Boulevard Bettencourt
Boulevard Bettencourt © Michel Cavalca

C’est l’une des pièces les plus attendues de cette saison : « Boulevard Bettencourt ou une histoire de France ». L'auteur Michel Vinaver s'est librement inspiré de l'affaire Bettencourt pour nouer une épopée politico-familiale passionnante qui se joue au [Théâtre National de Villeurbanne jusqu’au 20 décembre 2015.](Michel Cavalca)

Michel Vinaver a écrit un texte choral dans lequel on retrouve ses thèmes favoris, l’entreprise, la politique, la shoah. Un terrain de jeu extraordinaire où l’on pénètre dans les coulisses du pouvoir où l’on croise les courtisans, les politiques.

Michel Vinaver va au-delà de l’affaire qui a fait la une des journaux pour remonter aux origines de la famille avec les deux arrière-grands-pères de la famille , incarnés par deux grandes voix qui hantent le spectacle. Michel Aumont prête sa voix à Eugène Schueller , fondateur de l’Oréal, lié à l’extrême-droite française et Bruno Abraham-Kremer est la voix du rabbin Robert Meyers , déporté et mort à Auschwitz. La pièce est traversée par ses fantômes.

Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est la notoriété de Liane Bettencourt qui me permet de ne pas raconter l’histoire. Je fais surgir l’histoire à partir d’épisodes et de moments dont certains sont dans toutes les mémoires. Et ceux qui sont inconnus viennent s’intégrer dans notre mémoire commune. C’est le côté dansant de la pièce qui a été relayée par la mise en scène.

Françine Bergé dans Bettencourt
Françine Bergé dans Bettencourt © Radio France / Michel Cavalca

Christian Schiaretti assure la mise en scène avec une distribution éclatante avec au premier plan Francine Bergé absolument éblouissante en Liliane Bettencourt . Il y aussi Christine Gagnieux en Françoise Bettencourt Meyers , Jérôme Deschamps très drôle en Patrice de Maistre , Didier Flamand incarne un François-Marie Bagnier introverti et Elisabeth Maccocco est Claire Tribout la comptable de Liliane. Ils forment une très belle troupe homogène. Il faut aussi ajouter des caricatures très ressemblantes de Nicolas Sarkozy (Gaston Richard ) et d'Eric Woerth (Clément Morinière ).

On nage en plein drame shakespearien, Michel Vinaver y a d'ailleurs beaucoup pensé en écrivant son texte. Tous ces personnages sont ancrés dans nos mémoires. La pièce est onirique, un peu sur le mode des tragédies grecques, pour faire de cette affaire Bettencourt, une histoire universelle.

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