Ce texte devait initialement paraître dans l’ouvrage "Sodoma", une enquête au cœur du Vatican, publiée en 2019 chez Robert Laffont. Voici le mini-chapitre inédit qui avait été coupé lors de l'édition du livre et que son auteur, Frédéric Martel, invité dans "Affaires sensibles", a souhaité partager sur France Inter.

L’écrivain et journaliste Frédéric Martel lors d’une conférence de presse à Rome pour son livre "Sodoma", février 2019
L’écrivain et journaliste Frédéric Martel lors d’une conférence de presse à Rome pour son livre "Sodoma", février 2019 © AFP / TIZIANA FABI

Frédéric Martel est écrivain, chercheur et journaliste. Chaque dimanche, de 19h à 20h30, il anime sur France Culture "Soft Power", un magazine dédié aux industries créatives, aux médias et à Internet. 

Voici le mini-chapitre en exclusivité 

"Trois personnes sont assassinées à l’intérieur du Vatican, le 4 mai 1998. Parmi elles, le commandant de la Garde Suisse et le jeune caporal Cédric Tournay. Plus de trente ans plus tard, le mystère demeure sur l’une des affaires les plus sensibles de l’histoire du Saint Siège surtout qu’elle s’est déroulée à quelques dizaines de mètres des appartements du pape Jean-Paul II. 

Que s’est-il passé le 4 mai 1998 au Vatican ? Ce soir là, un peu avant 21 heures, le jeune Cédric Tornay, un garde suisse francophone de 23 ans, serait entré dans l’appartement privé de son supérieur, le commandant de la garde suisse Aloïs Estermann, et l’aurait assassiné, ainsi que sa femme, une diplomate vénézuélienne. Il aurait utilisé son arme de service. Il se serait ensuite suicidé. 

– « Je suis arrivé et j’ai vu les trois cadavres tout de suite. C’était [clairement] un acte de folie. [Le jeune caporal Cédric Tornay] a été très déçu de ne pas avoir la décoration qu’il espérait, c’est ça l’histoire », m’explique, lors de plusieurs rendez-vous, le cardinal Giovanni Battista Re, alors « ministre » de l’Intérieur du Vatican. 

Le cardinal Re reprend ici la version officielle du Vatican : une vengeance et un coup de folie d’un jeune soldat francophone à l’amertume tenace face à son supérieur hiérarchique alémanique. Cédric Tornay devait recevoir la médaille du mérite (Medaglia ai benemeriti), qui lui a été refusée ce matin-là par son commandant. Son dossier médical montrerait qu’il était suicidaire, acrimonieux, malade et consommateur de stupéfiants (des témoins ont contredit ces informations). Un double-meurtre suivi du suicide du jeune assassin : telle est la version confirmée, trois heures à peine après les faits, par le porte-parole de Jean-Paul II, Joaquín Navarro Valls – un laïque espagnol proche de l’Opus Dei – et ce avant même les résultats des autopsies, les études balistiques ou le moindre début d’enquête. La version officielle est fondée sur une « certitude morale », dit alors Navarro Valls (il est aujourd’hui décédé). 

L’histoire, pourtant, est loin d’être aussi claire. Je ne tenterai pas de la raconter en détail, tant elle est complexe et a fait l’objet de dizaines de livres et articles – elle a fait couler beaucoup d’encre. J’ai mené ma petite enquête parallèle en Suisse, parmi les anciens collègues du jeune garde suisse Cédric Tornay et auprès d’avocats à Zurich ; à Rome, j’ai également interrogé des cardinaux, des évêques, une dizaine de gardes suisses et plusieurs des acteurs clés de cette affaire complexe. 

Ce qui est possible, c’est que Cédric Tornay ne se soit pas suicidé, mais qu’il ait été assassiné. Ce qui est certain, c’est que la version officielle du Vatican ne peut pas correspondre aux faits tels qu’ils se sont déroulés : l’arme du crime retrouvée sur place ne serait pas celle qui a tué Cédric Tornay ; le calibre des balles ne correspondrait pas et la trajectoire balistique pas davantage ; étant donné la position de son corps, il n’aurait pas pu se suicider dans cette position. Enfin, tout cela s’étant déroulé au cœur du Vatican, à quelques dizaines de mètres des appartements du pape Jean-Paul II, dans un quartier sous haute surveillance policière, il aurait été normal que l’enquête menée soit professionnelle et rendue publique – rien de sérieux n’a été fait dans cette affaire sensible.

