Au cours de ces recherches, l’historien Gérard Noiriel, commissaire de l’exposition, a rassemblé une importante documentation iconographique sur le destin singulier de Rafael, un jeune esclave cubain vendu à un marchand espagnol, qui est devenu à la fin du XIXe siècle le premier artiste noir ayant connu la célébrité en France. Rafael arrive en Europe à l’âge de dix ans. Il n’a pour seul bagage que les gestes qu’il a appris quand il était enfant en regardant les esclaves noirs qui dansaient sur le port de la Havane.Un jour qu’il danse dans un bar, il est repéré par un célèbre clown anglais, qui l’emmène à Paris. Nous sommes en 1886. La plupart des Français n’ont encore jamais vu de noirs. Quelques entrepreneurs de spectacle exploitent la curiosité du public en exhibant des « sauvages » aux Folies Bergères ou au jardin d’acclimatation. En France, on se moque de lui. On le surnomme « Chocolat ». Rafael serre les dents et transforme son « handicap » en atout. Puisqu’il fait rire, il deviendra clown ! En 1888, il triomphe au Nouveau-Cirque dans La Noce de Chocolat. À la fois clown, danseur, chanteur, il est le roi des nuits parisiennes. Toulouse Lautrec fait son portrait ; il est filmé par les frères Lumière. Son personnage inspire les écrivains, les publicitaires, les fabricants de jeux, de jouets et de marionnettes. Des affiches, photographies, extraits de journaux et de films, caricatures, images publicitaires, documents sonores qui constituent autant de documents exceptionnels seront présentés pour la première fois au grand public dans cette exposition. En suivant l’histoire de Chocolat, il s’agit aussi de rappeler le rôle précoce qu’a joué la culture des esclaves afro-américains dans le spectacle vivant en France.

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