etincelle
etincelle © mlmb

A Bruxelles,le Musée des lettres et manuscrits expose le premier Manifeste du Surréalisme. A travers les écrits de Breton, Ernst ou Magritte, retour sur une période fondatrice, et accessoirement réflexion sur le travail d'Arman.

Il ne s'agit pas d'une exposition d’œuvres d'art mais d'écrits, courriers, éditions originales de quelques figures phares du Surréalisme. Pour André Breton, "une image ne peut naître que du rapprochement de deux réalités différentes " et c'est "une création de l'esprit ".

Comment Ernst le surréaliste mène assez naturellement au nouveau réaliste Arman

Un film montre Max Ernst dévoilant ses techniques innovantes dans les années 20 ( et qui sont aujourd'hui à la base de tout enseignement artistique) : le frottage d'une feuille de papier sur une planche de bois ou le collage et le grattage.

En regardant Ernst poser sa feuille sur un plancher, la frotter avec une mine pour faire apparaître les nervures du bois, le mot "empreinte" vient à l'esprit. Empreinte fait penser à Arman. Avec cette très infime différence :

Ernst a utilisé un plancher sous une feuille sous un fusain. Arman a utilisé une feuille sous un objet enduit d'encre ou de peinture.

Max Ernst, 1925
Max Ernst, 1925 © DR

Arman, Allure d'objet, 1960. Empreinte  de statuettes enduites de peinture
Arman, Allure d'objet, 1960. Empreinte de statuettes enduites de peinture © arman-studio.com

C'est le même millefeuille mais dans des ordres différents. Autant dire que les techniques sont jumelles. Ernst se sert d'un objet (la planche) pour créer une image (sapin ou fougère par exemple), Arman se sert de la feuille de papier pour emprisonner la trace de l'objet (statuette,bille, archet) . Si Arman avait eu une planche de parquet entre les mains, il en aurait fait une allure de planche courant sur la feuille de papier. Le surréaliste invente une nouvelle image, quand le nouveau réaliste convoque l'objet comme image.

blogcs vu lu pris
blogcs vu lu pris © Christine Siméone / Christine Siméone

Dans 'Il y a lieux - l'album d'Arman", Arman raconte sa rencontre avec Max Ernst par l'intermédiaire de Léonor Fini (dont il est aussi question dans l'exposition de Bruxelles). Ernst a très fraichement accueilli les accumulations de mains de poupées d'Arman qui lui aurait rétorqué "Certes la colle ne fait pas le collage mais il y a de la place pour d'autres formes de juxtapositions " (p 90).

Arman a été collectionneur d’œuvres dada et surréalistes mais je ne pense pas comme certains (Daniel Cordier) qu'il l'ait fait uniquement à des fins spéculatives. On ne peut pas lire son courrier, regarder ses œuvres (y compris les hommages à Magritte), sans y voir une parenté.

Le Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles> (Je vous conseille d'enchaîner la visite de L’Étincelle Surréaliste - jusqu'au 21 octobre- avec celle du Musée Magritte à Bruxelles )

blogcs signature C Simeone
blogcs signature C Simeone © Radio France / C Siméone

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