D’autres éléments sont troublants : quatre verres utilisés sont retrouvés sur la table du salon de l’appartement d’Estermann, ce qui laisserait supposer un échange, une rencontre et – surtout – la présence d’une quatrième personne ! Plusieurs gardes suisses ont également démissionné suite à cet assassinat : ont-ils voulu protester par leur départ, contre la version des faits proposés par le Vatican ? Nous ne le savons pas. Enfin, Cédric Tornay a envoyé à sa mère une lettre pour expliquer son geste, mais il s’agit d’un faux manifeste, comme le prouvent des analyses graphologiques probantes (calligraphie, signature, usage des majuscules et des accents, forme des cédilles différentes) et des erreurs factuelles manifestes (ainsi le jeune caporal mentionne sur l’enveloppe le nom de sa mère en usant d’un patronyme issu d’un précédent mariage, celui qui figure dans son dossier d’entrée dans la garde suisse au Vatican, mais qu’elle n’utilisait plus depuis plusieurs années, ce que son fils ne pouvait ignorer).

Le rôle du secrétaire d’État Angelo Sodano, véritable premier ministre du pape Jean-Paul II, reste flou. Connu pour ses accointances avec le dictateur Pinochet lorsqu’il était nonce au Chili, et sa protection de nombreux prêtres abuseurs sexuels, Sodano est une légende noire du Vatican que le pape François a écarté de toute fonction (il est d’ailleurs le principal héros, sinon le « vilain », de mon livre Sodoma). Or, le rôle de Sodano dans l’affaire de l’assassinat des gardes suisses est loin d’être clair. D’abord, le super-cardinal choisit de la piloter entièrement lui-même, décidant de tous les aspects de police et de justice, au mépris des règles vaticanes, et avec son seul bras droit Mgr Ré. Prétextant contre toute évidence le retour compliqué de la dépouille jusqu’en suisse, il demande ensuite l’incinération immédiate du corps de Cédric Tornay. Étrange adjuration, au demeurant, émanant du bras-droit du pape de l’église catholique qui a longtemps été réservée sur l’incinération. La mère du jeune garde suisse refusera d’ailleurs cette incinération pour des motifs chrétiens et, commençant à trouver les faits compliqués et abracadabrantesques, elle fera pratiquer elle-même une seconde autopsie (la première n’a jamais été rendue publique). Laquelle, qui a eu lieu en Suisse, infirme la plupart des conclusions du Vatican : trajectoire de la balle, calibre, position du corps au moment de la mort, tout est différent. Le Vatican a donné une version des faits invraisemblable. 

Enfin, quelques mois plus tard, le Vatican dépêchera chez la mère de Cédric Tornay deux de ses fonctionnaires chevronnés. Le premier est un officier de la garde suisse ; le second est un diplomate en poste à Bern : Monseigneur Ricca (que j’ai beaucoup fréquenté à Rome et qui est, lui aussi, l’un des héros de mon livre Sodoma). Alors que la mère de Cédric remue ciel et terre pour faire rouvrir le dossier, les deux émissaires du Vatican lui demandent de cesser ses actions en des termes assez incléments. 

Du coup, les rumeurs les plus folles ont circulé. Il pourrait s’agir d’un triple meurtre résultant d’une bataille entre l’Opus Dei et le clan maçonnique au sein de la Curie. Estermann, dont la proximité avec l’Opus Dei est possible, aurait été éliminé pour éviter que cette organisation secrète prenne la tête de la garde suisse. Une hypothèse peu convaincante pour deux raisons : d’abord parce que l’Opus Dei, en dépit des controverses qu’elle suscite, n’est pas une organisation criminelle ; ensuite, parce que l’Opus Dei était déjà particulièrement influente dans l’entourage de Jean-Paul II, sans que la nomination d’Estermann puisse accroître cette influence d’une manière problématique. 

D’autres journalistes ont avancé l’hypothèse d’une intervention de certains services secrets étrangers dans l’affaire, Estermann aurait été un agent est-allemand et sa femme aurait été recrutée par les services vénézuéliens ou américains. Rien ne permet d’étayer cette thèse romanesque, laquelle fut d’ailleurs reprise par Gérard de Villiers dans son roman policier L’Espion du Vatican. On est dans la pure fiction ! 

Plus radicale encore, il y a l’hypothèse selon laquelle Estermann aurait découvert le principal réseau de prostitution mâle à l’intérieur du Vatican, lié à du blanchiment massif d’argent, qui remonterait jusqu’à l’entourage le plus proche du pape Jean-Paul II (et que j’ai longuement décrit dans Sodoma). Dans cette hypothèse, Estermann, homme rigide et peut-être gay-homophobe lui-même, aurait pris un peu trop à cœur sa mission d’épuration du Saint-Siège. Les intéressés l’auraient éliminé en raison de ce qu’il savait, avant qu’il ne soit trop tard ; Cédric Tornay, lui, se serait trouvé là par hasard, ou il aurait été invité à monter pour fournir un alibi aux crimes. Cette rumeur connaît de nombreuses variantes, que j’ai entendues fréquemment à Rome, et jusque dans les couloirs de la Secrétairerie d’État au Vatican. Un écrivain gay catholique m’en a même rapporté une version décalée, presque une blague, entendue dans les dîners de prêtres gays italiens : celle-ci ferait du cardinal Sodano le commanditaire de toute l’affaire, ce qui était facile pour lui, ayant appris au Chili comment on suicidait quelqu’un. Mais la rumeur a un fond de vérité : Angelo Sodano, c’est certain, est l’un de ceux qui connait le nom de l’assassin des gardes suisses. 

