Replongez dans les meilleurs moments de Boomerang. Cette semaine Augustin Trapenard était aux côtés de l'écrivaine et dramaturge Thimothée de Fombelle, la chanteuse Yelle, le cinéaste David Fincher, les membres du collectif "La Horde" et le romancier Peter Handke.

"L'écriture des autres est la plus belle de toutes les écritures" Peter Handke
"L'écriture des autres est la plus belle de toutes les écritures" Peter Handke © Getty / Jose A. Bernat Bacete

Pablo Cotten a mixé rien que pour vous le best-of des entretiens de la semaine dans Boomerang : 

11 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 04 décembre 2020

Par Pablo Cotten

Peter Handke 

Le prix Nobel de littérature 2019 sort son nouveau roman "La voleuse de fruit". Il est venu dans Boomerang nous faire voyager au travers de sa magie pour la littérature : 

PH : "Oui l'écriture, c'est dangereux, mais il faut qu'elle le soit sans chercher le danger.

Je crois que chacun de nous a un moment dans sa vie où il est atteignable. Il faut croire qu'on peut l'atteindre à un moment qui n'a rien à voir avec la mort. Je crois à chacun, mais je ne sais pas comment faire.

Heureusement, parfois, se plaindre ça réveille. D'abord, c'est intéressant parce que c'est un sentiment où la perdition continue, où on commence à se poser des questions. Ça fait du bien aussi. Par moments, c'est angoissant. Mais à partir de ce moment, on accepte. 

Maintenant, je suis plutôt âgé, j'ai accepté de me perdre, comme je le suis peut-être trop trop souvent. Je cite d'ailleurs souvent la phrase de Simone Veil

Déraciner les autres, c'est le plus grand crime et se déraciner soi-même c'est une espèce de jubilation

Je ne pense pas aux mots, les mots arrivent comme pour un somnambule qui est très réveillé. C'est un paradoxe, mais qui exprime une certaine vérité. Dès que j'écris, je suis très réveillé. En même temps, comme Flaubert, qui lui a toujours hurlé en rythme, mais moi je deviens complètement calme, il n'y a aucun bruit. 

Pour moi, l'écriture, c'est l'écriture des autres, ça m'a montré que c'est possible, pas seulement pour ma vie, mais c'est possible pour le monde entier

📖 LIRE - Peter Handke : La voleuse de fruit (Gallimard)

David Fincher

Le cinéaste américain sort aujourd'hui  sur Netflic"Mank", son 11e film. Il était au micro d'Augustin Trapenard

DF : "Je me rappelle, j'avais 7 ans, j'étais assis dans un cinéma à regarder le début de 2001, l'Odyssée de l'espace, et après dix ou quinze minutes de film, je me penche vers mon père pour lui dire "il n'y a pas de parole", et dans un sourire il m'a répondu "et bah justement"… C'était intéressant pour un gamin de 7 ans de se rendre compte de cela. Il m'a transmis un respect étrange pour le caractère sacré du cinéma, pour l'hôtel que représente le grand écran, être dans une salle, attendre que le film fasse son effet sur vous. 

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Nous avons été fascinés, et pas seulement par le contenu de l'histoire et ses surprises,  mais par les choses que nous attendons, des choses qui vont advenir, mais dont nous ne voulons pas entendre parler". 

Nous aimons tisser des liens avec les autres en partageant ainsi des choses plus ou moins avouées, ça existe depuis les peintures rupestres jusqu'au théâtre et au cinéma.

🎥 NETFLIX - Bande annonce de "Mank, le dernier film de David Fincher 

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Julie Budet du groupe "Yelle"

En septembre, elle sortait "L’ère du Verseau", son quatrième album. Yelle nous a fait part de sa voix au micro de Boomerang

Yelle : "Il y a eu cette impression d'avoir été une enfant, de rester une ado, le moment où mon père est décédé j'ai eu l'impression d'avoir basculé dans l'âge adulte de manière très violente.

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Jusque-là, j'ai parfois eu la sensation de ne pas être tout à fait comprise, de faire une musique qui n'était pas comprise dans mon propre pays quand bien même je chante en français

C'est juste un constat de se dire qu'on a une histoire particulière avec la France. Peut-être que ce sera toujours un peu comme ça, mais ce n'est pas grave. Parce que évidemment, il y a des gens qui nous suivent, qui nous sont fidèles et qui continuent de nous porter aussi".

🎧 DÉCOUVRIR - "L’ère du Verseau", le dernier album de Yelle

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Timothée de Fombelle

Actuellement au Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine Saint-Denis, à Montreuil, l'écrivain en a profité pour faire un petit détour pour se confier au micro d'Augustin Trapenard : 

TF : "C'est sûr que j'ai senti à un moment, peut-être aussi par des tragédies proches de moi, par des pertes, se creuser ce précipice avec l'enfance et je l'ai vu juste de l'autre côté. J'ai écris un petit livre qui s'appelle "Neverland" qui est mon seul livre adressé aux adultes et, justement, il ne parle que de l'enfance. J'essaie d'y capturer ce qu'est l'enfance. Je l'ai étalée cette enfance, comme une cartographie, je l'ai mise à l'horizontale pour pouvoir y voyager ou, en tout cas, pour pouvoir passer sur le chemin de ronde très près de cette enfance.

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Je ne veux pas convaincre les gens déjà sensibilisés par leurs origines, par la culture de leur famille, je veux vraiment embarquer ceux qui me lisaient pour "Tobie Loiness", petit personnage d'un mètre et demi"… 

(Le groupe) La Horde

"Room with a view", leur première création depuis qu'ils sont à la tête du Ballet National de Marseille aurait dû se jouer à Chaillot début décembre. Dans Boomerang les membres de La Horde sont venus partager leurs différents sentiments quant à la scène chorégraphique en France : 

La Horde : "Quand on évoque la réparation des corps, c'est assez particulier de pouvoir parler de "réparation", peut-être pour le plateau, mais c'est vrai que pour nous, c'est un espace qui est encore assez puissant, politique et magique. C'est avant tout un espace de transgression. La réparation, elle, passe aussi par des gestes qui permettent d'exorciser un petit peu des angoisses ou des traumas ou des belles choses aussi.

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Pour nous, c'est des endroits extrêmement politiques et des endroits encore d'ambivalence possibles. Je ne sais pas si r"éparer" est le bon terme, mais en tout cas, "prendre soin" c'est ce qu'on a décidé de faire en créant un collectif et en travaillant avec un corps de ballet comme le Ballet national de Marseille, avec 22 danseurs qui sont une espèce de communauté éphémère, des gens qui viennent de plein d'endroits du monde réfléchir et penser à travers leurs corps.

Je crois que c'est justement la meilleure façon de laisser exprimer la mélancolie de danser en même temps parce qu'il y a cette libération du corps et, moi, j'ai déverrouillé plein de choses intérieurement grâce à la danse, grâce au fait de libérer mon corps. Je pense que ça passe vraiment par là et aussi pour des émotions qui sont enfouies, qui peuvent être difficiles à partager ou à libérer. 

La danse amène la liberté.

Nous, on fait de la musique pour ça, pour retrouver les gens, pour partager des moments avec eux, les voir danser, les voir s'embrasser et crier,  il y a vraiment une transmission d'énergie qui est très forte pendant les concerts. Là, c'est super frustrant de ne pas de ne pas retrouver ça".

Aller plus loin

🎧 SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05

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