, "c'est quand même frustrant, j'en ai cinq autres que je peux faire". Et on ne peut pas. C'est le truc qui pique un peu. 

Ce qui explique un peu la durée du film et ce qui explique qu’il n’y a pas de chevaux dans le film."

Le rapport à la vérité historique

"Je savais au moment d'écrire que pour que les gens s'attachent à Brutus et l'aime, il fallait que son combat soit légitime. Donc, il fallait que César soit un monstre. Ce qui est marrant. Et ça, c'est un hasard, je pourrais dire : "Je me suis renseigné avant dans les livres d'histoire et j'ai remarqué que..." Et bien non. C'est un hasard total. En réalité, le complot contre César, c'était un acte citoyen. Je pensais que c'était des traitres qui voulaient prendre le pouvoir d'un autre homme. Et en réalité, César, c'est juste un mec qui était en train de devenir fou."

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Le choix des comédiens

Reem Kherici : "C'est la modernité du scénario de Kheiron. Les rôles des femmes auraient pu être campés par des hommes. Ce sont des rôles qu'on ne me propose pas. Et c'est ce qui m'a vraiment séduite. C'est vraiment à l'opposé de ce que j'ai l'habitude de recevoir. Je ne suis pas la femme de ou je ne joue pas le Joli-Coeur, donc c'est super. Et il y a beaucoup d'autres filles comme Bérangère Krief, Eye Haïdara ou Lina El Arabi. Elles ont toutes des rôles très intéressants. Elles ont justement la chance de proposer quelque chose d'intéressant qui n'est pas que appuyé sur la féminité." 

Kheiron : "Le rôle d'Eye Haïdara, à la base, ce n'était pas forcément une femme. Je ne cherchais pas une femme pour jouer le chef des armées de César. A un moment donné, j'ai eu envie de le proposer à Eye et c'est un rôle d'homme qui est devenu un rôle de femme. Moi j'adore qu'une femme noire en 2020 soit la chef des armées de Rome.

Pareil sur les ethnies. Quand je propose à Aïssa ou à Jérémie, je ne me dis pas : "Tiens, il me faut un Noir. Là il me faut un Blanc. Non." Marc Zinga, qui est extraordinaire, s'il avait dit non, je l'aurais peut-être proposé à un blanc ou un maghrébin ou à quelqu'un d'autre"

Une possible suite ?

Kheiron : "Pour moi c’est une série. J'ai envie de développer chaque personnage, c'est pour ça que dans le premier il y a beaucoup de personnages et que certains apparaissent peu. L'intérêt, c'est que s'il y a une suite et je l'espère, on va plus le développer. Pour moi, c'est une saga.

Quand j'ai écris le premier volet, tous ceux à qui j'ai fait lire me disaient : "Mais il y a trop de personnages. Il y a trop de petites histoires. Ça va un peu dans tous les sens. Tu ne veux pas recentrer sur tel ou tel personnage." Et je répondais : "Oui, mais si on me demande un N°2, il va falloir que j'introduise des personnages pour ensuite expliquer qui ils sont et on va perdre un temps fou." Je préfère tous les mettre dans le premier. Dire voilà Il y a ces personnages là et maintenant, on va s'amuser avec tous, avec les connexions. C'est un vrai choix scénaristique."

C'est exactement ce qu'il s'est passé pour le personnage de Guillermo Guiz. Guillermo a un petit rôle dans le film. Trois scènes et une quatrième coupées. Et Kheiron a fait une révélation :

Il devait mourir. Mais je veux qu'il soit en vie pour la suite.