Toujours est-il que l’enquête a piétiné faute d’aucune volonté vaticane. Elle a été menée par la gendarmerie du Saint-Siège, sans expérience aucune en matière criminelle, et sans la moindre compétence de police scientifique. La procédure judiciaire, confiée au seul juge de la Cité du Vatican, Gianluigi Marrone, a été indigne d’une enquête criminelle et finalement fantaisiste – et disons rococo. La justice vaticanesque a fait la preuve dans ce dossier, comme dans beaucoup d’autres, de son incompétence structurelle : le Vatican n’est pas un État de droit mais une monarchique absolue – et sous Jean-Paul II une gérontocratie absolue. La séparation entre le pouvoir exécutif et la justice ne semble pas non plus exister. 

Enfin la police et la justice italiennes ont été soigneusement tenues à l’écart de l’affaire par Angelo Sodano, sous prétexte de l’immunité diplomatique du Saint Siège. Quant à la justice suisse, qui aurait dû intervenir puisqu’il s’agissait de deux citoyens suisses, elle a été délibérément écartée de l’affaire, d’une manière anormale. Un nouveau recours judiciaire, intenté par la mère de Cédric Tornay, avec des avocats français, dont le célèbre maître Vergès, n'a rien donné. 

Aujourd’hui, il est certain que si le pape François était soucieux de justice et de vérité, il devrait demander la réouverture de l’enquête tant le Vatican semble avoir eu quelque chose à cacher dans cette affaire, et puisque la thèse du suicide paraît bien peu crédible. 

Quatre points restent notamment à éclaircir : le mobile du double (ou du triple) meurtre ; l’arrière-plan financier de l’affaire ; le rôle de l’évêque Marcinkus et de son réseau ; enfin la relation personnelle entre Estermann et Cédric.

Le commandant de la garde suisse, Estermann, a été promu le matin même du crime ; celui-ci a la confiance totale du pape, puisqu’il était à ses côtés lors de l’attentat contre Jean-Paul II en mai 1981, et a contribué, en faisant écran avec son corps, à sauver la vie du Saint-Père. Pourtant sa nomination, voulue par le pape, était vivement contestée en interne par certains prélats et cardinaux influents. Les responsables de la banque du Vatican, notamment, se seraient opposés à cette nomination que le pape aurait fini par imposer. On raconte qu’Estermann avait reçu pour mission de fermer des comptes bancaires secrets de la Garde suisse, lesquels étaient utilisés pour du blanchiment d’argent. On dit qu’il voulait « faire le ménage ». 

L’affaire politico-financière de la banque italienne Ambrosiano est dans toutes les mémoires. Au centre de ce scandale : l’archevêque américain Paul Marcinkus, homosexuel et voyou notoires, peut-être un franc-maçon de la loge P2, traducteur, ami et garde du corps de Paul VI puis de Jean-Paul II. Il fut au cœur de la faillite de cette banque et du scandale qui a suivi. L’intrigue est complexe et l’affaire n’a jamais été complètement éclaircie ; mais deux de ses acteurs clés (Roberto Calvi et Michele Sindona) ont été retrouvés morts. Pour ce scandale financier, Marcinkus fut mis en examen par la justice italienne, condamné et, malgré son immunité diplomatique et le soutien du pape Jean-Paul II, il a finalement dû s’exiler aux États-Unis où il est mort en 2006. 

Que Mgr Marcinkus ait été lié Cédric Tornay, c’est une certitude. Qu’il ait joué un rôle dans le triple assassinat n’est, en revanche, nullement prouvé. Quant à savoir si la banque Ambrosiano, ou l’IOR, la branche financière et immobilière du Vatican, ont pu avoir un rôle quelconque dans ce dossier, c’est impossible à dire à ce stade, en l’état de nos informations. 

Toujours est-il que dans l’hypothèse où Estermann a voulu « nettoyer » les scandales financiers de l’IOR, et a été assassiné pour cette raison, la mort de Cédric Tornay n’en reste pas moins opaque. A moins que le jeune suisse francophone soit tombé, par hasard, sur les assassins, dans le sous-sol de l’immeuble ou dans l’ascenseur (où du sang, a-t-on dit, a été retrouvé), ou encore dans l’appartement d’Estermann, et aurait été liquidé par accident. La mise en scène de son suicide aurait été alors improvisée dans l’urgence, dans un second temps, ce qui expliquerait le maquillage grossier et les incohérences de la scène du crime. Mais tout cela reste de l’ordre des hypothèses. 

Un autre point qui demeure fort mystérieux est la nature exacte de la relation entre Alois Estermann, suisse alémanique, et le jeune caporal, suisse francophone. Était-elle si tendue qu’on l’a dit ? Il est notoire que les gardes suisses de langue allemande sont souvent méprisants vis à vis de leurs concitoyens de langue française et, selon les témoins de l’époque, Estermann se serait illustré par des injustices, sinon des humiliations, vis à vis des francophiles en général, et de Cédric, en particulier. Pourtant, le vaticaniste américain Robert Carl Mickens (que j’ai longuement interrogé) suggère au contraire, à partir de témoignages qu’il a recueillis, qu’une liaison amoureuse existait entre le jeune garde suisse, séduisant et sexy, et son supérieur supposé bisexuel. Gay Love Triangle ? La thèse de la vengeance, par dépit amoureux, a été avancée par d’autres journalistes et auteurs mais même si cette liaison a existé, ce qui n’est pas prouvé, elle ne suffit guère à expliquer le triple meurtre. A moins que, existant, elle aurait servi d’alibi pour maquiller un crime qui aurait d’autres mobiles.

Selon un autre témoin que j’ai interrogé, ami du jeune caporal, et qui est toujours en poste au Vatican, il est certain que Cédric Tornay sortait régulièrement avec un groupe de gays du Vatican et de l’Osservatore Romano. Le témoin me confirme : 

– « Cédric était incroyablement beau, le front haut, c’était l’un des plus beaux gardes suisses de cette époque. Son sourire me hante », me dit ma source.

Cédric Tornay, homosexuel ? Sa beauté, pas plus que ses sorties entre garçons, ne suffisent à prouver ni son homosexualité, ni sa liaison avec Estermann. Une de ses petites copines et son ami garde-suisse Schnyder, démentent pour leur part l’homosexualité de Cédric. 

Et mon témoin du Vatican est également catégorique sur ce point : « Nous sortions régulièrement ensemble dans Rome, il aimait bien la proximité de notre groupe homosexuel, mais Cédric n’était pas gay. Je l’ai suffisamment fréquenté pour être sûr de cela ». 

On le voit, il reste difficile aujourd’hui de faire la part des choses et, entre rumeurs, manipulations, amours maudites ou secrètes, mise en scène macabre ou simple coup de folie, impossible de proposer une explication crédible pour ce double – ou triple – crime spectaculaire. 

Cette affaire révèle toutefois l’état calamiteux de la justice du Vatican où la mort de trois personnes a fait l’objet d’une enquête bâclée et d’un jugement expéditif. 

Reste un dernier élément – et c’est à mes yeux le plus significatif. Deux jours après les crimes, le 6 mai 1998, Jean-Paul II se rend en personne dans la chapelle Saint-Martin du Vatican pour rendre hommage aux trois victimes. Sur les photos de l’époque, on voit clairement les trois cercueils, côte à côte, devant deux jeunes gardes suisses en faction, les chandeliers allumés et de nombreux bouquets de fleurs. Le pape prie en silence. 

Le cardinal Secrétaire d’État Angelo Sodano, qui a piloté l’enquête et la procédure judiciaire vaticane, connaît certainement le fin mot de l’affaire. Et il nous en a livré dans cette chapelle Saint-Martin du Vatican, sans mesurer la portée de son acte, une partie du secret. Car c’est lui qui a décidé de faire placer les trois cercueils côte-à-côte lors de la veillée funèbre. A égalité. Dans un même recueillement et hommage.

Étrange décision au demeurant, décision incompréhensible même. Imagine-t-on une veillée funèbre ou après un attentat, on placerait côte à côte la victime et son meurtrier, le terroriste et ses victimes ? Car si le commandant de la garde suisse a été assassiné par la jeune recrue accusé du meurtre, de folie et de consommation de drogue, pourquoi leur rendre hommage en même temps ? Cette décision symbolique est plus qu’un aveu. Indique-t-elle une étincelle d’humanité de Sodano au dernier moment, sinon la peur d’aller au purgatoire pour un mensonge ou un crime ? Un hommage commun aux trois victimes n’était-il pas une option seulement, et seulement si, le cardinal Sodano et Mgr Ré connaissaient la vérité sur l’innocence de Cédric Tornay ? 

Dans tous les cas, il est certain que le satanique cardinal Sodano, ancien doyen du collège des cardinaux, aujourd’hui écarté par François, savait des choses qu’il a voulu cacher. Et peut-être, Angelo Sodano devine-t-il que Cédric Tornay, victime innocente, a été finalement suicidé". 

- Frédéric Martel

Aller plus loin

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